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 [Q]ue le spectacle... Commence !

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Brigand
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MessageSujet: [Q]ue le spectacle... Commence !   Lun 14 Nov - 19:29




    Je m’arracherai la langue pour éviter de dire ce que je ressens. Je préférerai me coudre les lèvres plutôt que te dire que tu me manques. Je préférerai sauter dans le vide que t’avouer Ô combien je tiens à toi. Combien je t’aime. Je ne peux pas, je ne veux pas. Me tuer au lieu d’avouer simplement mes émotions, me vider de mon sang alors que te dire mes peines seraient plus doux à supporter. Je refuse de lâcher les lourds poids que je porte, je ne veux pas m’écarter du chemin sinueux que je m’efforce de tracer et suivre depuis des années. Mais tu es là, tu t’es mis au milieu de ma route comme si de rien était, un sourire aux lèvres et des idées pleins la tête. L’idylle mystérieuse, un bien être qui me semblait intouchable.
    Mes entrailles se tordaient, inlassablement, douloureusement. Il y avait aussi un trou béant dans ma poitrine lorsque je t’apercevais. Ça se creusait, ça faisait si mal. C'était presque une douleur insoutenable, que je tentais de guérir en pressant sur ma plaie déjà tellement béante. Et plus je tentais d'arrêté l'hémorragie, plus j'avais l'impression que la douleur redoublait et que le flux de tristesse qui s'écoulait de cette blessure était encore plus abondante qu'à l'ordinaire. J'avais si peur.
    C’est comme être plongé dans un cauchemar sans fin, un bien rongeait par un mal, étendant la noirceur sur l’éclat, la blancheur. C’est comme perdre connaissance et sombrer dans son antre, l’être remplit d’émotions contradictoires. C’est comme se trouvait après une déclaration choquante, le corps tremblant en proie a ces sentiments. C’est comme étouffer et se sentir désespérément oppressé, avide de liberté… C’est comme s’enrouler dans sa couverture en suppliant ces démons d’arrêter de nous hanter. C’est un peu se sentir seule alors que l’on est entouré, oublier de rechercher l’épaule sur laquelle on se reposait. Se retrouver comme une coquille vide après tant d’années passées… Tu vois, sans toi, je ne suis rien.


*clap clap clap*

Ce bruit tonitruant envahissait la salle, s’accompagnant de quelques coups sur les tables, des éclats de rire et autres vociférations. Tout le monde semblait ravi, tout le monde applaudissait, à tout rompre, à en faire trembler les vitres. Ce n’était pas courant, ici, d’avoir droit à un diner spectacle. C’était là le show, l’idée, c’était là l’offre la plus sympathique que je pouvais faire : distraire pour mieux gagner, distraire pour mieux jouer. Pour l’occasion, on avait dressé un tabouret haut, au milieu de l’étroite scène, endroit où je me tenais pour l’histoire. Les efforts de souplesses que l’on me demandait me sembler d’une facilité déconcertante. Grand écart, saut carpé… est-ce que j’arrivai à passer ma jambe par-dessus ma tête ? Naturellement. Et à me tordre en arrière ? Aussi.
Là était l’exemple, la démonstration, d’années d’entrainement stricte. Je souriais, dans mon costume habituel, jonglant avec les verres et assiettes que je trouvai sur les tables les plus proches. Les pirates et civiles, brigands, présent dans ce bar, riait aux éclats et applaudissaient, avaient le sourire aux lèvres et l’air satisfait. C’était grisant, excitant, d’une aisance désarçonnant en plus d’être plaisant. J’aimais ça, être sous les yeux des gens, me donner en spectacle, être le sens d’attention. Cela provoquait en moi des sensations que je ne retrouvais que rarement (et souvent dans des situations opposés à celle-ci).

En bref, je me sentais bien.

L’euphorie du moment me poussa à me montrer un peu plus en spectacle. Les applaudissements, les sifflements, tout cela me montait rapidement à la tête. J’étais enivrée sur l’instant, complètement embarqué dans cette puissante ascension. Les choses étaient clairs : une jolie gymnaste dans un bar à pirate, sur une île ou il ne se passait rien. C’était l‘attraction du moment. Une explosion sonore choqua tout le monde, une épaisse fumée envahie la pièce. Une autre tonna à l’intérieur, sous les yeux surpris de ces guerriers. Je disparus de la scène, pour me retrouver quelques secondes après sur le comptoir.

*clap clap clap*

« Gnii ?! »

Sans que je ne comprenne comment, mon talon glissa dans de l’alcool renversé sur le bar. Je me sentis partir en arrière, certaine de me casser la figure. Tentant de me rattraper d’un mouvement souple, je me rendis compte que cela aggrava ma situation. Je chutai en direction des tabourets. Il ne m’en fallut pas plus pour me retrouver assise, simplement, sur les genoux d’un type qui se trouvait au comptoir. Le gars avait des cheveux tirant sur le blanc, l’air aussi surpris que moi de ma présence sur ses jambes.

« Chanceux l’gaillard, jasa un homme à l’autre bout de la pièce avant d’éclater de rire.
- Viens sur mes g'noux plutôt, gamine !
- BWAHAHAHA T'es trop con, mec ! »

Je levai les yeux vers l’homme sur qui j’étais tombée, lui faisant un sourire timide et discret. Le maquillage cachait mes joues qui prenaient en rougeur. Je plongeai mon regard azuré dans celui de mon fauteuil actuel, plaçant mon bras autour de son cou pour me redresser légèrement :

« Désolée ! Je... Je ne voulais pas vous déranger... »

Qui aurait pu penser qu’il en serait ainsi ? Personne probablement. J’en arrivai à croire que le destin mettait sous mon nez les enfants dont il ne voulait plus. Il me mettait dans les mains ceux qu’il abandonnait, ceux dont il ne se satisfaisait plus. J’avais l’impression de recevoir ce qui m’était du. Qui l’aurait cru ? C’était fascinant de voir à quel point ce que beaucoup nomme le « Hasard » fait si bien les choses. C’était encore plus grisant que le reste, du genre à me tirer un orgasme rien que par son évocation. Et ça me faisait rire aux éclats, rien que d’y songer. M’en veux-tu encore ?


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MessageSujet: Re: [Q]ue le spectacle... Commence !   Mer 23 Nov - 20:12

[Cette musique devrait te rappeler quelques souvenirs... Wink ]
The Seatbelts~~Cat Blues
Le village des contrebandiers se dessinait à l'horizon. Enfin. L'eldorado des trafiquants de toutes sortes, le palais des passeurs, le joyau de la fine fleur de la racaille de South Blue. Ici n'étaient admis que les durs des durs et pas les petites tarlouzes qui voulaient se faire un nom. Le Village des Contrebandiers. Un endroit où même les brutes ont un petit quelque chose de fin, de raffinée, malgré l'état crasseux des habitations. Peut être était-ce cette petite odeur de business, ce penchant démesuré pour les bricoles exotiques et rares ? Ou alors ces sourires en coin autour des tables improvisés où les jeux d'argent étaient monnaie courante ? Il y avait une sorte d'atmosphère spéciale sur ce petit bout de Centaurea, simplement pour une raison : ici, c'était le bouge officiel des traîne-patins à l’œil joueur et des porte-flingues et autres gardes du corps en quête de types à dessouder. Pour débarquer sur ce p'tit coin de paradis macabre, même en étant Pirate, il fallait déjà être carrément fêlé, mais Gintoki et sa bande n'étaient pas seulement des fracassés du bocal : ils avaient l'âme de suicidaires. Aussi, foutus pour foutus, tués pour tués, tarés pour tarés, le Samouraï décida de faire séparer sa petite bande. Ils avaient quartier libre et dans deux heures, ils devaient tous se retrouver à l'entrée de la ville -plus tôt évidemment si les ordres exigeaient qu'on se magne le croupion. Il était impossible de résister à son attrait. Cette ville vous appelait comme une amante qu'on a quitté depuis trop longtemps. Gintoki se promenait au milieu des étals de bric-à-brac plus ou moins douteux, où languissaient des marchandises peu recommandables, saisi et émerveillé par les lieux qui affichaient une franche criminalité. Même Marine, même Samouraï, le crime restait pour lui fascinant, car précisément loin de son champ d'action. Même si le bougre n'était lui-même pas le plus honnête des Marines, il n'avait jamais versé dans l'ostentatoire malhonnêteté. Il s'arrêta et essaya plusieurs fois de marchander pour obtenir tel Escargo Image érotique ou autre magazine cochon, mais, avec l'attaque que leur navire avait subi, il n'avait plus un rond.

Gintoki avait toujours su que le monde lui en voulait. Dès sa plus tendre enfance déjà, alors qu'abandonné, il essayait tant bien que mal de tabasser des jeunes de son âge pour obtenir quelque menu morceau de nourriture, les charmants bambins possédaient des gardes du corps immenses qu'ils appelaient "papa" et "maman". Lesquels lui mettaient des roustes mémorables. Une injustice criante qui avait obligé le petit garçon qu'il était à faire des recrutements et des entretiens pour obtenir ces fameux "papa" et "maman". Mais, étrangement, les Grandes Personnes semblaient gênées et ne voulaient pas accéder à sa requête, puis Shouyou était arrivé. Malheureusement, lorsqu'il avait volé de ses propres ailes, tout le reste de sa vie donc, il avait dû lutter pour gagner sa pitance. Servir d'Hôte dans un cabaret par exemple. Savez-vous combien il est difficile de combler une femme obèse, acariâtre et EN PLUS pourrie gâtée ? Et vas-y que j't'amène de jeunes mâles pour copuler -il fallait leur crever les yeux- et vas-y que j'te ponce la corne verdâtre de tes pieds. Saloperie de vieille tantine riche et bornée. Mais ce n'était pas la pire qu'il avait vécu. Il faudrait parler des jours où il allait déambuler dans la rue en ayant pour tout vêtement qu'un assemblage de cartons, tout simplement parce qu'un autre clochard lui avait volé les siens. Ou encore quand, après un dur labeur de six mois, il avait réussi à obtenir assez d'argent pour ravoir un kimono, il découvrit avec stupeur que sa bourse était percée depuis le début. La vie était une garce, une garce qui aimait bien fouetter allègrement Gintoki. Cependant, malgré ses années de dèche et de vache maigre, le bougre ne s'était jamais laissé apitoyé. Toujours, il avait trouvé un moyen de gagner sa croûte, plus ou moins honnêtement. Kidnapper des nobles marchaient assez bien -initier leurs enfants à des pratiques douteuses encore plus. Il ne parlait même pas du surnom qui l'avait fait respecté à travers les bouges du monde entier : le Samurai Gigolo. Oui, Gintoki avait donné dans la gérontophilie, taper dans la mamie, aimez les rides et les seins en gants en toilettes dont on pouvait aisément se servir d'écharpe. Mais tout cela était une époque révolue et quand la mémoire lui revenait, l'homme avait besoin de boire pour oublier. Il ignorait presque qu'au même moment où il entrait dans le bar sobrement appelé "Blue Crow", quelques olibrius étaient entrain de former un équipage Pirate.

Parlons-en du bar d'ailleurs. Lorsque notre bougre entra pour enfin obtenir sa bibine tant attendue, deux choses le frappèrent, comme un coup de poing à l'estomac bien chafouin. Ce fut tout d'abord l'odeur émanant des clients, mélange savoureux de sueur et de crasse, qui vint le perturber tandis qu'il titubait jusqu'au comptoir, au bord de la syncope. L'agitation à Centaurea les avait semble-t-il contraint à rester sur l'île et donc dans le village qu'ils avaient construis, et par extension, dans leurs bars. Cela faisait sans doute au moins trois jours qu'ils n'avaient pas bougé leurs culs et leurs ventres bedonnants de leurs chaises et même une tripotée de cadavres aux entrailles à l'air, par grand vent, n'auraient sans doute pas refoulé autant. Arrivant enfin au comptoir, il reporta une nouvelle fois son regard sur la salle remplie d'alcoolos, de boucaniers et autres contrebandiers plus ou moins amateurs -certain ayant la barbe blanche de l'expérience et l’œil vitreux de la sagesse- et remarqua à nouveau la triste morosité des lieux. Rien. Pas un jeu de cartes, pas une baston, pas une chanson paillarde, absolument rien pour se divertir un minimum. C'était pire qu'un enterrement, c'était le vide du calembour, le néant du divertissement. Une ode à l'ennui. Gintoki eut un soubresaut et ses yeux se plissèrent imperceptiblement, regardant de droite à gauche. N'ayant plus de médicaments pour contrer ses hallucinations intempestives, l'homme avait tout simplement peur qu'un gus se pointe et se déclare être l'Ennui. Il ne manquerait plus que cela, qu'une autre saloperie de mec imaginaire se radine devant lui pour lui casser son moment détente. Pour s'occuper, il commanda une bière qu'il but d'un trait, visiblement heureux de pouvoir enfin se bourrer la gueule. Plus jouasse après avoir bu deux chopines, la troisième dans sa main, l'homme, pris de pitié par la lourdeur de l'ambiance de la salle tenta le contage d'une blague :

« Alors... c'est... c'est une Sirène, un Géant et un Kung-Fu Dugong qui rentre dans un bar...

La salle retint son souffle. Une histoire drôle. S'il la réussissait, il bénéficierait de leur admiration éternel et deviendrait Gintoki, le Légendaire Raconteur de Blagues, le Sauveur de nos Soirées Où l'on se Faisait Chier Comme des Rats Morts. S'il n'y arrivait pas... c'était un suicide collectif qui allait se dérouler en ces lieux.

- Là, l'Géant - Mais comment il fait le géant avec sa taille pour rentrer ?- TA GUEULE, C'EST MOINS QUI RACONTE ! Donc, le Géant dit soudain à la Sirène... "eh bah, eh bah tu sais, si j'm'y connaissais pas, j'dirais que le Kung-Fu Dugong et toi, là, vous avez un gros lien de parenté." La Sirène demande pourquoi et le Géant lui répond : "Bah, parce que vous avez tous les deux l'air de vieux suppositoires." Bwéhé... Avec les écailles vous comprenez... Bwéhéhéhaha... Bw-nan, sérieusement, c'tait d'la merde. Excusez-moi, je vais me pendre. Désolé d'être né. »


L'ambiance devint soudain maussade, puis totalement sépulcral. On commençait à se choisir les coins où plaçaient les cordes qui nous serviraient à nous pendre, quand, soudain, elle apparut.

Pimpante.
Guillerette.
Un grand sourire aux lèvres.
Gintoki versa une larme. Ému par cette apparition quasi-divine, comme tant d'autres.

Cette femme était une déesse.
Incroyable.
Vêtue de rouge et de noir.

Même les plus durs pleuraient à chaudes larmes. Sa seule apparition avait balayé violemment tous les désirs de suicides des alentours, ainsi que l'odeur pestilentielle des clients, tel un véritable rayon de fraicheur. Dans leur sombre solitude et leur ennui, elle était leur soleil. Étincelante. Gintoki détourna le regard, aveuglé. Il sourit et arracha son regard de l'apparition. Il n'avait plus à s'inquiéter désormais. Sa seule présence l'emplissait d'une alégresse insupportable. Le changement soudain était si important que le Marine s'inquiéta... et si c'était au contraire une apparition maléfique ? Et si ce n'était qu'une de ces nombreuses hallucinations ? Si la vie était une garce, la Réalité était une pute. Elle lui jouait toujours des tours -il ne pouvait pas la croire. Alors, il renia son existence. Il la classa dans la colonne des "trucs divers et variés" qui lui apparaissait et finit sa troisième choppe. En recommanda une autre. Il ne s'intéressait pas du tout à elle. Pas à son corps dans son costume moulant... pas dans son sourire avenant... nan, pas... pas du tout.

Et la femme se mit à se trémousser.
***


N-nan, elle ne l'intéressait toujours pas. Nan, voir une jolie femme faire des trucs de souplesses vachement sexy ne l'intéressait pas. Absolument pas. Gintoki n'était pas de ce genre-là, voyons, c'était un Marine fier qui-MAIS DE QUI J'ME MOQUE PUTAIN !
Il était si obnubilé par elle qu'il versait sa bière comme si son verre était une putain de fontaine ! Il la matait tellement que des veines avaient dû exploser dans ses yeux et s'il ouvrait la bec, on aurait pu voir les chutes de Niagara version bave qui auraient vite fait de se tirer de sa bouche pour montrer que le spectacle ne lui déplaisait en rien ! Cela ne l'intéressait pas ? Il était celui QUI LA RELUQUAIT LE PLUS DANS CE P'TAIN DE BAR. Mais discret-discret. Faut pas déconner non plus. Le Destin, pour une fois avec lui, récompensa ses souhaits les plus ardents en la faisant tomber. Se raccrochant tant bien que mal à notre cher héros, la jolie demoiselle se révéla être encore plus jolie vue de près. Surtout que la bougresse se hissait timidement en enroulant ses bras autour du cou du Samourai, ce qui n'était pas pour lui déplaire. Très vite, le cerveau de Gintoki prit les choses en main et le fit agir par instinct. Le Marine se délesta de sa choppe vide en la jetant d'un geste brusque en arrière, puis il se servit de ses deux mains pour rapprocher la charmante gymnaste maquillée comme une clown tout près de lui, leurs visages à quelques centimètres l'un de l'autre. Un sourire en coin plutôt irritant, voir carrément pervers et effrayant vint faire sonner ses prochaines phrases loin de la vision gentilhomme qu'en avait Gintoki :

« T'veux que j'te dorlote comme une princesse ? Que j'te paie un coup à boire ? Allez dit... diiiiites oui, mademoiselle euh... mademoiselle comment d'ailleurs ? Moi, c'Gintoki ! 'Pouvez m'appeler Gin, te fais pas chier avec ces usages à la con ! »

Tout en prononçant ses paroles, il avait viré le vieux pilier de comptoir qui était sur le tabouret à côté du sien d'un coup de pied, avait soulevé la gymnaste et l'avait placé sur le siège vacant à sa droite. L'homme, sans attendre de réponses, commanda une vodka Piment et l'engloutit aussi sec, balançant le verre sur le barman d'un air totalement détendu -les effets de la charmante compagnie à son côté, et non de l'alcool, comme pourrait le croire certains, commençant à le rendre encore plus fou furieux que d'habitude. L'homme protesta évidemment et les clients commencèrent à grogner. Gintoki connaissait ce genre de loubards sans roupettes qui se croyaient plus forts que tout le monde. Aussi, il connaissait la manière de s'imposer. Lentement, il se leva de son tabouret, leva timidement son bras et... l'abaissa violemment pour encastrer le barman sur son comptoir. Les piliers de comptoir se levèrent, visiblement désireux d'en découdre, jusqu'au moment où l'homme aux cheveux blancs passa derrière le bar et fit virevolter le shaker et divers boissons, tel un pro de longue date. Un sourire goguenard, regardant la demoiselle dans les yeux. Il annonça la couleur :

« TOURNÉE GÉNÉRALE MES GAIIILLAAAAARDS ! C'EST L'PATRON QUI OFFRE BWEHEHEHAHAHAHA !! »

Con et donc fier de lui, Gintoki adressa un clin d’œil à Rory, avant de lui offrir la boisson qu'elle avait précédemment commandé.

La Vie était peut être une garce, mais elle lui avait appris des choses. Comme être barman par exemple.

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MessageSujet: Re: [Q]ue le spectacle... Commence !   Mar 29 Nov - 13:58

Tous les hommes ne comprennent pas. Tous les hommes ne sont pas compréhensibles. Je n’aurais pas l’audace de dire « je ne comprends tout ». Disons que j’interprète, j’entrevois, je saisis des choses. Les détails ont leurs importances. Les petits gestes, les petits mots, les petits regards. Toutes ces petites choses qui nous font, nous. Je ne comprends pas tout, mais je sais. Je sais que les gens sont pervertis, par quelqu’un ou quelque chose. Et qu’ils sont injustes. Et c’est ces injustices, qui font préjudices, qui m’insupportent le plus. Elles me bouffent progressivement. Elles me dégoutent. Et je les hais.

C’est la raison de mon combat.
De mon existence.

Je ne peux pas les laisser continuer, je ne peux pas laisser des gens injustes faire la justice.

Je ne peux pas.

Il était, de toute évidence, celui qu’on remarquait au milieu de tous ces gens. Il parlait fort, il était bien portant, bien beau, mais avait ce petit quelque chose qui nous faisait penser à ne pas trop le fréquenter de trop près. De toute évidence, il contrastait avec le reste de la foule, de ces brigands sans foi ni loi qui vivaient dans le coin et se remplissaient généreusement la panse. Je le regardai, détaillant son visage. Son regard pervers me saisit aussi tôt, comme pris sur le fait, ravi, en proie à des sentiments si forts et obscènes qu’ils me bousculaient. Sur quoi étais-je, littéralement, tombé ? Les yeux brillants d’une malice que l’on aurait su dire bonne ou mauvaise, on aurait dit qu’un de ses vœux les plus chers venaient de se réaliser.
Il me regardait, me déshabillait presque du regard. Il me donnait envie de jouer. S’il sortait du lot de part sa bonhomie, sa stature, son allure, je l’impliquai naturellement dans des histoires sordides. Dans tous les cas, il me semblait louche, plein de secrets que je voulais découvrir par un malin plaisir. Son obsession me brulait la peau d’une façon bien étrange, tel… une perversion. Je pesais mes mots, car il n’était pas un pervers au sens propre du terme et qu’il arrivait à ses fins probablement d’une façon plutôt basique et morale… Son attitude qui aurait fait fuir n’importe quelles femmes sensées m’attirait.
Il y avait un point noir dans son cœur qui me plaisait, indéniablement, il me plaisait. Parce qu’il semblait, lui aussi, avoir envie de jouer. Je me tenais toujours fermement à lui, mes yeux parcourant l’ossature de son visage, ses cheveux grisonnants d’une façon naturelle, de ses yeux pétillants, de ses lèvres tendues en un sourire. J’allai jouer. J’allai bien m’amuser. N’en disant pas plus, gardant mon air innocent, il m’adressa la parole simplement, me demandant si je voulais qu’il s’occupe de moi, qu’il me paye à boire, il me demanda même mon nom, me donnant le sien, ainsi que son surnom…

Ça se refermait autour de lui, doucement. Très doucement.
Je l’attirais à moi. Il était à moi.

Il poussa sans ménagement le gars à côté de lui, pour me poser à sa place. Il me parlait, me demanda ce que je voulais, passa par-dessus le bar et s’empara du barman pour l’écraser contre le comptoir sans ménagement. Son acte me fit sursauter, il était comme pris d’une folie furieuse. Ou alors, il était parfaitement débile, probablement complètement stupide. Mais il me plaisait. Cette violence me plaisait, indéniablement. Il hurla à tout le monde que le patron offrait une tournée générale. Audacieux, insolent, idiot aussi. Coupable, probablement.

« Ta proposition m’intéresse, Gin. »

Je daignai enfin lui répondre, lui adresser la parole, affirmer ses dires. Je l’avais écouté avec beaucoup d’attention, je l’avais probablement saisi dans son ensemble.

Et j’avais l’irrésistible envie de jouer.

Posant mes coudes sur le comptoir, posant mon visage sur mes mains gantées, plongeant mon regard azurés dans le sien avec un minois charmant, je lui répondis avec une voix mielleuse, presque un ronronnement :

« Dorlote-moi comme une princesse. Non, plutôt… comme une reine. »

J’attrapai le col de son vêtement et le tirai à moi avec force. Il dut passer par-dessus le bar tandis que j’approchai mon visage du sien. Je lui fis un sourire complice, posant ensuite mes lèvres au coin des siennes pour en enlever les restes de sa vodka de plus tôt. C’était sensuel, extrêmement sensuel. A un tel point que les quelques gus à côté nous regardaient avec des yeux exorbités, envieux, gourmands. Beaucoup auraient payé pour être à sa place désormais. Mais je n’avais d’yeux que pour lui, pour ce qu’il faisait, pour ce qu’il était. Cet échange court était comme un pacte entre lui et moi.

Il était à moi, complètement.
Ou en tout cas, il le serait bientôt.

M’éloignant en douceur, mes mains tenant son visage se posaient sur le comptoir devant moi. Je pris un air impassible, presque tendre, en prenant le diabolo fraise qu’il venait de me servir. Le sirotant doucement en le regardant droit dans les yeux, je savais que j’avais fait mon effet. Je savais aussi qu’il aurait du mal à se débarrasser de moi. Et qu’il y avait maintenant cette graine, près de son cœur, qui germait progressivement pour l’enserrer et le tenir délicatement, se filer dans toutes les fissures pour le tenir et le contaminer… Je l’aimai.

« Je suis Rory. Enchantée de te connaitre, Gin. »

Présentation conclue, j’ajoutai d’une voix douce :

« Que dirais-tu d’aller faire un tour ? »

En voilà une proposition camouflée. S’il l’attrapait au vol, c’est qu’il en voulait gros. Et ça ne m’étonnerait pas.
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MessageSujet: Re: [Q]ue le spectacle... Commence !   Mar 29 Nov - 17:05

Citation :
Évènement à prendre en compte dans votre topic et auquel vous devrez réagir (vers la fin) : un incendie a ravagé la taverne "le Lion Chauve" et les flammes commencent à dévorer le village des contrebandiers. What a Face

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MessageSujet: Re: [Q]ue le spectacle... Commence !   Mer 7 Déc - 15:48

The Seatbelts~~Fe
Il y a des femmes qui passent dans votre vie et que vous oubliez rapidement et puis il y a les autres. Toutes les autres... elles ne vous laissent que la douce empreinte de leurs lèvres purpurines sur la joue le matin et vous ne vous réveillez que pour voir leurs silhouettes partir au loin. A demi groggy par le sommeil, vous savez pourtant que vous avez beaucoup perdu. Et tant gagné. Mais vous ne vous levez pas, emplie d'une torpeur angoissante. La nuit de la veille pensez-vous, un mince sourire goguenard sur les lèvres. Puis, vous plissez les yeux, blasé. Vous savez pourquoi vous ne vous êtes pas levé... cette femme... ces femmes, on ne peut jamais les attraper. Si proches et si lointaines, comme un nuage porté par le vent. La Clown était de ces femmes-là. Insaisissable, jouant avec vous. Et Gintoki restait confiné à un seul choix face à elle : céder. Céder à tout et s'amuser. La dorloter, l'aimer, peut être rien qu'une nuit, une nuit aux souvenirs indélébiles. Il avait déjà rencontré dans le passé ces femmes qui jouaient avec les hommes, il en avait croisé plusieurs. Et comme tous les hommes, il ne pouvait les oublier. Toujours, il sentait leur peau frissonnait sous ses doigts et la nuit frisonner elle aussi. Mais le Samuraï suivait des principes ancestraux dont la plupart des hommes ne s'encombraient pas et c'était là que se résumait toute la complexité de la situation : Gintoki jouerait avec elle oui, mais il serait prudent. Ne se fondant pas dans le plaisir fugace d'une nuit, il resterait finalement de marbre, éternellement lui-même. Comme si tout cela n'était qu'une caresse éphémère, qu'on oublie vite en regardant un ciel nuageux. Ces femmes ont tendance à ne laisser qu'une marque brûlante dans votre esprit... mais le Marine n'était pas de ces plaisantins qui n'arrivent pas à se lever. Gintoki, lui aussi, laissait sa marque sur les gens. Charisme ? Peut être. Remarquable idiotie ? Sans doute.

Le Sous-Lieutenant sentait qu'elle l'attirait irrésistiblement... elle était comme une veuve noire, n'attendant qu'un dernier mouvement de sa part pour le tuer. Elle en portait d'ailleurs les couleurs, noir et rouge, tout comme cette fichue créature. Et déjà, lorsqu'elle avait ses bras autour de son cou, il le sentait, doucement, tout doucement... son venin doucereux. Gintoki se servit une autre vodka et s'l'enfila cul sec. Certaines choses ne s'oublient pas, hein ? Et même la boisson n'arrive pas à atténuer ce sentiment. Ce spleen. Il reprit un autre verre, mais ne le finit pas ce coup-ci. Il les voit à présent... ces souvenirs qui miroitent dans le liquide trouble du verre. Les champs de bataille du passé, la pluie, le sang qui teinte ses cheveux... son surnom de démon blanc. Il but encore. Le goût de l'alcool aidant, Gintoki regarda à nouveau l'aguicheuse, qui venait de lui répondre, enfin. Et de nouveau, il retomba sous son charme. Il chassa ses pitoyables souvenirs, brisa la tristesse de son humeur et offrit à nouveau un sourire en coin à la demoiselle. Lorsqu'elle s'avança, posant ses coudes sur la table, Gintoki s'approcha aussi, imperceptiblement, attirée par elle, sublime aimant. Le Samuraï jouait déjà, si captivé que le bar s'effaçait devant cette femme. C'est seulement lorsque celle-ci le saisit par le col brusquement et avec une force étonnante pour son gabarit qu'il se rappela à lui par le violent "trébuchement" de ses parties intimes contre le comptoir. Un peu tue-l'amour, certes, mais véridique. N'ayant même pas le temps de se rouler au sol assailli par la douleur, les lèvres de la Clown vinrent délicatement se poser au coin des siennes, aspirant les derniers restes d'une vodka tout de suite oubliée. Son cœur lui criait de l'embrasser. Ses couilles lui hurlaient d'arrêter ses conneries et de lui rouler la meilleure galoche de sa vie. Sa tête murmurait de s'arrêter. Gintoki n'eut pas le temps de choisir l'une de ses options que déjà la demoiselle s'éloignait de lui, sans doute intérieurement ravie de son coup.

Et la garce avait bien raison.

Le Samuraï était fasciné. Totalement fasciné. Et à la fois sur le qui-vive. C'était un sentiment nouveau, étonnant, fulgurant. Elle lui offrit son nom. Deux syllabes qui sonnaient comme un grelot. Cela lui allait bien. Rory... elle dit qu'elle s'appelle Rory. Il pesa le poids de ces deux sons dans son esprit, puis les fit rouler dans sa bouche, sans les prononcer. Gintoki offrit un sourire mi-figue mi-raisin, frondeur et enjôleur à la femme. Il passa au-dessus du bar d'un bond vigoureux et la dépassa, puis se retourna, se collant presque à elle tout en mettant l'une de ses mains sur le bar, bras tendu. Il la dévisagea quelques instants, rapprochant son visage de plus en plus d'elle. La main sur le bar quitta le comptoir pour venir flatter le bas de son dos, remontant doucement... tout doucement. Lui aussi instillait son poison... un poison nommé désir. Sa main sur son cou, puis sur sa joue blanche sembla la faire frémir... et leurs lèvres se frôlèrent doucement, sans jamais vraiment se toucher. Puis tout d'un coup, il recula, un sourire joueur sur les lèvres. Gintoki Donten était un homme grossier et il aimait cultiver son côté provocateur. Mais il était aussi né dans le pays des Guerriers et des Courtisanes raffinés et cela, il ne l'oubliait pas. En aucune circonstance. Les cicatrices lascives de son passé entachaient souvent son envie de se bourrer la gueule et jamais, il ne trouvait le doux repos qu'il espérait dans la boisson... mais avec elle, avec Rory, il sentait que le jeu l’enivrerait bien plus que n'importe quel breuvage. Après tout, peu importe le flacon, pourvu qu'on est l'ivresse ! Pour répondre à sa proposition, Gintoki offrit son bras à la jeune femme d'un air gaillard, conscient de tout ce qu'impliquait cette promenade et il n'avait pas le cœur, en tant qu'homme, a refusé pareil proposition. Aussi, c'est avec un bruyant soupir qu'il accueillit le nouveau coup d'pute que la Vie lui avait envoyé sur le coin d'la gueule.

Le tenancier s'était réveillé. Les poivrots s'étaient rassemblés. Les contrebandiers et autres pirates de pacotille s'approchaient, à la fois intéressé par l'envie d'en découdre et rabattre le caquet du godelureau qui leur faisait face, mais bien entendu aussi pour s'taper la jeunette qui l'accompagnait. Chair fraîche et chair-à-saucisse. Le Samuraï s'avança, un sourire plutôt torve et en coin, sûr de lui. S'adressant à la jeune femme sans la regarder, mais aussi à l'assemblée menaçante, il beugla simplement quelques mots :
« J'm'en vais t'dorloter comme jamais aucun homme ne t'a dorloté avant moi ! Et c'est pas ces quelques traîne-patins qui vont m'refroidir ! J'm'en vais les défourailler sec, les étripailler violemment, les réduire en p'tits tas de charpie ! Si tu sais faire aut' chose que tortiller du popotin, hésite surtout pas à m'aider, hein. J'crache jamais sur un coup d'pouce du destin. »

Il fit craquer ses phalanges, puis son cou, déclarant ensuite :

« Allez, numérotez vos abattis mes couillons, ça va saigner ! Vous m'bousillez mon plan d'drague là et vos haleines de chacals en rut insupportent la d'moiselle ! VENEZ PRENDRE VOTRE RACLÉE ! »

L'homme s'élança et pris dans une furie destructrice envoya le premier type qui lui tomba sous la main manger le comptoir, tandis que le deuxième se prenait une mandale qui fit tomber les deux gars derrière lui et le troisième un coup dans les roustons...

[Fin du post tout pourri. Et désolé d'avoir pas posté hier soir... tu comprendras que j'étais pas super d'humeur. Et en plus comme je suis fourbe, tu as le droit de détailler du combat intensif pour une fois ♥]

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MessageSujet: Re: [Q]ue le spectacle... Commence !   Ven 16 Déc - 17:22

Ils se proclament différent pour être exactement les mêmes. C’est là toute l’ambiguïté d’un homme, lorsqu’il parle à une femme pour la séduire. « je ne suis pas comme les autres » qu’il s’use à dire avec un sourire charmeur, pour ensuite prouver sur tous les points qu’il ne vaut guère mieux que ces fanfarons machistes. La vérité est que, qu’importe la volonté que mette les femmes à changer d’homme et a chercher le prince charmant, elles tomberont toujours sur le même crétin qui leurs promet la lune. Car il n’y a que ça en stock, de toute évidence. Que ces promesses sont vaines, qu’elles sont dites pour impressionner, mais jamais pour être réalisé. Et aussi, que le pire est, qu’à chaque fois, elles tomberont dans le panneau. Pourquoi quitter un cochon si c’est pour en reprendre un autre ? Si un Homme ne vaut pas grand-chose, les femmes ne valent pas mieux. C’est certainement pour ces raisons qu’ils se complètent parfaitement.

« Aimer, c’est savoir que l’on fonce dans un mur, et accélérer quand même ».


On allait se bruler. C’était l’évidence même de notre histoire. Nous n’avions pas de raison d’en sortir entier, en un seul morceau, parce que notre rencontre faisait des étincelles. Comme toutes les histoires commençant par une passion dévorante, elles se finiraient d’une façon tragique, qui déplairait forcément aux protagonistes, laissant un gout de rouille dans la bouche et de la nostalgie dans nos âmes. Essayer encore, changer la donne, espérer autre chose, attendre après l’autre. Pourquoi faire ? Sortir un énième atout de changerait rien au jeu en cours : les dés étaient jetés, pas de retour en arrière. Et j’avais moi-même lancé d’une poigne habile ces dés, l’engrenage infernale du destin avec.

Faites vos jeux, rien ne va plus.

Son sourire était particulier, de ceux que l’on ne peut qualifier simplement. Empli d’une ambiguïté palpable et appréciable, il se peignait de couleurs différentes à chaque fois, changeant, accommodant, remarquablement étrange. Plein d’une tristesse et d’un charme qui vient de dieu sait ou, je le fixai intensément, tentant vaguement de saisir son esprit, son allure, son ensemble pour les faire mien. L’échange que nous avions eu avait fait son petit effet, et ça me plaisait énormément. Cela en disait long sur l’aplomb qu’une femme pouvait avoir sur un homme. Je restais persuadée qu’un peu de poitrine et des lèvres pulpeuses suffisaient à obtenir tout ce qu’on pouvait désirer. Une femme n’est jamais en reste. Une femme comme moi en attend toujours plus des gens, ne se tenant jamais à ce qu’il y a de visible. Il y a toujours mieux derrière, toujours plus sous l’image que nous renvoie l’autre. Le vrai trésor est ce que l’on touche avec des mots, pas avec des mains. Il est ce que beaucoup aiment détruire, et ce que j’adore obtenir.
Gintoki me regardait avec des yeux pétillant, toujours plus brillant en me regardant. J’arquai un sourcil, un peu surprise par cette fascination s’exprimant sur ses traits. Il y avait à la fois une entière dévotion, ainsi qu’une retenue soudaine. S’il ne faisait pas attention, sûrement fondrait-il sur moi, griffes et lèvres tendues. Faisant un petit sourire innocent, je sirotai ma boisson avec l’air enfantin que j’arborai naturellement, agitant la tête d’un petit mouvement pour faire sonner les petites clochettes sur ma capuche rabattue. L’homme passa par-dessus le bar d’un mouvement souple, se plantant ensuite en face de moi avec un sourire indescriptible. Je le suivais du regard, m’intéressant au félin se trouvant en lui. Il se colla à moi en mettant une de ses mains dans mon dos, l’autre sur le bar. Je me cambrai légèrement, plaçant volontairement mon buste contre son torse puissant, une main placée sur son pectoraux comme appuie, si fuite il y avait à prendre.
Ne me laissant pas totalement faire, ni totalement aller, je le regardai toujours avec ce même visage joyeux, digne de ces poupées qui sourient avec leurs teints blancs et leurs joues rougies. C’est alors qu’il plaça son autre main dans ma chute de rein, mais faisant avoir un hoquet de surprise. Ma foi, je ne m’y étais pas attendue, mais c’était flatteur. Je n’étais donc pas la seule à savoir prendre les choses en main. Pensant recevoir (ou du moins me faire voler) un baiser digne de ce nom, je fus encore plus étonnée de le voir jouer avec mon désir et mes nerfs. Ne me laissant pas déstabilisé pour autant, et ne m’étant pas offerte à lui avec le souhait implacable d’obtenir ce que je voulais, j’admettais volontiers que quand le jeu avait du piquant, il en valait encore plus la chandelle.

Comme Icare, j’ai volé trop près du soleil, et je m’en suis brulée les ailes.

« J'm'en vais t'dorloter comme jamais aucun homme ne t'a dorloté avant moi ! Et c'est pas ces quelques traîne-patins qui vont m'refroidir ! J'm'en vais les défourailler sec, les étripailler violemment, les réduire en p'tits tas de charpie ! Si tu sais faire aut' chose que tortiller du popotin, hésite surtout pas à m'aider, hein. J'crache jamais sur un coup d'pouce du destin. »

La situation s’envenima, lorsqu’agacé par le fanfaronneurs dans mes filets, les poivrots du bar s’étaient mis en tête de lui rabattre son caquet, trop ouvert au gout de tous. Je gardai mon air bienveillant en l’écoutant, le trouvant à la fois amusant et fort grossier. Mais s’il y avait une chose qui allait bien avec, c’est qu’il me faisait rire.

« Allez, numérotez vos abattis mes couillons, ça va saigner ! Vous m'bousillez mon plan d'drague là et vos haleines de chacals en rut insupportent la d'moiselle ! VENEZ PRENDRE VOTRE RACLÉE ! »

Les premiers coups s’envoyèrent dans les têtes, déglinguant des mâchoires, cassant des dents et des parties intimes. J’évitai de justesse un coup qui m’était adressé pour m’assommer, et probablement m’envoyer dans un coin plus intime. Je me retournai vers le goujat qui s’en prenait à moi, envoyant une claque sur son énorme joue. Le son qui en ressortit fut encore plus explosif que ce que les autres pouvaient s’y attendre. Gardant mon sourire bienheureux, j’attrapai le suivant et envoyai un coup de genou dans son bide, cassant à la suite la rotule qui tenait son genou gauche. L’homme s’effondra sur un de ses partenaires, tandis que je me tournai vers Gin. Il se démenait bien au combat, mieux que moi-même, mais je n’avais vraiment pas l’intention de m’échiner ici. Je lui bondis dessus, grimpant sur son dos, lâchant un rire clair et joueur :

« On dégage d’ici ! ♪ »

Sûrement n’avait-il pas compris ce que je voulais dire, mais pour ceux qui avaient suivi mon tour tout à l’heure, l’évidence était de ne pas me laisser le temps de m’enfuir :

« Attrapez-les ! »

Tous sautèrent sur nous et se ramassèrent à terre. Une immense et épaisse fumée se répandit dans la pièce, obligeant les moins endurants à sortir du bar pour reprendre de l’air. J’avais poussé Gin à suivre doucement le mouvement, caché par la fumée que j’avais moi-même provoqué suite à mon explosion couplé à l’habilité naturelle du jeune homme nous avait suffis à nous échapper. Discrètement, je lui indiquai une ruelle étroite pour nous cacher, le temps que ça se tasse dans le bar ou nous étions. Les jambes autour de sa taille, dans son dos, les mains entourant son cou et secouant joyeusement la tête pour agiter mes clochettes, j’étais épanouie.

« Escapade réussi mon capitaine, fis-je avec un salut militaire et une courbette. »

Je descendis du dos du jeune homme et posa pied à terre, attrapant son bras pour le trainait dans les rues passantes du village ou nous étions. L’endroit n’était pas bien famé, mais des gens comme nous passions encore inaperçu dans le coin. Mon euphorie naturelle me poussa à chantonner comme pour moi un petit air connu de tous. Si j’en savais la signification, je n’en avais que faire. Et si l’on me cataloguait aisément, j’affirmai ne pas être ce que tout le monde pensait.

« ♪ Adieu port de ma jeunesse, adieu mon village natale. Chante avec moi quelques couplets, le navire met les… »

Je me coupai un instant lorsqu’une vive explosion retentie, accompagnée de quelques cris. Je me tournai vers Gin avec un sourire, lâchant avec la même risette qui montrait toutes mes dents blanches :

« C’est pas moi, promis. »

Et on pouvait en être sûr. Puis, je montrai du doigt une épaisse fumée noire surplombant des flammes. Un incendie se propageait dans la ville, signe qu’il y avait de la castagne dans le coin. Sachant la présence de Goss dans le coin, on pouvait être sûr que d’autre gus du même genre devait y être.
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MessageSujet: Re: [Q]ue le spectacle... Commence !   Sam 31 Déc - 17:54

  • Rory Quinn :
    Qualité : 5/5
    Langue : 3/4
    Quantité : 2/3
    Originalité : 2/2
    Mise en page : 1/1
    TOTAL : 13/15 + 3 points bonus
    => + 16 XP
    Remarques : Un niveau excellent couplé à un personnage intéressant, félicitations ! Attention tout de même, il y a par intermittences de très grosses fautes de langue (imparfait à la place de l'infinitif, que j'ai croisé plusieurs fois) qui détonent complètement dans le reste du texte, par ailleurs très bien écrit.

  • Donten Gintoki :
    Qualité : 5/5
    Langue : 4/4
    Quantité : 3/3
    Originalité : 2/2
    Mise en page : 1/1
    TOTAL : 15/15 + 2 points bonus
    => + 17 XP
    Remarques : Tu me vends du rêve.

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"Vous avez à boire sinon?"

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[Q]ue le spectacle... Commence !

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