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 Les Feux de la Révolution : Le Comeback des Champions

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MessageSujet: Les Feux de la Révolution : Le Comeback des Champions   Jeu 5 Jan - 7:01

Avec un soleil pareil, y avait rien de pire que de faire du transport de marchandise. Déjà juste à voir le nombre de caisses qui les attendaient lui et les potes ce matin, Rastar avait bien pu deviner toute la merde qu'ils auraient à se trimballer la journée. Et il avait eu raison, comme le lui indiquaient les sales courbatures au dos qu'il sentait en faisant craquer ses vertèbres du mieux qu'il le pouvait. Un bateau de marchandise en entier, tout juste s'il était pas chargé à bloc. La pause avait semblé prendre l'éternité à pointer le bout de son nez, comme une pute hors de prix qui vous fait de l'oeil tout juste le jour où vous êtes à sec. Enfin, les quelques cigarettes et les bouteilles sirotées faisaient finalement revenir la bonne humeur chez les hommes. Alistair avait même commencé à raconter quelques blagues, alors qu'il avait une expression à lui deviner trois balais bien profondément enfoncés dans le cul pas plus tard que v'là une heure. Personne pouvait le blâmer : on aurait dit qu'ils transportaient des putain d'enclumes dans ces caisses. Il fallait se mettre à quatre pour lever ces saloperies d'à peine plus d'un mètre de large, et encore ; un des ouvriers avait eu un des contenants sur le pied. À vue d'oeil, il fallait espérer qu'il aimait pas particulièrement le morceau.

Prenant quelques bonnes gorgées de la bière froide - bénie soit-elle - qu'il tenait dans le vide depuis un moment, Rastar lorgna un peu vers l'océan. Au moins, la journée avait le mérite de leur donner le beau temps, plutôt qu'une mouillasse mal foutue comme ils avaient la poisse d'en avoir quand les pires journées se pointaient. Même pas un putain de goéland dans le ciel, ils devaient tous avoir décampé plus loin, aux arrivages de bouffe. On avait beau regarder n'importe où, la mer était calme et vide, pas une tache...hormis un petit truc qui mit quelques instants à se laisser apercevoir, très loin. Plissant les yeux, l'ouvrier fit signe au plus proche de ses compères.

''Eh, Gilbert.''
''Hm?''
''C'est moi qu'est déjà saoûl, ou est-ce qu'y a un truc qui bouge là-bas, sur l'eau?''
''...Hmmm, moi j'vois rien. Où ça?''
''Je pointe dessus, merde.''
''Nan mais je...ah si, j'crois que...ouais, j'le voie! Ouais, et alors?''
''Bah qu'est-ce que ça peut être, tu vois d'ici, toi?''
''Bah si c'est sur l'eau, c'est un bateau non?''
''Arrête, c'bien trop rapide pour être un bateau, c'truc.''
''Une baleine qu'a remonté un peu pour nager à la surface alors, c'que j'en sais. Et pis qu'est-ce que t'en as à foutre?''
''Baaah, rien en particulier, c'est juste que ça semble venir vers ici. Enfin bon, j'dis ça, j'dis rien, hein.''
''Ouais, comme tu dis. Allez, magne-toi, faut qu'on s'y remette.''


Poussant un grognement réprobateur vis à vis de la dernière réplique lancée par son collègue, le concerné se releva néanmoins sur ses pieds avec lenteur. Vidant une dernière gorgée trainant au fond de sa bouteille, il jeta cette dernière rapidement avant d'aller rejoindre les autres. Pourtant, il n'avait pas encore fait trois pas qu'il s'arrêta, prêtant l'oreille. Un bourdonnement qui le prenait à l'oreille. Passant d'abord un doigt vigoureux dans la dite oreille pour voir si ça ne règlerait pas le problème, Rastar se mit à regarder autour de lui devant l'échec de la tentative. Le bourdonnement s'amplifiait, ça devenait même de plus en plus distinct. Cherchant encore quelques secondes, une point précis attira pour la seconde fois le coin de son regard. La forme qu'il avait distinguée. Elle s'était effectivement rapprochée, et...c'était d'elle que venait le son? Plissant les yeux en portant ses mains à son visage pour protéger sa rétine du soleil, il tenta en vain de voir ce qui venait sur eux.

...Mais c'était quoi, ce truc?

~¤'°'0’°'¤~


Ce putain de truc était totalement hors de contrôle, merde!

Alors qu'ils fonçaient à toute allure vers une île qu'ils avaient aperçu quelques instants plus tôt, Icarus s'acharnait sur une pièce de machinerie qui crachait un vacarme de l'enfer à l'arrière de leur embarcation. Loin d'être un adepte du déplacement lent, l'inventeur n'avait pas tardé à se pencher sur un truc qui donnerait à leur embarcation légère un coup de boost nécessaire pour gagner de la vitesse. Après tout, il était un génie, y avait rien d'anormal à ce qu'il crée des trucs comme ça de temps en temps. Cependant...l'effet avait dépassé de...putain d'énormément, par rapport aux estimations de base. À l'origine, ce truc devait, une fois fixé à l'arrière du petit bateau de pêche qu'ils utilisaient, leur donner une poussée augmentant leur vitesse par trois fois. Et considérant la vitesse qu'ils choppaient en moyenne grâce au vent, ça restait très confortable, et vachement utile. Mais là, le truc en question les avait projetés d'un coup comme une foutue bombe, poussant comme un forcené au point de tout juste les laisser à la surface de l'eau. Sérieusement, un peu plus et ils allaient finir par faire voler ce putain de bateau!

À grand coups d'efforts, ils avaient réussi à éviter les quelques trucs qu'ils auraient pu percuter, mais l'île en face d'eux allait s'avérer un défi un peu plus gros, hein. Aussi c'était pourquoi Icarus était passé en quelques minutes par toutes les options auxquelles il avait pensé : jouer dans les fils, retrouver l'alimentation pour lui casser sa gueule - sans succès - avec violence, et finalement recourir à la violence tout court. Pourtant, même après deux bonnes minutes de coups de clé à molette, le truc continuait à cracher comme jamais.

''Mais tu vas crever, putain d'saloperie!?''

Après quelques derniers coups pas très convaincus, l'échevelé décida de retenter le fait de se servir des outils pour éteindre la machine plutôt que de la violer sauvagement. Jetant un coup d'oeil derrière son épaule, l'homme jugea qu'il avait peut-être deux minutes avant qu'ils atteignent le port qui se dessinait plus loin devant eux. Mauvaise perspective. Bon allez : les fils...le moteur...le contact, les bougies, l'alimentation, le...bordel, le putain de levier de contrôle! Il avait démarré le moteur sans mettre de putain de merde de levier de contrôle à la con! C'était comme vouloir pêcher des piranhas avec les doigts, couvert de jus de bifteck. S'il était assez rapide, il pouvait peut-être réussir à reprendre le contrôle. Se retournant précipitamment, Icarus empoigna le dit levier à côté de lui... remarquant ensuite le port à dix mètres avec les marins qui courraient en gueulant.



Pas une foutue âme à plus de deux-cent mètres ne fut en mesure de ne pas entendre le bordel fracassant qui se mit à retentir sans crier gare. D'après les témoins qui chanteraient leur version plus tard, un bateau serait arrivé comme une furie, touchant à peine l'eau. Il aurait percuté l'extrémité de l'un des ponts d'accostage, prenant définitivement son envol en emportant quelques trucs avec lui. Quelques tonneaux dans les airs, le moment se suspend...et le bateau finit sa course en plein dans le flanc d'une frégate, au point de voir la proue dépasser d'un mètre de l'autre côté. Dommage, le joli sigle de la Marine sur le flanc était tout défoncé maintenant, et y faudrait plus que de la peinture.

Dans les débris, ce fut le calme un moment, la poussière qui retombe sur la scène. Quelques marines encore ébahis sur le pont par le bateau de pêche qui venait de les éventrer sec comme un porc à l'abattoir. Puis, une explosion sourde, et plusieurs morceaux de bois volent dans tous les sens. Une main, puis une deuxième, et une forme enveloppée d'un ample manteau pourpre s'extirpe tant bien que mal des débris. Une fois ce but achevé, un coup d'oeil sur ce qui l'entoure suffit pour amener une mine déconfite sur le visage de l'hurluberlu.

''...Si tu crois que j'vais réparer ça, tu peux toujours aller t'faire mettre!''

Une phrase qui semblait un peu vide de sens sur le moment, surtout si on ne savait pas à qui elle était adressée. Car en parlant, l'inventeur fixait devant lui la pile de débris mélangés. Les têtes d'un ou deux marines se firent visibles par l'entremise d'une trappe qu'on avait ouverte sur le pont pour constater les dégâts. Empreints d'un mélange de curiosité, d'incrédulité et de colère, les regards se portaient sur Icarus, bras croisés, qui fixait devant lui. L'air d'attendre quelque chose.

Ou quelqu'un.

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MessageSujet: Re: Les Feux de la Révolution : Le Comeback des Champions   Jeu 5 Jan - 13:44

Les Feux de la Révolution
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La collision était imminente. Et Dark n'avait pas trouvé mieux à faire que de se plaquer la main sur le visage en négation de ce scénario catastrophe pourtant si prévisible. Plutôt que de rester à ne rien faire, il aurait mieux fait de continuer à l'en dissuader, ils n'en seraient pas là.

Et comme à l'accoutumée, il n'avait aucune intention d'intervenir pour l'aider à résoudre le problème. Il n'avait eu besoin de l'aide de personne pour les mettre dans une situation épineuse, et il les en sortirait seul. Encore que c'était beaucoup lui en demander et qu'on ne pouvait pas dire que la méthode avait fait ses preuves. S'il n'était pas d'un cran plus solide qu'un humain normalement constitué, il aurait déjà eu l'occasion d'y passer bon nombre de fois. Car si le scientifique était doué pour les mettre dans l'embarras, les en sortir demandait un doigté qu'il n'était que rarement capable de fournir. Abattu et taciturne, il ne leva pas le petit doigt jusqu'à la dernière minute, préférant de loin laisser le savant se débattre avec sa dernière diablerie en date. Que ça lui fasse les pieds, tiens. Penser que ça puisse l'empêcher de recommencer était sans nul doute trop optimiste, mais on pouvait toujours rêver, ça avait le mérite d'être gratuit.

Et quand enfin la berge fut en vue, comprendre assez près pour lire la perplexité et l'effroi peinte sur les visages, il ne lâcha qu'un soupir pour s'aider à accepter son destin. Soupir qui prit fin à l'instant même où il se sentit décoller, son poids plume n'étant que bien peu de choses face à la violence d'un crash en bonne et due forme. Résigné, il ne daigna pas même sortir les mains de ses poches et se contenta de trouver un moyen d'adoucir une chute désormais inéluctable. Dans l'urgence, il improvisa un point de chute. Par manque de chance, les coordonnées qu'il avait renseigné s'avérèrent assez imprécises pour le faire réapparaître dans les airs, au-dessus de la coquille de noix que la leur avait sabordé dans les règles de l'art. Le temps qu'il se rende compte de cette erreur de calcul, il était déjà trop tard pour la corriger. L'inconvénient d'une telle rapidité de déplacement, dira-t-on. Le temps parut s'être arrêté alors que son corps défiait les lois de la gravité.

En suspension dans les airs, il n'eut que la possibilité de déglutir en se rendant compte de ce qui l'attendait. Et bien sûr, la pesanteur finit par le rattraper comme c'est toujours le cas et il s'écroula au sol de tout son poids, passant à travers le bois comme si ce n'était qu'une épaisse motte de beurre. Car oui, l'inconvénient de la téléportation est que ça n'annule pas la force de propulsion qui était la sienne au moment du décollage. Aussi, si le navire de la Marine pouvait encore être sauvé avant qu'il ne fasse son entrée, ce n'était à présent plus le cas. Un corps humain lancé à pleine vitesse peut parfois faire plus de dégâts qu'un boulet de canon et il venait d'en apporter la preuve. Non pas que ce soit par plaisir : il aurait préféré s'en passer. Mais les situations embarrassantes étaient monnaie courante quand on avait pour habitude de frayer avec des individus comme Icarus. Il avait fini par se faire à l'idée, si bien qu'il se contenta de soupirer quand il émergea des ruines du navire.

Traverser trois étages pour finalement finir à la flotte était une matinée à placer sous le signe de la banalité, avec le train de vie qu'il tolérait depuis... Quoi, deux ans ?

Alors qu'on aurait pu s'attendre à ce qu'il soit au moins contusionné, il n'en était rien. Et par miracle, ses vêtements n'avaient pas trop souffert de l'atterrissage eux non plus. Lui percer la peau demandait désormais une dextérité supérieure à la normale, mais les meilleurs couturiers n'auraient su doter sa garde-robe des mêmes facultés. Voilà pourquoi il avait dû la renouveler à maintes reprises depuis le début de leurs mésaventures. Et en ayant assez de faire plus souvent les magasins que la pire gosse de riche que cette terre ait porté du fait des inventions de son acolyte, il entendait garder ses nippes en état durablement. Ce qui, au vu de cette embardée, paraissait être plutôt mal parti. S'époussetant afin de chasser les échardes qui s'étaient réfugiées de part et d'autre de sa tenue, il fut pris d'une terrible quinte de toux qui lui fit cracher une bonne quantité de sciure de bois. Rien de très inhabituel, il avait connu pire lors des différents tests.

- Toi et tes conneries... Si on m'avait filé dix berrys à chaque fois qu'une de tes saloperies nous a pété à la gueule, j'aurais pas besoin d'être bourré de tout ce bordel en métal pour valoir trois milliards. La prochaine fois que tu veux faire de la merde avec le bateau, ce sera sans moi. C'est pas parce que j'encaisse bien les coups que j'ai forcément envie qu'on m'en mettre plein la gueule pour savoir à partir de quel moment je commence à avoir mal. Et grâce à toi on a plus de bateau maintenant. Tu fais chier.

Faisant mine de s'ébrouer, il s'empara finalement de sa veste qui, dans l'agitation, s'était retrouvée sur son crâne. Aussitôt qu'il l'eut remise en place, il chassa les derniers débris de sa chevelure avant d'enfin pouvoir s'estimer opérationnel. Par sécurité, il réalisa tout de même quelques étirements. Ce geste anodin engendra une série de craquements sourds qui en auraient dégoûté plus d'un. Jusque là, rien d'anormal : dans le panache de fumée qui avait investi les lieux, les garde-côte ne s'étaient pas rendu compte de son habile manipulation aérienne. En revanche, la série de cliquetis métalliques qui fit suite à sa série de flexions fut bien moins discrète. Pour lui, il n'y avait évidemment rien de plus normal. Il était tellement habitué à les entendre qu'il n'y prêtait même plus attention. Aussi, quand il les vit le dévisager avec des airs de vache normande et une stupidité si évidente qu'il aurait presque pu la mettre en bocal, il sentit l'agacement revenir s'emparer de lui à vive allure.

Quoi, qu'est-ce que vous regardez ? Vous voulez ma photo ? Le monsieur a dit que vous alliez devoir vous démerder pour réparer ses conneries. C'est pas en me regardant dans le blanc des yeux que vous allez arranger les choses, surtout que j'en ai rien à carrer. Et même si je devais quelque chose à une oeuvre de charité, ce serait pour vous payer des cours, que vous ayez l'air un peu moins con. Parce que là c'est juste pas possible, ça fait même pas cinq minutes que je vous ai sous le nez et j'en ai déjà plein le cul. Allez, circulez, y'a rien à voir !

Une tirade bien sentie qui l'aida à évacuer cette pointe de nervosité. Insulter les autorités dans l'exercice de leurs fonctions, ça, c'est fait. Dark ne s'était jamais privé d'exprimer le fond de sa pensée haut et fort. Or, l'histoire leur avait montré que cette manie avait un potentiel égal si ce n'est supérieur à celui des créations de son comparse quand il s'agit de semer la zizanie. Détournant ses pupilles rubis des mines hébétées pour réprimer ses pulsions meurtrières, il s'intéressa davantage au sort d'Icarus. Qui, jusqu'à preuve du sortir, s'en était tiré sans une égratignure ou peu s'en faut. Merde, encore raté. Ce n'était pas parce qu'ils avaient pactisé autrefois qu'il ne lui souhaitait que du bien. Voir une de ses cochonneries lui revenir en pleine gueule façon boomerang lui aurait procuré une joie sans borne. Malheureusement, l'inventeur avait su se montrer capable de se sortir sain et sauf de toutes sortes de situation du même acabit. Et si toute règle devait avoir une exception qui la confirme, celle-ci n'avait pas encore trouvé la sienne. Et c'était bien dommage, songea l'arnaqueur en plongeant une fois de plus les mains dans ses poches. Pour constater qu'en plus d'être trempé jusqu'à l'os et de sentir le bois mouillé à plein nez, cet instant grandiose lui avait fait perdre son paquet de clopes.

Journée de merde.
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MessageSujet: Re: Les Feux de la Révolution : Le Comeback des Champions   Jeu 5 Jan - 23:31

Dans la vie, y a trois types de mauvaise foi. Y a la mauvaise foi, la putain de mauvaise foi, et la PUTAIN de merde de mauvaise foi. Et après, un peu plus loin sur le chemin, y a Dark Ezeckiel. Ce mec était capable de vous nier le fait d'avoir une tête sur les épaules juste parce qu'il jugeait que vous en étiez pas digne. Ou le fait de pouvoir causer, parce qu'il avait décidé de s'approprier de votre langue. Vous savez, ce genre de petits trucs. Depuis un peu plus deux ans qu'il connaissait le gus, Icarus avait mis au clair qu'Ezeckiel était un type avec un fond d'enfoiré. Et il aimait ça en plus, de jouer les chieurs. Tout un départ.

Mais toutes ces considérations sur son compagnon de route devraient attendre, vu qu'ils se faisaient regarder par de plus en plus de soldats qui passaient la tête pour voir ce qu'il se passait. Fallait dire qu'ils avaient fait un brin de boucan, et plutôt que de fuir rapidement, ils étaient restés sur place pour s'envoyer des piques. Utile. Se relevant en époussetant ses vêtements, Icarus tenta de trouver une solution rapide et pratique à leur solution que le terme ''précaire'' aurait sans doute bien fait paraître. Ils étaient dans une merde potentielle réellement pas plaisante. Lui qui avait voulu se pointer sur Luvneel avec subtilité, genre à la tombée de la nuit, il était bien baisé. Et par sa propre machinerie en plus. Machinerie qui était d'ailleurs totalement hors service, à vue d'oeil. Ou en tout cas, juste la façon dont le truc était plié ne laissait rien présager de bon. Un tas de ferraille de plus qui avait rendu l'âme pour pas avoir fonctionné correctement. L'inventeur leva les yeux, matant un peu qui est-ce qui les observait. Certains étaient plus curieux qu'autre chose, alors que d'autres commençaient déjà à brandir lentement leurs armes, incertains de la conduite à adopter. Occasion!

La douzaine de marines attroupés sur le pont s'écarta en un large cercle effarouché lorsque l'un des deux énergumènes de la cale entreprit de sortir des entrailles malmenées de la frégate. Plusieurs armes braquées sur lui, Icarus acheva de se hisser sur le pont, montrant une apparente absence de force dans les bras au vu des efforts qu'il déployait pour se faire. Époussetant encore une fois ses vêtements, l'énergumène leva à demi les mains dans les airs devant les quelques soldats qui le pointaient du bout de leurs armes avec un air de plus en plus menaçant. Souriant d'un air nerveux, il était temps de voir si la négociation était encore de mise. Peu probable, mais ça valait toujours bien la peine de tenter le coup.

''Aaaah, pardon, pardon! Une erreur de trajectoire, j'vous jure que c'était un accident, on l'fera plus.''

Silence de mort. Même une mouche aurait pu passer et s'faire entendre comme une vraie salope en ce moment. Okay, on dirait que tout ça les avait pas convaincus. Même, certains semblaient avoir les doigts qui glissaient lentement vers le chien de leurs armes, ce qui laissait présager une fin pas trop agréable sur les bords. On corrige la trajectoire.

''Bon bah si vous voulez bien, on va juste débarquer et vous laisser à vos p'tites affaires, hein! On voudrait pas-''
''Bouge pas, fumier, ou j'vois à te creuser un second trou d'cul!''


Instantané. Le soldat avait fait un pas brusque en épaulant son arme alors qu'il exprimait son avis très subjectif et utile. Juste pour voir la main de sa cible voler d'un coup en attrapant son arme par le canon et la retourner d'un geste souple. L'homme était maintenant putainement silencieux, fixant le canon de sa propre arme lui viser la figure au bout du bras de l'hurluberlu en face de lui. Cette fois, toutes les armes se chargèrent, pointées sur la figure d'Icarus. Regardant autour de lui d'un coup d'oeil rapide, ce dernier émit un son agacé. Il était en train d'se négocier une scène à la mexicaine de mauvais western, à ce rythme. Sans façon, non. Faisant tournoyer l'arme, l'inventeur la démonta carrément devant les soldats en l'espace de cinq secondes. Laissant tomber les pièces à ses pieds pour finalement balancer la crosse vide de l'arme à son propriétaire légitime d'un geste à l'apparence exaspéré. Passant finalement une main sur sa hanche et une autre sur son visage, le menacé se permit de se frotter les yeux un brin dans le silence retombé.

''T'aurais pas envie de te bouger l'fion un peu, des fois? J'ai pas l'intention de me sortir de la merde tout seul avec toi qui rigole en bas.''

La question resta en suspens pendant un moment, alors que plusieurs se demandaient encore à qui il pouvait bien parler. Certains se rappelèrent alors de la présence d'un second type encore dans la cale, et trois armes se pointèrent vers la trappe sur le pont. De son côté, Icarus prenait un air davantage ennuyé que réellement menacé, allant même pousser la prétention jusqu'à fourrer ses mains dans ses poches. Des gens sur les quais commençaient à affluer, y allait falloir faire en sorte de quitter les lieux rapidement. Pour des bagarres, c'était la Marine qui se chargeait des cas, mais quand la Marine se faisait enculer... Il y avait des chances que d'autres se pointent pour effectuer le boulot, s'ils prenaient trop de temps à dégager. Luvneel était pas exactement un petit hameau sans défense. Un dernier regard de côté vers la trappe du pont toujours silencieuse de la part d'Icarus lui arracha un nouveau son empreint d'un agacement palpable. Non mais il foutait quoi, le con?

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MessageSujet: Re: Les Feux de la Révolution : Le Comeback des Champions   Ven 6 Jan - 4:15

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Non, rien à faire. Tout ce qui encombrait encore ses poches, c'étaient des bouts de bois. Et si on peut aussi y foutre le feu, il avait bien moins envie de tenter de les fumer. D'autant plus qu'avec toute l'humidité dont ils avaient été imbibés par son grand plongeon, il doutait fort de pouvoir les allumer, de toute façon. Encore heureux que ce soit Icarus qui s'occupe du budget, il remplacerait le paquet perdu à ses frais. Et en profiterait pour faire des réserves, d'ailleurs. Car comme tout un chacun le sait, le tabac est certes toxique mais a l'utilité de calmer les nerfs de ceux qui y ont recours. Inutile de dire qu'avec toutes les expériences parties en fumée ces deux dernières années, et souvent à ses dépens, Dark en était un consommateur régulier.

Se ruiner la santé et plus spécialement les poumons était tout ce qu'il avait trouvé pour se soulager de ce fardeau qu'était la compagnie de ce siphonné du bocal. Non pas qu'il compte vivre vieux, mais il était toujours bon de se dire qu'il pouvait l'incriminer d'une faute de plus selon son bon vouloir. Pour l'heure, cette idée était cependant absente de ses pensées, trop axées sur le fait de ce sortir de cette épave. Qui l'était devenu par leur faute, certes, mais cela ne rendait pas plus agréable le fait de rester à fond de cale après une chute mémorable. Ne voulant pas s'embarrasser d'une lente et pénible remontée, l'escroc se ménagea son propre passage. Et ce en créant dans la coque un second trou béant, moins de cinq mètres à côté de celui engendré par le heurt de leur frêle esquif.

Détériorée comme elle l'était, la frégate aurait sombré au fond du port avant qu'ils n'aient pu réparer les dégâts. Il leur rendait donc service en réduisant leur charge de travail une fois qu'ils auraient pour ordre d'ôter les débris de cet emplacement. S'extirpant tant bien que mal des décombres, il rallia la terre ferme d'un saut élégant, se posant non loin d'Icarus. Par chance, le savant avait fait en sorte que l'eau ne s'infiltre pas afin de ne pas détraquer sa mécanique intérieure. C'était heureux, car il était rapidement apparu que devoir l'ouvrir pour le rafistoler à chaque fois que l'envie lui venait de prendre une douche n'aurait été que peu commode.

- J'ai l'air de m'amuser, tête de noeud ? Je te rappelle que c'est à cause de tes idées à la con que je me suis retrouvé là, tu peux pas me reprocher d'avoir essayé de sauver ma peau quand tes bricolages ont commencé à tirer la même gueule que d'habitude. Faudrait sérieusement que tu prennes l'habitude de les essayer avant de les mettre en place, ça éviterait qu'on passe plus de frais dans les réparations que dans les pièces détachées. Faut vraiment être con. Con, attardé, ou alcoolique.

Et en prononçant ces paroles, il savait pertinemment que le chercheur pouvait être classé dans ces trois catégories simultanément. Ce qui lui arracha un nouveau soupir alors qu'il s'escrimait à essorer sa veste, en tordant les pans tour à tour dans l'espoir de retirer ne serait-ce qu'une infime partie de toute cette flotte. Un bain à l'eau de mer peut certes avoir des vertus reposantes mais cela exige qu'on le prenne volontairement, et pas par la force des choses et tout habillé. La quincaillerie que cachait le revers de sa veste était déjà assez pesant pour qu'il n'ait pas à tolérer en plus de cela le surplus pondéral dû à la quantité de liquide transportée. Contre son gré, en sus. La journée commençait bien, c'était le moins qu'on puisse dire.

Même maintenant qu'il était de retour à l'air libre, le cyborg n'accorda pas plus d'attention à ceux qui les fixaient de leurs yeux de merlan frit depuis leur entrée en fanfare. Les soudards avaient fini par prendre conscience de la réalité des événements et pointaient sur eux un semblant d'armement. Rien de très inhabituel ou qui ne nécessite sa concentration, pour le moment tout du moins. S'il devait compter le nombre de fois où on l'avait mis en joue, même s'il s'en tenait à ces deux ans passés à affiner leur travail d'équipe, il passerait le reste de la journée à en faire l'inventaire. Et ayant fait route commune depuis lors, ce nombre astronomique était équivalent à peu de choses près pour son comparse. Lequel ne tarda pas à démontrer qu'il maîtrisait la situation en refrénant les ardeurs de ces quelques importuns.

- Fous-toi du ma gueule. Tu vas pas me faire croire que t'as besoin que je te file un coup de main pour régler ça ? Rappelle-moi qui de nous deux a un don pour les relations humaines ? Attends, j'te donne un indice : c'est certainement pas moi. Mais bon, puisque apparemment t'es pas foutu de te débrouiller tout seul, on va régler ça à ma manière. Toi là, donne-moi ça.

Les soldats échangèrent des regards incrédules. Dans la mesure où le type avait l'air de regarder ses pieds plus attentivement que n'importe lequel d'entre eux, impossible de savoir de qui il était question. La réponse apparut pourtant comme le poing au milieu de la figure quand l'un d'entre eux se sentit visé. Au propre comme au figuré puisque le contact froid et tranchant d'une lame posée sur sa gorge devait lui confirmer son implication. D'où avait-il sorti ce cran d'arrêt ? En étant si détrempé, ses vêtements devaient lui coller à la peau, et les cacher dans ses manches n'aurait donc point pu lui permettre de s'en emparer aussi facilement. Et à vrai dire, savoir où il cachait cet attirail était le plus grand mystère à son sujet, nombre de leurs collègues s'étant déjà posé la question par le passé. Le dépouiller d'absolument tout ce qu'il pouvait avoir sur lui ne suffisait jamais à le désarmer.

Il y avait toujours un couteau planqué quelque part, prêt à l'emploi, sans qu'on puisse déterminer sa provenance. Si bien que la plupart avaient fini par lâcher l'affaire, préférant lui nouer bras et jambes pour qu'il ne puisse s'en servir plutôt que de s'interroger plus longtemps. Pas fou, le brave homme obéit calmement et lui tendit son fusil d'une main tremblante. Sans songer une seule seconde à s'en emparer, Dark happa le canon à pleine main et entreprit d'accomplir une très lente rotation du poignet. Ainsi, l'assistance médusée n'eut plus qu'à constater avec quelle délectation il était en train de plier l'acier épais du canon jusqu'à ce que le porteur originel de cette arme puisse les voir braqués sur lui. Lui ôtant alors des mains, il entreprit de donner un nouvel angle à l'ensemble de la partie métallique et pas seulement à son bout, ne tardant pas à la ployer en angle droit.

Sous leurs yeux, une carabine chargée venait de se changer en énorme boomerang de mauvais goût. Le rictus narquois au bord des lèvres, le prototype entreprit de faire passer ce nouveau jouet de main en main, dévisageant chacun d'eux. Soudain, le coup partit sans crier gare, manquant de peu de toucher l'un de ces gars en plein front et mettant à mal une coupe banane qui avait pourtant mis des années à tenir aussi bien sur son crâne. Mais si gâchis il devait y avoir, mieux valait qu'il soit d'ordre capillaire qu'à base de vies humaines.

- Oups, pas fait exprès. J'espère au moins que ça te motivera à changer de coiffeur, vieux, parce que si c'est pour se trimballer avec une gueule pareille tu ferais mieux d'investir dans un sac en papier.

Fallait-il le croire sur parole ? Allez savoir. D'ores et déjà lassé de cette petite démonstration, il ne rattrapa l'arme à feu que pour mieux l'envoyer rejoindre les poissons d'un superbe lancer, et accessoirement la carcasse de bateau sur le point de sombrer. Satisfait de son petit effet, et surtout parfaitement détendu alors que plusieurs de ces hommes l'avaient encore dans leur ligne de mire, il entreprit de réaliser quelques flexions afin d'être pleinement opérationnel. Ce qu'il venait de faire sous leurs yeux ébahis n'était pas même de l'échauffement pour lui, tout au plus une brève distraction. Mais s'ils insistaient pour voir de plus près ce que pouvaient faire ses capacités, il se ferait un plaisir de leur en donner les détails avec perte et fracas. Quand ils le virent joindre les mains, ils voulurent se rassurer en croyant à une prière de sa part, qui serait suivie d'une dernière volonté. Il n'en fut rien : tout ce à quoi ils eurent droit, c'est le craquement de ses phalanges, devant leur signifier qu'elles ne demandaient qu'à être mises à profit.
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MessageSujet: Re: Les Feux de la Révolution : Le Comeback des Champions   Ven 6 Jan - 5:42

Non mais il lui faisait quoi, avec son numéro de trapéziste effémine et son tour du plieur de métal professionnel? Il se prenait pour l'attraction du cirque qui faisait son entrée dans le coin, ou il était juste con! Parce qu'à ce rythme, ils allaient finir par devoir se coltiner le numéro des mouchoirs à l'infini pendant qu'il avalait des sabres en feu. Et honnêtement, c'était le genre de choses qu'Icarus n'arrivait à regarder qu'après avoir descendu quelques bouteilles pour rabaisser son sens de l'humour au niveau nécessaire. Et encore, c'était généralement pour balancer les bouteilles à la gueule des artistes. C'était peut-être pour ça d'ailleurs, qu'Ezeckiel avait refusé qu'ils aillent au cirque sur Karaté Island. Pourtant, les clowns en robes blanches avaient l'air classe, avec leurs ceintures noires. Il avait même vu les champions de mangeurs de tarte déambuler comme des gros porcs, et des p'tits danseurs de ballet aux airs un peu tapette. Et l'autre glandu, il l'avait privé de tout ça! Non mais si c'est pas être un enfoiré de première.

Et pourtant, ça passait derrière la connerie qu'il venait de prononcer. Pardon? Il venait pas d'insulter ses créations là, la tête de merde? Non mais c'était toujours pas sa faute si ses concepts étaient pas foutus de suivre ses plans d'origine, hein! Après quoi, il allait lui dire que c'était d'sa faute!? Qu'il avait mal monté ses machines et que c'était à cause de sa manie de picoler sur le boulot qu'il voyait la moitié de ses créations lui péter à la gueule? ET PIS QUOI ENCORE!?

'' PARDON!? J'te permets pas de causer sur ce ton de ce que je fabrique, espèce de blanc bec de merde! Sans ma gueule, tu serais encore à croupir en taule comme un connard, alors du vas me faire le plais- ''
'' Heu...on vous dérange, peu- '', les mots s'arrêtèrent, interrompus par un pied vengeur.
'' Ouais tu déranges, alors ta gueule! Donc, comme j'disais : t'as intérêt à la fermer sur c'que j'fais, parce que tout ce que j'ai créé, j'peux l'envoyer à la casse! Et ça t'inclus dans le lot, compris!? ''


Un air furibond sur le visage, Icarus pointait un doigt frénétique vers l'expression de suffisance qu'arborait en permanence Ezeckiel. Un silence tendu retomba encore une fois, les soldats semblant visiblement de plus en plus déroutés par ce qui se déroulait devant leurs yeux depuis tout à l'heure. L'un d'eux s'était pissé dessus de rencontrer sa carabine face à face, un autre pleurait sa coupe banane si chère à son coeur. Quand au troisième, il venait de foutre le camp, peu intéressé à éventuellement combattre sans l'usage de sa carabine. Mais après, ça empêchait pas qu'il y avait une autre dizaine de soldats qui les pointaient encore avec leurs gros canons chargés à bloc. Hum...de quoi laisser perplexe. Bref. Loin d'être habité par l'envie de déjà s'adonner à une baston fournie alors qu'ils venaient d'arriver sur l'île en démolissant leur seule embarcation, il allait falloir une idée rapide à Icarus pour se sortir de la merde. Et puis ça valait encore mieux que de laisser l'autre pompeux faire son p'tit numéro. Oui bon, c'était une démonstration de ses talents à lui à chaque fois, mais c'pas grave, il avait pas envie de se battre. Pas sans un bon verre dans le nez.

Regardant le ciel un moment, les mains retournées dans ses poches, l'inventeur laissa un sourire se porter à ses lèvres. Dans le silence qui régnait sur le pont, un sifflement léger et enjoué s'éleva lentement. Icarus s'était mis à siffler un air, un air enfantin. Une petite chanson que n'importe quel marin avait pu entendre au moins une fois dans sa vie, c'était certain.

'' Il était un, petit navire, il était un petit naviiiire... ♫ ''

L'espace d'un moment, la tension alla jusqu'à se relâcher alors que les têtes se tournaient toutes vers Icarus. Probablement avec des airs de ''Mais qu'est-ce qu'y nous fait, là?'' sur les tronches déconfites de son public de fortune. Les mains toujours empochées, le chanteur continua à fredonner son air avec gaieté, tout en avançant à pas mesurés en direction d'Ezeckiel. Il semblait à la fois pensif et joyeux tout à coup, contrairement à l'éclat de furie passagère qu'il leur avait fait même pas une minute auparavant. C'était à n'y rien comprendre.

'' Qui n'avait ja-ja-jamais naufragé... ♫ ''

Et il arriva à la hauteur d'Ezeckiel en achevant sa démarche d'un pas sec sur la surface dure du pont. Le regard dans le vide un bref instant, il pencha finalement la tête sur le côté en direction de son compère, un sourire narquois sur le visage. La bulle avait éclaté dans la caboche, les explosions allaient s'ensuivre. Tant pis pour l'entrée subtile hein, elle était déjà foutue en l'air depuis cinq minutes de toutes façons. Autant finir la scène d'une belle manière. Soudain, sa main droite se retrouva dans les airs, montrant clairement aux gardes à côté d'eux quelque chose qu'ils avaient omis de remarquer. La dite main, de ce qu'ils en voyaient, était gantée de noir, et recouverte de décorations métalliques ondulantes. Et en ce moment, les décorations semblaient briller, voire même vibrer. On les aurait crues animées d'une vie propre. Les armes se braquèrent toutes d'un coup, décidées maintenant à faire feu devant une menace plus qu'évidente. Dommage, trop tard.

'' OHÉ OHÉ! ♫ ''

Le bateau se fissura d'un coup dans un craquement sinistre et sonore, déjà bien amoché par l'orifice béant qui faisait honneur à son flanc. Un bruit d'éclaboussement, plusieurs hurlements à la fois surpris et terrifiés des soldats qui n'avaient pas vu venir cette conclusion. Les quelques marins, ouvriers et passants qui avaient commencé à se rapprocher craintivement des lieux détalèrent pour de bon cette fois, fuyant devant les morceaux de bois qui volèrent quelques secondes après la détonation. Écartelée en son centre, la frégate n'avait maintenant plus grande fierté à démontrer alors qu'elle descendait lentement dans l'eau. Au travers de la fumée et du vacarme, une forme effectua quelques sauts, pour finalement se lancer de la proue surélevée du défunt bâtiment naval pour rejoindre les quais quelques mètres plus loin. Insensible au fracas derrière lui, l'homme sortit un objet de sa poche de veste, et le porta à ses lèvres en craquant une allumette. Savourant la première bouffée de sa pipe, Icarus éteignit l'allumette en se tournant à moitié pour voir la carcasse de la frégate finir de sombrer dans les eaux. Il prenait son temps à se ramener, ce mou d'la cervelle. Bah, ça lui laissait le temps de faire le point sur ses idées.

Dans les faits, il allait falloir adapter leurs plans un peu, vu que l'entrée discrète venait de se prendre un uppercut sauvage dans les gencives. Bah, quitte à se retrouver sur Luvneel en plein jour aux finales, ils auraient qu'à faire quelques courses et menues activités en attendant de reparaître de façon bruyante. Après ils auraient tout le loisir de refaire un nom à la Révolution dans le coin, parce qu'il fallait dire qu'elles en avaient bien besoin. Toutes les deux, la ville et la Révolution. Et pis avec ce plan, il aurait le temps de trouver une bonne bouteille. Il en avait bien besoin. De ça, et d'une belle femme aussi.

Ouais, bon plan.

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MessageSujet: Re: Les Feux de la Révolution : Le Comeback des Champions   Ven 6 Jan - 6:45

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La création en question leva les yeux au ciel. C'était tout Icarus, ça. Dès qu'il se permettait de critiquer sa camelote, il se recevait en pleine figure l'argument comme quoi il en faisait partie intégrante. Et bien... Oui. Il fallait l'avouer. Et le plus souvent, le caïd en venait à rétorquer qu'il en fallait bien une qui se démarque du lot sans quoi son titre de scientifique serait sorti tout droit d'une pochette-surprise. Et même si ces joutes verbales ne se passaient jamais sans une bonne cuillerée de mauvaise foi de chaque côté, il n'en pensait pas moins. Un coup d'oeil en arrière suffisait à prouver que la majorité des engins issus des blanches mains du dégénéré s'étaient auto-détruites. Peu importe qu'elles soient destiné à cuire une tranche de pain sans effort ou à rayer une ville de la carte de la même manière, la finalité était identique. Elles mettaient fins à leurs jours sans avoir servi à leur usage initial, ou que très brièvement.

Le moteur un peu trop gonflé à bloc à l'origine de leur présence ici le laissait d'ores et déjà deviner. Mais personne mieux que lui ne pouvait attester de la dangerosité de ces produits, qui une fois entre les mains de l'inventeur finissaient tous par acquérir des propriétés explosives ou tout du moins hautement inflammable. Une constante qui lui avait valu bien des déboires et des débuts incendies si grandiloquents qu'ils avaient investi dans une réserve d'extincteurs au format industriel. Les brûlures dont on l'avait torturé lors de sa capture par les forces de l'ordre n'étaient rien à côté de celles auxquelles il avait eu droit depuis qu'il travaillait en association avec ce dangereux psychopathe. Parce que quand tout ce dont on se revendique l'auteur peut causer la mort de plusieurs personnes rien qu'en appuyant sur le bouton d'allumage, il y a quand même matière à se demander si ce n'est pas par un fait exprès.

Oh, ça va, ta gueule. De toute façon t'as pas besoin d'envoyer tes bidules à la casse, ils le font très bien tout seuls. La preuve.

Du pouce, il désigna les restes de ce qui était encore un fier navire avant leur arrivée. Pas une fois il n'avait nié le génie d'Icarus, même s'il n'irait pas le reconnaître non plus. Son esprit était brillant, ça ne faisait pas un pli. Mais le fait était qu'il ne savait pas s'en servir, ou que très rarement. Trop, à vrai dire. Et il pensait à juste titre être l'une des rares fiertés du savant, même si ce dernier regrettait bien souvent d'en avoir pourvu le seul type au monde qui lui exprimerait sa reconnaissance en lui en mettant plein la gueule pour pas un rond. Passant une main sur sa nuque, il la fit craquer en pestant contre la maladresse du docteur Frankenstein, comme un se plaisait à le surnommer. Et bien évidemment, leur situation en faisait alors sa créature. Une image qui ne le dérangeait pas outre-mesure tant qu'on ne lui demandait pas de trembler comme une feuille dès que quelqu'un allumait une bougie et d'aller vers les gens d'un pas lourd et en poussant des grognements de bête sauvage.

Il laissait cela à Icarus quand il était mal réveillé, ou n'avait pas eu la chance de se remplir d'alcool à ras-bord la veille au soir comme il le faisait d'ordinaire. Car oui, la blouse blanche faisait partie de ces personnes qui souffrent de leur état d'ivresse non pas quand ils ont un peu trop abusé sur la bouteille, mais justement quand ils ne l'ont pas fait. C'était malheureux à dire, mais lui demander d'être sobre n'aurait su que lui causer une gueule de bois mémorable et les effets indésirables sous l'emprise desquels n'importe quel mec bourré se retrouvera. On pouvait donc lui reprocher de boire comme un évier quand il s'enfermait dans son atelier, mais Dark avait très vite compris que le problème ne venait pas de là. Non, le souci, c'est qu'il avait affaire à un tordu qui se laissait distraire par le premier joli petit cul qu'il voyait passer par la fenêtre tant et si bien qu'il s'en mélangeait les pinceaux dans ses branchements.

De fait, les ustensiles de sa fabrication avaient tendance à marcher beaucoup moins bien après. Ce n'était pas pour rien que le faussaire évitait autant que faire se peut de le laisser toucher à sa machinerie depuis qu'ils avaient été lâchés dans la nature. Si à ce jour il n'avait pas encore disparu dans une déflagration digne d'un champignon atomique, c'était uniquement parce qu'au moment de le rendre un peu moins humain, le chercheur s'était cloîtré des jours durant dans une pièce sans porte ni fenêtres – ayant réussi à perdre la clé de la première avant de la claquer. Enfin, il fallait quand même lui reconnaître des heures de gloire qui étayaient sa réputation dans le milieu. Le gant qu'il était en train de brandir en était d'ailleurs un bon exemple, et s'il conserva une mine neutre en le voyant sortir au grand jour, Ezeckiel n'était pas moins en train de s'en réjouir intérieurement.

- Permettez ?

Avant que le soldat le plus proche n'ait eu le temps de lui répondre, il avait trouvé le moyen de lui faire les poches pour lui piquer sa boite à cigare. Celle-ci n'en contenait plus qu'un, mais c'était amplement suffisant. Ce n'était certes pas aussi savoureux que sa marque de clopes bon marché habituelle, mais cela devrait pouvoir faire l'affaire en attendant qu'il refasse le plein. Dégainant son briquet, toujours en état de marche par l'opération du Saint-Esprit, il s'en servit pour allumer le havane. L'âcre panache de fumée se mêlé à celle provoquée par Icarus alors qu'il se donnait en spectacle, usant et abusant de son petit matériel au nez et à la barbe de ces pauvres glandus. S'emplissant les poumons de ces bouffées mortifères, le garde du corps improvisé esquissa une parodie de salut militaire alors que les décombres s'enfonçaient dans les eaux boueuses et pleines de microbes de l'oubli. Ôtant le cylindre de sa bouche un court instant pour en chasser quelques cendres, il prononça d'une voix de stentor la réplique qui lui brûlait les lèvres sans qu'il ne sache pourquoi.

J'adore quand un plan se déroule sans accroc ! Bah alors ? Applaudissez, bande de larves ! On vous a jamais appris que c'était pas poli de rester là à rien dire quand un type se donne la peine de vous faire voir un joli spectacle ? Non mais qui m'a foutu des clampins pareils, je vous jure... Faut vraiment tout faire soi-même ici.

Dark avait en effet applaudi tout au long de cette prestation qui en laissa plus d'un bouche bée. Une parfaite diversion pour ce qu'il était en train de préparer. Car bien sûr, pour qu'il fasse gratuitement l'éloge de son compagnon de voyage, ce ne devait pas être anodin. À plus forte raison qu'il savait pertinemment que s'il exigeait un paiement en contrepartie, et ce uniquement après l'avoir fait, il n'en verrait jamais la couleur. Non, quand il se tourna vers eux, ce ne fut que pour mieux découvrir la lumière douloureuse qui brillait au creux de sa paume. Un éclat qui n'avait rien de rassurant, surtout quand celui qui en était à l'origine n'avait sur lui aucun objet qui soit susceptible de lui fournir de l'éclairage. Un rictus sadique fendit ses lèvres avant qu'il ne tende l'index vers eux dans un sifflement plein d'entrain, caricaturant un pistolet.

Inutile de dire que la mélodie rythmée de celui-ci se perdit dans le fracas assourdissant qui eut lieu lorsqu'il fit feu, projetant un large faisceau lumineux droit devant lui. Il en avait volontairement baissé l'intensité pour ne pas faire de victimes... Ou pas trop. Pourtant, un sillon fumant était apparu dans le sillage de cette décharge. Ceux qui n'avaient pas été emportés par son souffle brûlant étaient en partie rissolé tandis que les derniers écarquillaient les yeux tant et si bien qu'on les aurait cru prêt à jaillir de leurs orbites. Levant l'index au niveau de son visage, il souffla dessus comme on le ferait pour le canon d'un revolver qui vient de remplir son rôle. Quand il fit mine de lever les mains en l'air, son air moqueur ne laissa aucun doute quand à la véracité du doute qui n'avait pas même eu le temps de s'installer. Et en effet, il était venu les mains vides, ayant même empoché le couteau qu'il exhibait encore un instant plus tôt.

- Vous avez vu ? Moi aussi je peux le faire, et j'ai même pas besoin de gant ! C'est pas beau la vie ? Alors, je vous en remets une couche ou vous allez gentiment dégager avant que je décide d'organiser un barbecue pour vous écraser la tronche sur le grill ? Hormis le fait que vous ayez des gueules pas possibles, j'ai rien contre vous, et si j'étais vous j'essaierais de m'arranger pour que ce soit pas prêt de changer. Parce que dans le cas contraire, vous allez le regretter, croyez-moi. Allez, barrez-vous avant que j'en prenne un pour taper sur l'autre. Si vous revenez nous rendre visite, tâchez de me ramener un cocktail local au moins, que vous veniez pas nous gâcher le paysage pour rien.

En dépit des airs de menaces qu'il donnait à ses paroles, il redevint parfaitement serein, rangeant une fois de plus ses mains dans ses poches. Ce n'était que du menu fretin qu'il pouvait faire battre en retraite sans avoir besoin de les en sortir. S'il s'était donné la peine de faire état de ses performances avec cette petite participation à la démarche de son compère, ce n'était que pour les aider à comprendre ce qui les attendait s'ils restaient là avec leurs flingues à l'air. Autrement dit, rien de bon. Tout en les tenant en respect sans pourtant faire quoi que ce soit de spécial, il jeta un discret coup d'oeil à Icarus, lequel s'obstinait à fredonner même si l'embarcation avait été envoyée par le fond depuis déjà plusieurs minutes.

- Eh, l'ahuri ! Tu comptes y passer la journée ? J'ai pas que ça à foutre de m'occuper de tes invités je te signale, on est pas venus ici pour refaire la décoration. Donc t'es gentil, tu la boucles et tu m'aides à faire dégager ces tocards avant que je m'énerve. Les bonnes manières ça va bien cinq minutes, j'ai pas signé pour être assistante sociale. Alors ramène ton cul par ici et explique-leur que je commence à en avoir plein le cul avant que je le fasse moi-même, vu ?
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MessageSujet: Re: Les Feux de la Révolution : Le Comeback des Champions   Ven 6 Jan - 7:42

Feu, feu, joli feu...♫

La belle luminosité rougeâtre qui éclairait le dos d'Icarus avait le don de lui donner un élan de nostalgie bien plaisante à voir se pointer. Un peu comme les soirs où il allait sur le toit du laboratoire admirer le coucher de soleil après avoir prétexté devoir aller chercher des documents. Les engueulades de ses subordonnés qui refusaient de croire le besoin de partir une heure et demi pour deux rapports dans la pièce d'à côté en valaient bien la peine. Et puis, les teintes rosées et ambrées qui se projetaient sur les murs et le sol devant l'inventeur lui plaisaient bien. Planté là, les mains dans les poches en tirant quelques bouffées d'une fumée apaisante et pleine d'arômes, il vivait un bon moment. Il aurait juste fallu une bouteille de bon brandy pour souligner l'occasion.

Mais comme d'habitude, y avait Ezeckiel pour se ramener la gueule en frustré de la vie et gâcher le moment. Le voilà qui s'amusait à jouer les escouades anti-émeute à lui tout seul, menaçant comme un attardé l'ensemble de la foule qui se rameutait malgré le craquement des flammes naissantes tout près. Ce qui était bizarre, maintenant qu'il y pensait, vu qu'ils n'avaient utilisé aucun moyen pouvant allumer quoi que ce...ah non. Ezeckiel l'avait fait, à se la jouer les cons avec son doigt magique. Il avait sans doute effleuré un stock de poudre, ou quelque chose du genre. Ce qui allait sans doute déclencher une détonation. Une autre. Ah bah oui, il pouvait même la voir d'ici, la trainée de poudre qui grésillait jusqu'à rejoindre les...trois barils quatre ou cinq mètres plus loin? Oulah, ça allait faire du boucan, ce truc. Sans un mot devant la harangue agressive de son compagnon de route de longue date, l'inventeur se contenta de reculer de quelques pas, fumant silencieusement sa pipe. Il eut d'ailleurs le chanceux réflexe de mettre sa main devant cette dernière au moment où les barils explosèrent dans un boucan de tous les diables ; le coup de vent causé par la déflagration l'aurait bien éteinte, quoi. Ce ne fut qu'après que l'explosion soit passée qu'un éclair de génie passa subitement au travers du crâne d'Icarus.

'' Hem, je suppose que j'aurais du prévenir? ''

Curieusement, cette déclaration lui valut de nombreux regards furibonds dans la seconde. Eh, quand on est pas attentif, on morfle, voilà tout. Faut pas en vouloir au mec qui a vu venir le coup juste parce qu'on a morflé comme des cons. Et pis personne n'avait été blessé, la majorité semblaient juste avoir été projetés au sol par la déflagration, ils s'en sortaient plutôt bien.

Cependant, un bruit distinct allait empêcher le vil détesté du public de s'attarder plus longtemps sur la question. La Marine. Environ cent-cinquante mètres plus loin, une trentaine de soldats bien équipés venaient de faire irruption depuis une rue adjacente. Et à voir le pas de course pressé qu'ils adoptaient, leur destination était évidente, et surtout pas utile pour les deux compères. Sans demander son reste, Icarus entreprit donc de tourner les talons, rapidement dirigé par son esprit vers une rue étroite qu'il apercevait tout près. Les grandes rues, c'était des pièges à con, ça faisait que laisser de la place pour davantage de soldats dans les barrages. Alors autant prendre les ruelles, ou les coups de coude et les coups de boule étaient aussi courants que les rats mal nourris. À noter que ce qualificatif pouvait s'appliquer aussi bien aux résidents qu'à la vermine. Il fallait juste espérer qu'ils ne rencontreraient pas trop de ces... Icarus s'arrêta brusquement, ayant parcouru à peine dix mètres dans la ruelle qu'il avait choisie. Fixant le vide devant lui, il jeta un oeil autour de lui, perplexe. Tournant par la suite les talons, il se retrouva finalement à l'entrée du port, fixant un point précis d'un regard concentré. Le bras droit se leva, soutenu du bras gauche, les jambes en appui. Pour faire une histoire courte, la plate-forme suspendue à une chaîne à environ cinquante mètres du tireur alla embrasser le sol d'une façon pas très flatteuse pour ce qu'elle contenait. Caisses, coffres et biens personnels allèrent se répandre en une marée déferlante, allant même défoncer la figure de deux des gardes à l'avant du groupe en approche qui freina devant l'imprévu. Quand à Icarus, il baissa les yeux, un air naturel et serein au visage, pour dévisager Ezeckiel un bref instant.

'' Bah tu viens, ou quoi? J'ai pas l'intention d'trainer ici toute la journée, j'te signale. ''

Sans plus attendre de réponse à la suite de sa demande, il partit cette fois sans s'arrêter. De toutes façons, son jeunot de compère était parfaitement capable de le rattraper, au vu de ses capacités de déplacement. Il le savait bien : après tout, c'était lui qui l'avait mis au point. Ça, et la plupart des pièces mécaniques qui composaient le corps du jeune homme. Fallait bien avouer qu'il s'était amusé, quelque chose de fou au fur et à mesure qu'il avait ajouté des trucs à Ezeckiel. Mais après tout, il avait jamais réellement rechigné, alors ça voulait dire que c'était bon, non? Ou alors c'était à cause de l'anesthésie, allez savoir. Bah, c'est des trucs qui sont pas utiles à savoir à la longue. Toujours est-il que sur ces pensées, Icarus finit par émerger d'une rue parmi tant d'autres au beau milieu de ce qui semblait être une place marchande. À la bonne heure! Passé le patatras des explosions et des gardes avec un mat entier dans l'fion, place aux joyeux lurons qui jouaient leur jeu d'acteur pour faire passer leur marchandise pour de la qualité.

Passant entre les étals en s'arrêtant pour chopper un peu d'herbe pour sa bonne pipe, Icarus put admirer aux finales des produits qui semblaient pas tant être de la camelote que ce qu'il aurait pensé. La vache, c'est qu'ils avaient du vrai matériel dans le coin, la classe! Même un métallurgiste, un ingénieur compétent, des fournisseurs de toutes sortes et...oh bordel. Le mouvement d'Icarus fut figé sur place, pour finalement se tourner face au bâtiment qui causait un émoi grandissant sur sa personne. Un bâtiment grand, aux airs carrément puissants, avec une pancarte suspendue disant ''Chez Ambroise'' au dessus de la porte. Une auberge digne de ce foutu putain d'merde de nom! L'inventeur écarta les bras, comme pour embrasser cette vision bénie, finissant ensuite par joindre les mains. Il en aurait presque versé une larme pour un peu. Des larmes d'homme hein. Et pour couronner le tout, la porte ouverte put le laisser voir une serveuse aux formes de déesse du Sud passer avec un plateau de choppes remplies.

Il l'avait trouvé. Le putain d'Paradis!

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MessageSujet: Re: Les Feux de la Révolution : Le Comeback des Champions   Ven 6 Jan - 9:29

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Semblable à un gamin à qui on vient de taper sur les doigts, Dark agita la main, ses traits matérialisant un semblant de grimace. Tirer des rayons de ce genre aidait à faire dans le sensationnel, mais il n'était pas encore tout à fait au point à ce niveau. Trop en faire usage risquait de lui nuire, et il préféra s'en tenir là. Et puis, il ne cachait pas nourrir l'espoir que ce bref aperçu soit plus qu'il n'en faut pour les dissuader de voir ce que pouvait produire sa pleine puissance. Dès lors, ce fut la débâcle la plus totale, l'odeur de la poudre qu'il venait de faire sauter sans l'ombre d'un scrupule se répandant dans l'air. Le parfum d'un chaos admirable dont ils étaient les auteurs, et c'était diablement jouissif. Trop longtemps ils avaient dû faire profil bas pour éviter que le passé ne les rattrape, mais il était maintenant temps de tomber les masques et de faire part de leur grand retour. Et ce n'en étaient que les prémices, il en aurait donné sa parole. Soupirant d'aise, il scruta le foyer d'incendie qui s'était déclaré depuis le bateau, et qui depuis n'avait eu de cesse de se propager.

- Allumeeer le feu... ♫

Ces nuances chatoyantes lui mettait du baume au coeur. Il était fort dommage que le public de leur première représentation ne soit fait que de pareils crétins, mais on ne pouvait pas tout avoir. Et puis tant qu'ils allaient répéter ce qu'ils venaient de voir en n'omettant aucun détail, il pouvait avoir la quasi-certitude que très bientôt, ils auraient droit à des invités de marque. Et puis, il était impératif de garder à l'esprit de ne pas être trop gourmands. Si on leur envoyait le haut de gamme d'entrée de jeu, ils pourraient se retrouver en difficulté. Une possibilité que Dark n'aimait pas avoir à admettre, mais c'était pourtant la stricte vérité. En tout cas, ce n'était pas ce troupeau d'abrutis qui allait poser problème. Dépassés par les événements, ils y étaient aussi réactifs qu'une collection de pots de fleur en céramique vidés de leur contenu.

Avec autant de légumes dans la marine, c'était à se demander comment ils n'avaient pas songé à mettre en place un potager. Mais ce n'étaient pas ses affaires. Ce qui l'était beaucoup plus, en revanche, c'était que la cavalerie soit sur le point d'arriver. Le message était clair, le moment était venu de plier bagages et de les laisser sur ce souvenir impérissable. Le royaume de Luvneel, connu pour sa tranquillité, allait devoir apprendre qu'elle était désormais menacée. Il suivit Icarus jusqu'à un certain point, lisant dans un regard de connivence que le savant fou n'en avait pas encore terminé avec ses penchants pyrotechniques. Et il ne regretta pas le moins du monde de lui avoir emboîté le pas en voyant avec quelle maestria il fit en sorte que les derniers vestiges du port ne soient plus que ruine. Dire qu'il semblait bien parti pour résister aux outrages du temps. C'est quand même ballot.

- M'attends pas, un truc à finir.

Laissant son complice partir devant, il entreprit de faire un détour. Le scientifique devait d'ores et déjà savoir qu'il avait une idée derrière la tête et n'y renoncerait pas avant de l'avoir mise en pratique, et de préférence en ayant aggravé son cas dans la foulée. Et si c'était sa pensée, il ne s'y serait pas trompé, car il aurait été malaisé de ne pas distinguer la malveillance qui luisait à présent au fond de ses yeux rubis. Slalomant adroitement entre les obstacles qui jalonnaient sa route, il se hâta de gagner l'un ds bâtiments les plus proches. Avant même qu'ils n'échouent sur cette île, il avait repéré l'un des entrepôts situés à proximité. L'un d'entre eux contenait une réserve de feu d'artifices, réservé aux grandes occasions. Et sans consulter qui que ce soit, il avait choisi de décréter qu'une entrée en scène aussi réussie, ça se fête.

- Ce serait dommage de se priver. Avec les compliments de la maison. ricana-t-il sans que personne ne puisse l'entendre.

La suite se devine aisément, mettre un briquet entre les mains d'un individu aussi dangereux était sans doute la pire chose qui puisse arriver en ce monde et, par malchance, il avait fallu qu'il se mette à la clope. Triste fatalité. Une poignée de secondes plus tard, le ciel était constellé d'une multitude d'éclats colorés, les crépitements s'y succédant à un rythme effréné. Tout ce qui avait été mis de côté allait y passer s'ils ne se pressaient pas d'éteindre le feu, mais mettre un terme à celui qui était en train de grignoter le port était peut-être plus urgent à moins de vouloir investir dans un chantier de reconstruction. Une telle zizanie faisait plaisir à voir. Et les coupables seraient déjà loin quand enfin les autorités pourraient prétendre contrôler la situation. Connaissant ses limites sur le bout des doigts, Dark était conscient d'être parfaitement en mesure d'échapper à la milice. Parce que même si ce n'était que de dix mètres en dix mètres, quand c'était instantané, ça ne demandait que quelques secondes pour donner une avance irrattrapable. Et en se félicitant de faire si bon usage de ses « pouvoirs », il faillit éprouver une once de reconnaissance à l'égard de celui qui l'en avait doté. Presque. Une autre fois, peut-être.

Là où Icarus s'était engouffré dans la venelle la plus proche, lui avait préféré passer par les toits. Peu de gens penseraient à vérifier à cet endroit de prime abord, et encore moins ceux qui sont supposés être inaccessible. Un mot qui ne voulait pas dire grand chose quand on avait des facultés comme les siennes, avouons-le. Et c'est bien pour cette raison qu'il n'était pas question de forcer l'allure, se contentant de se promener à cette hauteur, sautant parfois dans le vide pour rejoindre la bâtisse suivante. Et personne pour s'en douter. Il ne demandait pas mieux. Une bonne chose de faite. Après s'être défoulés de la sorte, ils avaient bien mérité un peu de repos. Non pas qu'ils en aient réellement besoin, mais il avait appris à connaître Icarus ces dernières années, et aurait pu jurer par avance qu'il allait le tanner pour entrer dans le premier bar qui aurait le malheur de croiser sa route.

Et il n'en sortirait plus avant de l'avoir dévalisé, pouvant aller jusqu'à laisser une ardoise qu'il n'épongerait bien sûr jamais au grand jamais. Une routine qui le laissait indifférent, et dont il devait admettre profiter de temps à autre en faisant croire à l'inventeur qu'il s'était débrouillé seul pour accumuler des dettes de cette envergure. L'avantage de mieux tenir l'alcool que la plupart ds gens et d'être sobre quand les autres roulent déjà sous la table, c'est qu'on peut leur faire gober n'importe quoi. Et puis il ne lui en voudrait pas ; ce qu'il ne savait pas ne pouvait pas lui faire de mal. Et à force de passer de toit en toit, il finit par rattraper l'énergumène. Il fallait dire qu'un grand con habillé en mauve des pieds à la tête, c'est pas fait pour la discrétion. Ce qui, il est vrai, faisait bien son affaire pour le coup. Une étincelle de malice dans le regard, il prit son élan avant de passer par-dessus la rambarde.

Cette fois, il ne souhaitait plus continuer sa route à mi-hauteur, mais en descendre pour retrouver son camarade égaré. Et puisqu'il fallait lui faire savoir qu'il avait fini par lui tomber dessus, autant que ce soit au sens premier du terme. Ainsi s'écrasa-t-il sur son dos à pieds joints, le propulsant avec force à l'intérieur du troquet au centre de toutes ses convoitises. Tout l'intérêt du penchant prononcé d'Icarus pour la boisson, c'était qu'il pouvait repérer un bar à cent mètres à la ronde rien qu'au parfum d'alcool frelaté et se focalisait alors entièrement sur cette destination. De quoi baisser sa garde assez longtemps pour lui jouer un mauvais tour de son cru comme il venait de le faire non sans s'en réjouir, glissant sur quelques mètres au moyen de ce support de chair et de sang. Comme quoi les tarés, ça n'a pas son pareil en matière d'aérodynamisme. Une entrée remarquée avait le mérite d'attirer l'attention, y compris celle des serveurs. Un gain de temps considérable.

- Faites pas attention à nous, on fait que passer. Vous auriez pas un tonneau en trop par hasard ?
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MessageSujet: Re: Les Feux de la Révolution : Le Comeback des Champions   Ven 6 Jan - 10:48

'' Mettez-en deux! ''

Vol plané, quadruple tonneau, rebondissement sur le ballon de plage qui faisait office à un poivrot dans la trajectoire, pour finir le haut de la figure contre un rebord de table. Et étalé par terre, appuyé sur une table renversée pour le finish. Si c'est pas de l'art, ça. Mais peu importe les trucs qui lui arriveraient, il faudrait lui couper la langue, les bras et les jambes pour empêcher Icarus de commander sa potion de vie par excellence. Rien ne saurait le distraire de...olà, mis à part peut-être les jolies jambes de la serveuse brunette qui passait. Si bien que d'un air déterminé à demi-sérieux, l'inventeur s'en retrouva presque à se laisser tomber au sol pour suivre des yeux la paire de cuisses qui avait attiré son attention. Mais c'que le monde est beau, sérieusement. Tout en se relevant, Icarus avisa les regards réprobateurs des types dont il avait bousillé la table. L'une des pattes plus précisément, dont il manquait un morceau. Un instant perplexe, l'énergumène empoigna une choppe vide d'un haussem ent d'épaule, releva la table et disposa la choppe à l'envers pour ensuite remettre le reste de la patte cassée par dessus. Après quelques bonnes claques sur la rescapée, il se contenta d'un sourire guilleret aux hommes concernés, avant de se diriger vers le comptoir.

'' Patron! J'vous prend un brandy bien foutu, et laissez la bouteille! J'suis d'humeur à fêter! ''

Et rien de plus pour faire naître une lueur d'intérêt dans l'oeil de vitre d'un barman ennuyé par sa routine quotidienne. L'archétype du mec enjoué à plumer, tout le monde connaissait ça, et de façon très intime. Les proprios les chouchoutaient. Les femmes les courtisaient. Et les bandits tentaient de leur soutirer du blé en leur mettant une lame aux burnes. Après, le gros du jeu consistait à déterminer qui dans l'assistance du bâtiment allait remplir quel rôle. Les serveuses entraient dans la catégorie des allumeuses sans problème, à se trémousser de cette façon. Cet endroit devait être le bar de qualité du district, pour se chopper toutes les belles donzelles de vingt ans à forte poitrine. Après, c'est ce qui fait que la moitié de la clientèle revient. Quand à l'autre, elle s'est simplement fait mettre dehors auparavant par le gorille aux airs menaçants sirotant son verre dans un coin, derrière le bar. La sécurité était sur les lieux, noté. Et finalement, pour ce qui était de la question des braqueurs, bah... y avait bien assez de poivrots, de joueurs malchanceux et de défoncés pour remplir les places disponibles. Bref. Le barman était déjà là, il manquait plus qu'à voir qui des jolies filles ou les truands aux gueules de trolls qui arriveraient en premier. Et la réponse tarda pas à pointer le bout de son nez, alors qu'un beau gros tas d'chair, un musculeux bien noueux qui devait faire dans les deux-cent kilos pour deux têtes de plus qu'Icarus vint s'accouder au bar avec une trogne de fouteur de merde. Tiens donc.

'' Eh mon gars, t'as une minute? ''
'' Hm? Pardon? ''
'' J'voulais voir si tu serais assez sympa pour payer un verre à un mec en manque de bonne liqueur, t'vois c'que j'veux dire? ''
'' Bah certainement, mon vieux. Attend, j'choppe mon pognon. ''


Leurs gueules à tous disaient ''Mais quel cruche de merde, ce type!'', c'était tout juste s'ils le mettaient pas sur des pancartes pour faire plus évident. Certains avec un sourire moqueur, d'autres carrément avec un début de rire. Mais plus particulièrement le gros balourd qui lui faisait face, lui qui semblait se délecter du moment tout en caressant le manche de son couteau de chasse d'un air subjectif. Ah, il voulait jouer à voir qui avait la plus grosse, hein? Grand bien lui en fasse. Soulevant le sac qu'il trainait constamment en bandoulière, Icarus ouvrit le dit sac pour commencer à en fouiller le contenu, soulevant quelques regards intéressés par la même occasion. Lesquels se retroussèrent en voyant les armes commencer à sortir du sac. Car au fur et à mesure qu'il cherchait, l'arsenal d'Icarus semblait se dévoiler avec une ampleur dérangeante pour plusieurs. Trois carabines courtes modifiées, deux pistolets, un sabre affublé d'une sorte de mécanisme pas très net. Le tout suivi du dernier joujou d'Icarus : un projet de canon portatif, à mi-chemin entre l'armement du même nom et l'arme à feu. Un truc sans doute plus pour Ezeckiel qu'autre chose, faut dire. Mais le look high-tech et visiblement dangereux de la chose, alliée au reste, sembla curieusement dissuader plusieurs regards. Y compris le gros de devant, qui cherchait maintenant une échappatoire plus qu'autre chose.

'' Hem...tu sais, finalement, j'crois que j'vais m'en sortir. ''
'' Ah bon? Sûr? J'suis sûr que j'ai mon fric quelque part là-dedans. ''
'' Ouais, ouais. Ça va aller, d'ailleurs faudrait que j'aille aux chiottes. ''
'' Hem...ça c'est la porte de sortie, hein! Les chiottes sont d'l'autre côté! ''
'' Ouais d'accord, bonne journée aussi! ''


Et le voilà qui décollait comme un lapin avec le feu au bout de son petit cul. À croire qu'il avait vu quelque chose pour lui foutre la trouille, le pauvre. Haussant les épaules, Icarus entreprit de remettre son bardas dans le sac, s'assurant qu'aucun trouffion n'était venu dérober un de ses bijoux non plus pendant qu'il ne regardait pas. Bonne chose, rien ne manquait à l'appel. Cependant, l'attention était centrée sur lui, et au bout d'un temps ça allait devenir des plans foireux. Aussi, il allait falloir qu'il trouve un coin plus bas que le bar pour s'asseoir avec sa bonne amie la bouteille, histoire de retirer l'attention de sa personne. Plus facile à dire qu'à faire, quand on a un tel charme. Cependant, y a toujours un coin pour les mecs qui veulent pas se faire remarquer passé un certain cercle restreint de personnes. Et c'était la table de poker, dans son coin enfumé de joueurs aux apparences d'experts qui se toisaient avec des regards lourds de sous-entendus.

Les regards en question se levèrent vers l'inventeur lorsque ce dernier s'offrit de rejoindre la partie, moyennant une mise de départ qui leur prouverait qu'il était un High-class, et pas un bouseux à la recherche de respect. Et en attendant la suite des choses, cette table se révélait maintenant d'une perfection absolue, avec la bouteille de brandy sur le rebord. Levant les yeux un moment, l'échevelé envoya quelques mots à son comparse pour la forme.

'' Eh, Dark! On devrait rester jusqu'à ce soir, j'aime bien l'coin! ''

Sur ces paroles, il allait pouvoir démarrer. Y avait pas d'heure pour se retrouver à jouer aux cartes, et même en plein milieu de matinée y avait aucune raison pour se priver. Cependant, l'impression d'un détail manquant persistait de façon plus qu'obstinée. Pourtant... y avait les jeux, l'alcool...même sa pipe était allumée, il ne pouvait que voir le positif de la chose. Qu'est-ce qu'il pouvait bien man...mais c'qu'il est con parfois, c'était pas possible. Un regard autour de lui, un air de malice dans les yeux, et Icarus retire d'un geste lent. Pinçant les lèvres, l'homme émit un sifflement qui attira l'attention générale, mais seulement quelques regards. Plus qu'un truc manquant, hein? Fallait palier ça rapidement.

'' Allez, les filles! La première assise sur mes genoux remporte son plus gros pourboire de la journée! ''

Alea Jacta Est.

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MessageSujet: Re: Les Feux de la Révolution : Le Comeback des Champions   Sam 7 Jan - 3:24

Les Feux de la Révolution
feat. Icarus "Pan" Valerius

La fête battait son plein, l'alcool coulait à flots...
Mais un détail insignifiant le dérangeait. Sans réussir à savoir lequel.

Ah oui, ça lui revenait.

À leurs frais. Voilà où il était, le problème. C'était pourtant pas si compliqué. C'est sans doute pour ça qu'il avait du mal à se détendre. Parce que pour avoir une idée précise de l'état de leurs finances, il était évident que leur capital était depuis longtemps excédé. Autrement dit, c'était soit sortir de l'oseille d'un chapeau comme d'autres le font avec des lapins, soit réussir à décamper avant qu'on ne leur fasse payer l'addition. Sans ça, c'était parti pour un séjour en taule sans passer par la case départ. Et pour avoir déjà eu les menottes au poignet durant quelques mois, Dark était bien placé pour savoir que c'était une expérience qu'on se passait de revivre. Aussi allait-il devoir faire le nécessaire pour leur permettre de se faire la malle au moment opportun. Parce que de toute évidence, d'ici à ce que l'occasion se présente, Icarus serait bourré comme un coing et ce serait limite s'il ne devrait pas le trainer dans son sillage pour qu'ils puissent se barrer. L'adrénaline avait pour elle de faire dégriser en un tour de main mais il ne tenait pas à vérifier à quel point son compagnon d'infortune pouvait être prompt à reprendre ses esprits.

Et si ce n'était pas le cas, il n'avait pas non plus de pulsions suicidaires qui le convaincraient de voir ce que donnerait un pauvre taré utilisant ses gadgets au rabais pour faire s'abattre un feu nourri en plein centre-ville. La perspective de foutre le bronx par ce biais était alléchante, il ne pouvait le nier, mais il n'y aurait sans doute pas meilleure manière de se foutre dans la merde jusqu'au cou. Ils en avaient certes déjà fait beaucoup à ce niveau, mais rien qui ne soit pas sous contrôle. Tandis que s'il laissait parler les idées saugrenues d'un chercheur déjanté ayant assez d'alcool dans le sang pour qu'on lui colle sur le front une étiquette de grand cru... Mouais. Il allait éviter d'y penser, en fait, c'était sans doute mieux. Peut-être qu'il prenait ça trop au sérieux et s'en faisait pour que dalle, qui sait. Impossible de le savoir avant que le cas de figure ne se produise. Et s'il aurait préféré s'en dispenser, au moins saurait-il clairement ce qu'il en est si cette vision d'horreur devait malgré tout se concrétiser.

Enfin bon. Quelques verres plus tard, ils étaient tous attablés autour de la plus grande table que l'établissement ait pu fournir, autour d'une partie de poker de derrière les fagots. L'aigrefin avait peine à croire qu'on avait réussi à lui faire tenir des cartes à nouveau alors que c'était précisément ce pourquoi il avait plongé. À tort, mais ça lui était quand même resté en travers de la gorge. Rien qu'en s'asseyant, il avait déjà l'image de cette pourriture de lieutenant en tête. Et la hargne que lui insuffla ce souvenir ne fit que le décider à remporter cette partie par tous les moyens. Les légaux comme les moins légaux. Puisqu'on aimait tant le faire accuser de tricherie, autant leur donner raison. Même sans cela, il n'eut aucun mal à se distinguer dans les premières manches, éliminant les participants les uns après les autres et ramassant le pactole sans se fouler. Alors qu'il empochait le magot pour la cinquième fois d'affilée, il sentit l'ombre d'un coup de pied lui frôler la jambe. Suite à quoi il jeta un regard assassin à Icarus, l'origine de cette agression lui étant connue dès lors qu'il l'avait senti.

- Eh, patron. Vous devriez faire plus attention, j'ai l'impression que y'a des nuisibles dans le coin. Je viens de voir passer un gros cafard mauve. Faites gaffe, c'est vicieux ces saloperies, je vous conseille de vous en débarrasser dès que vous le pourrez avant que ça s'installe un peu trop confortablement.

Et pour cause, qui d'autre aurait pu savoir que lui flanquer une frappe du tonnerre dans le genou gauche allait déclencher un cours-circuit. C'était d'autant plus con qu'il ne jouait pas pour gagner de l'argent, après des années passées au côté d'Icarus il savait très bien qu'ils se faisaient mutuellement les poches à intervalles réguliers pour subvenir à leurs besoins personnels. Non, tout ce qu'il voulait c'était prendre une revanche sur la vie. Gardant à l'esprit le jour où on l'avait envoyé en taule, il allait obtenir ici même une victoire éclatante qui redorerait son blason. Il serait peut-être le seul à le penser, Icarus devant déjà planer assez haut que pour ne pas en avoir confiance, mais c'était une question de fierté. Et quiconque le connaissait un tant soit peu savait que ce n'était pas une chose sur laquelle il pouvait plaisanter.

Et si le connard d'inventeur voulait lui pourrir sa soirée en faisant capoter son plan, alors il n'hésiterait pas une seule seconde à se retourner contre lui et à le piller jusqu'à son dernier centime comme il le ferait avec tous les autres. Un blé pas possible que le chercheur aurait tôt fait de récupérer, de toute façon, mais se le faire arracher liasse par liasse pour lui faire payer au propre comme au figuré sa tentative. Ça faisait des années qu'il n'avait plus eu besoin de ses talents, le scientifique pouvait bien accepter qu'il s'en donne à coeur joie au moins une fois. Et puis, cette partie de cartes était de son initiative, il n'avait qu'à fermer sa grande gueule car il savait très bien ce qui l'attendait si son partenaire daignait prendre part au jeu. Il l'avait cherché, voilà tout. Et à trop chercher, on trouve. C'est d'une logique imparable.

- Faites vos jeux, rien ne va plus ! Par ici la monnaie, et au pas de charge, j'ai pas toute la journée !

Dévoilant son jeu, il esquissa un large sourire alors que les participants n'y voyaient que la source d'un profond désespoir. Ce qu'il n'avait pas prévu, en revanche, c'est qu'Icarus ait misé gros sur ce coup et qu'il vienne de l'empocher avec tout le reste. Inutile de dire que sans même regarder en dessous de la table, il savait que le pauvre taré regrettait de n'avoir pas enfilé des crampons en acier trempé avant de venir pour le mettre hors d'état de nuire. Un regard en biais vers les cadavres de verres, bouteilles, chopes et autres fûts autour du savant l'informèrent que le contenu de chacun d'eux lui était déjà passé dans le gosier. En d'autres termes, il n'avait plus la possibilité de boire pour oublier dans l'immédiat, et après avoir employé autant de vaisselle à le resservir le personnel ne devait plus en avoir des masses de côté. Si en plus il fallait prendre le temps qu'ils les récurent pour pouvoir l'abreuver à nouveau, il aurait à coup sûr mis son plan à exécution d'ici là. Soudain, un brusque coup de genou dans la table la fit s'élever dans les airs de plusieurs mètres, et les biftons avec elle.

À la vitesse de l'éclair, Dark se débarrassa de sa veste et en fit un sac improvisé pour s'emparer du pognon qui tombait du ciel – trop vite pour que les autres clampins aient eu le temps de se jeter dessus pour le récupérer, trop surpris par ce qui venait de se passer. Le meuble n'eut pas l'occasion de toucher le sol à nouveau qu'un brusque coup de pied le frappait sur le côté, l'envoyant à toute allure s'écraser sur plusieurs des gros lourds qu'il plumait encore un instant auparavant. Épaulant la hotte de jais qu'était temporairement devenu son vêtement, il ne leva la tête que pour voir les récipients de toutes sortes être à leur tour soumis aux lois immuables de la gravité. Calculant précisément leur trajectoire, il esquissa un pas de côté pour parer à la douloureuse retombée d'une tasse en fer forgé qui aurait laissé des traces sur n'importe quel crâne, aussi dur soit-il. Si Icarus ne voulait pas voir de plus près la liste de tout ce qu'il s'était enfilé depuis qu'ils avaient pénétré dans ce bar, et de la manière la moins agréable qui soit, il n'aurait qu'à faire son possible pour sortir du périmètre où les godets allaient s'écraser jusqu'au dernier. À moins qu'il n'en sauve quelques-uns, allez savoir.

- Tout compte fait, les cartes c'est trop lent à mon goût. J'ai passé l'âge, je suppose. Vous voulez pas plutôt vider gentiment vos poches et m'envoyer le tout par ici ? On gagnerait du temps et ça m'éviterait d'avoir à vous humilier devant tout le monde. C'est un bon plan, pas vrai ?
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MessageSujet: Re: Les Feux de la Révolution : Le Comeback des Champions   Sam 7 Jan - 4:54

C'était une jolie rousse avec des putain de tresses qui s'était faite un chemin la première sur les genoux d'Icarus. Un dieu, plusieurs dieux, peu importe, qu'ils soient tous bénis en ce jour. Il jouait au poker, en sifflant du brandy avec une serveuse rouquine aux formes provocatrices. Il aurait pu crever là tout de suite, d'une crise de foie, un arrêt cardiaque ou une balle perdue d'un poivrot qui sait pas viser. Il serait mort comme un roi.

Un roi en train de se faire plumer, soit-dit en passant. Il avait pas fallu trois minutes pour qu'Ezeckiel vienne jouer les plus fins en rejoignant la table de jeu, qu'on avait fini par agrandir au vu du nombre de joueurs qui s'ajoutaient. Ils étaient maintenant sept joueurs à la table, tous avec leur mise, tous avec leurs trucs de triche, tous prêts à accuser le premier enfoiré d'avoir merdé. Après tout, c'était ça les vraies règles du poker. C'était de mater le petit jeu des autres jusqu'à ce qu'on puisse les accuser de tricher en leur foutant un brin de plomb dans le crâne. Surtout que, quand la même carte ressortait trois fois au total dans les jeux des joueurs, fallait pas un talent monstre pour deviner qu'y avait un piège à ours prêt à vous bouffer les couilles sous la table. Dans le cas d'Icarus, c'était le truc classique des manches. Le type était bien assez habile de ses mains pour faire apparaître et disparaître des petites cartes dans ses mains sans que ça ne se remarque. Même s'il fallait bien l'avouer, la bouteille de brandy dont il ne restait déjà plus que le quart ne l'aidait pas vraiment à sortir les bonnes cartes. Aussi les minutes suivantes furent-elles ponctuées par de nombreuses pertes de gain de la part de l'inventeur. C'était bête, toujours passer à une carte près d'une flush, non? Pas croyable ce qu'il avait comme malchance. Encore heureux, il avait au moins un coussin naturel en la personne de sa serveuse attitrée pour se remettre comme il se doit des mauvaises émotions. Elle allait même le serrer contre lui, la coquine. Quelle bonne volonté, cette fille.

D'un autre côté, ça ne dérangeait pas vraiment Icarus de perdre dans l'immédiat. Pourquoi? Parce que l'argent qu'il perdait allait majoritairement à Ezeckiel. Ce petit connard avait une technique indéniable aux cartes, aussi il semblait plumer tous les joueurs de la table comme s'il avait fait ça toute sa vie. C'en était triste pour les concurrents. Autant dire que les trois plus intelligents se retirèrent dès que leur argent fut dilapidé et mis à sec. Un autre n'eut cependant pas cette rapidité d'esprit, et rajouta un nouveau magot à son pactole de mises. Pactole qui changea de main rapidement, comme le reste. Sérieusement, quand tu te fais bouffer une jambe par un fauve, t'apprends le kick-boxing pour aller mettre une mandale à coups de talons à l'animal? Non, tu paies ta chirurgie et tu t'achètes un fusil de chasse. Mais bon, dans tous les cas, c'était pas important des masses. Par un coup de chance, et alors qu'il venait de prendre dans sa main son douzième verre du moment - ayant massacré la bouteille de brandy vingt minutes plus tôt - , Icarus put voir la table s'envoler d'une manière qui ne semblait pas très naturel, même avec son taux d'alcoolémie actuel. Non mais sérieusement, les tables ça vole pas. Il le saurait s'il avait inventé des tables de poker volantes. Seule autre explication, c'était que quelqu'un avait finalement décidé de mettre le pied dans la table, et dans la partie par le fait même. À la bonne heure, il était sur le point de manquer de thune.

D'un mouvement majoritairement volontaire, Icarus laissa tomber sa chaise vers l'arrière après avoir fait se retirer un peu la serveuse qui comblait ses moments. Laissant aller son verre dans les airs, il effectua une roulade rapide, usant finalement de la force de ses jambes pour se relever. Une main tendue, et le verre fut ensuite rattrapé dans un mouvement de maître, les bras ouverts. Bah, et les applaudissements? Il venait d'exécuter un tour de maître, lui.

'' Mouais, bah les publics sont plus ce qu'ils étaient, hein. La prochaine fois j'irai jongler avec trois écureuils jaunes en feu et j'suis sûr de tout juste m'arracher un compliment. ''

En fait, et malgré le côté spectaculaire de ce qu'il avait fait de main de maître, la raison pour laquelle il était passé inaperçu était tout autre. Ezeckiel avait eu la bonne idée d'aller plumer tous les joueurs de la table jusqu'à leurs dernières économies, et déblatérant un tas de conneries en tenant l'argent dans sa veste enroulée comme s'il était en train de faire une prise d'otages. Et le pire, c'est qu'il y avait des gens effrayés dans la salle. Non mais sérieux, quoi. Il y avait bien quelqu'un d'un peu couillu, ou alors...aaaah, bah ouais. Des pas lourds avaient commencé à lentement se faire entendre dans le silence qui régnait après le discours du jeunot qui se la jouait les brigands. C'était un gros, grand, bourru mec à la peau sombre comme du bon gros chocolat. Les cheveux en tresses minces, une barbe taillée autour de la figure. Des muscles gros comme des pastèques et une arme lourde pas très inspirante à la place du bras droit. Le tout dans une veste rembourrée sans manche qui lui permettait d'arborer à quel point il devait sans doute casser la gueule à beaucoup de gens. C'était le gars de la sécurité qui entrait en scène. Le gars de la sécurité qui fut dépassé par Icarus, qui alla rejoindre son compère un peu plus loin. Un autre adversaire pour le colosse?

...Pas exactement.

Pas un mot. Pas un son sorti des lèvres. Arrivé devant Ezeckiel, l'inventeur se contenta d'ouvrir la veste, et de prendre une liasse qui se trouvait à l'intérieur. Refermant la veste, il alla au comptoir, déposant le prix de ses consommations en allant à coups d'approximatifs. Puis une quelques autres billets ajoutés à côté de la première pile, pour une raison qui serait bientôt clarifiée. Et enfin, une troisième pile, après laquelle Icarus rangea l'argent dans une poche de sa veste. S'étirant alors par dessus le bar, il empoigna tout bonnement deux bouteilles sur l'étal, saluant le patron en repartant. Il allait ensuite se diriger vers l'escalier menant à l'étage, mais s'arrêta une seconde. Il trouva la personne qu'il cherchait, lui glissa quelques billets dans le décolleté avec un sourire, et emprunta finalement la voie des escaliers. Tous les regards le fixaient, indécis quand savoir quelle attitude adopter, visiblement. Jusqu'à ce qu'aux trois-quarts de la montée, une dernière déclaration ne fit descendre tous les regards sur le brigand du poker attitré du moment, les expressions prenant un air résolument malveillante.

'' Préviens-moi quand t'as fini. ''

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MessageSujet: Re: Les Feux de la Révolution : Le Comeback des Champions   Dim 8 Jan - 4:48

Les Feux de la Révolution
feat. Icarus "Pan" Valerius

Une parfaite franchise aurait voulu qu'il leur dise qu'ils étaient trop mauvais pour réussir à le distraire. Mais il avait rompu avec l'honnêteté il y a de cela fort longtemps, et la réconciliation n'était pas ce qu'on pourrait appeler en bonne voie. Disputer une partie de cartes faisait remonter nombre de mauvais souvenirs, ceux de cette époque où il était encore entièrement de chair et de sang. Non pas qu'il la regrette, loin de là, mais cela faisait tout de même un drôle d'effet. Dans l'état actuel des choses, la vie n'était pas toujours rose mais au moins ne manquait-elle pas d'animation. Car si on devait reconnaître le plus grand talent d'Icarus, il ne serait en aucun cas lié à ses inventions, mais à sa propension à se foutre dans la merde avec un brio indiscutable. Ce qu'il ne lui reprochait pas le moins du monde, tant qu'il était convié à y prendre part. Il y avait eu du bon et du moins bon, mais la voie empruntée était à sa convenance jusque là. Au moins, ils ne s'ennuyaient pas, et c'était le seul besoin qu'il ait réellement à satisfaire en définitive. Donnant sincèrement l'illusion de n'être pas concerné par la tension présente, il alluma une nouvelle cigarette en prenant son temps. La bousculade lui avait offert la possibilité de voir ce que contenaient les poches de la plupart des convives, aussi ne s'en était-il pas retenu. À choisir entre ça et leurs vies bien rangées, les types préféreraient très certainement lui céder une clope. À moins de n'avoir aucune notion de ce que peut être le sens des priorités, auquel cas cela ne le regardait pas plus.

L’œil mauvais, les brutes qui s'étaient attablées avec eux se mirent en mouvement de quelques pas de côté. Leurs intentions crevaient les yeux, ils s'étaient concertés afin de l'encercler. Une tactique vieille comme le monde mais qui avait néanmoins fait ses preuves. On ne pouvait pas leur reprocher de vouloir essayer, même si ce serait insuffisant. Dark eut un soupir moqueur, s'expliquant par le fait qu'ils ne soient pas les premiers à recourir à cette tactique d'approche. Et que jusque là, on ne pouvait pas dire que les précédents avaient été très fiers du résultat. Et puis, il était quand même assez cocasse de voir ceux qu'il avait déjà achevé de mettre sur la paille se joindre au troupeau. Ils espéraient quoi, les pauvres gars ? Qu'en roulant des mécaniques, ils allaient réussir à l'intimider et à récupérer leur fric avec les intérêts ? C'était mal le connaître. Quand la grosse brute qui s'était avancée peu avant le départ d'Icarus entra en scène, il sut que c'était le moment de prendre les choses un petit peu plus au sérieux. Pas trop non plus. L'incartade sur le port à leur arrivée avait suffi à prouver que des individus lambda n'étaient pas au niveau pour leur faire face. Et si des soldats supposément entraînés étaient impuissants, difficile de croire que des civils pouvaient se montrer plus performants.

Si le premier pécore venu pouvait, sans formation aucune, étaler un homme rompu au maniement des armes, on vivrait vraiment dans un monde de merde.

Un poing au moins aussi massif que sa tête la frôla, réussissant à peine à effleurer sa joue. Ne bouger qu'à la dernière minute était pour lui une sorte de défi, à la manière de ces gars qui ont pour seule passion dans la vie de la risquer à éviter un train en marche. Pour la plupart, l'expérience n'était pas concluante dans la mesure où elle finissait répandue sur les rails du convoi en question. Mais dans son cas, c'était différent, car il avait toujours eu les compétences pour le faire et ne faisait que les mettre en pratique. Feinter sur tous les plans était devenu une habitude depuis son entrée dans le monde des affaires pas très légales, et son style de combat en faisait étalage. Se battre comme un lâche, diraient certains en le voyant faire, Icarus le premier – quoique lui, ce devait être uniquement pour les lui briser. Lui-même n'aurait su dire à quelle fréquence il avait pu entendre cette phrase sous toutes ses variantes, si bien qu'il eût pensé toutes les connaître à ce jour. Mais ils pouvaient bien la ramener, car lui tout ce qu'il voyait, c'était que ça marchait. Qu'ils pètent les plombs et se perdent dans un flot d'injures à chaque fois le mettait en lumière.

Bref, toujours était-il que le crochet du gauche n'avait pas eu l'effet escompté – à moins qu'il ne projette depuis le début d'en mettre une à la table qui avait projeté tout le monde à l'autre bout de la pièce. Vilaine la table ! Vilaine ! Se gaussant de le voir si maladroit, il n'en fallut pas plus pour que Dark fasse appel à cet arsenal qui faisait sa fierté. Non pas celui bâti par Icarus, mais ce qu'il n'avait appris à manier que par ses propres moyens et dont il avait toujours une maîtrise poussée malgré les changements opérés depuis.

- Désolé mon gars, j'ai rien contre toi, mais tu vas apprendre que parfois t'as plus à gagner à fermer les yeux et ta gueule par la même occasion qu'à essayer de la ramener. Tiens, c'est cadeau !

Sans surprise, le brave homme qui ne faisait pourtant que son boulot eut la chance insolente de se retrouver avec un poignard en travers de la main, profondément enfoncé dans le bois ciré dont était fait le malheureux meuble. Le patron fit la grimace. Autant on pouvait effacer aisément les traces de sang et d'alcool, autant reboucher ça serait un peu plus compliqué. Narguant sa victime d'un sourire narquois, Dark s'écarta d'un pas, ne songeant pas même à récupérer le couteau qui y avait servi. Qu'il le garde, ça lui ferait un souvenir. Les traits déformés par la douleur, l'homme, noir de peau, leva le bras opposé... Pour braquer sur lui une arme de gros calibre qui semblait directement rattachée à sa chair et son sang. Ça, c'était pas une arme de tapette. Et à en voir la taille des canons, les balles qu'ils pouvaient faire sortir devaient percer de gros trous dans n'importe quelle surface. Malheureusement, il était encore un peu trop tôt pour qu'il accepte d'aider à vérifier ce que ça donnait sur un corps humain. Le sujet de test, il avait déjà donné, et n'hésita pas une seule seconde à s'écarter d'un saut de côté quand la première salve ravagea un plancher déjà mal en point.

La plupart de ceux qui semblaient se tenir prêt à lui réclamer des comptes allèrent se planquer dans un coin afin de ne pas faire l'objet de dommages collatéraux. Sage décision, même s'il y avait matière à se demander ce qu'ils avaient fait de leurs couilles pour se raviser aussi facilement. Ceux qui n'étaient nullement dérangé par cette escalade de violence, en revanche, choisirent ce moment précis pour passer à l'action. Sans doute pensaient-ils qu'en agissant au plus mauvais moment, ils auraient plus de chance de le coincer et ainsi de récupérer leur bien. Car oui, il ne fallait pas oublier que Dark était en plus de cela lésé par le poids supplémentaire de toutes ces liasses de billet qu'il n'était pas prêt de lâcher. Si Icarus en avait prélevé une coquette somme, ce n'était qu'une infime partie de ses gains de la soirée, et il y avait encore tout à gagner à le dépouiller pour récupérer le reste. Seulement, à se ruer sur lui comme des rhinocéros sous morphine, ils n'allaient faire que gêner le tireur. Ce dernier n'étant déjà vraisemblablement pas une fine gâchette au vu de son manque de précision, autant dire qu'il y avait fort à parier que l'établissement serait en ruines avant qu'il n'ait pu lui mettre le grappin dessus. En voyant deux venir vers lui sans une once de finesse, il poussa un soupir de désarroi avant de fondre sur eux, tel une ombre assassine.

Profitant de ce qu'ils étaient sous le choc après avoir constaté de leurs propres yeux sa vitesse de déplacement, il les saisit par le crâne pour mieux faire s'entrechoquer leurs têtes de cons. Qui sonnèrent creux, bizarrement, bien que Dark n'ait pas eu à loisir de relever cette anomalie. Déjà, un autre était prêt à lui tomber dessus, brandissant ce qui avait tout l'air d'être... L'un des pieds de la table. Non mais faut quand même être sacrément con pour prendre le temps d'en arracher un morceau et espérer que ça lui sauve la peau, hein. Parant de l'avant-bras le coup qu'aurait dû lui porter cette arme de fortune, et sans broncher, il n'eut besoin que d'une seconde de plus pour mettre un pain à l'agresseur qui ne s'en relèverait pas avant plusieurs heures. Bah tiens, qu'il aille ramasser ses dents entre les bras de Morphée, ça lui ferait des vacances. Plus cela allait, et plus Dark commençait à penser que leur avoir prélevé ce montant exorbitant était un impôt sur la connerie, et qu'il n'était qu'un huissier venant leur réclamer les intérêts de retard. Parce qu'à ce stade, ce n'était plus humainement possible.

Le troisième fut plié en deux, recevant un uppercut à l'abdomen et un coup de genou en travers de la gueule. Sans aucune forme de pitié, Dark lui fit une clé de bras et l'obligea ainsi à faire volte-face pour s'en servir de bouclier humain. Un choix défensif qui pouvait paraître teinté d'innocence, car la taille des douilles roulant au sol portaient à croire que traverser un corps humain ne suffirait pas à les arrêter. Ossature lourde ou non. Et alors que le grand black terminait de recharger et se lançait sans ménagement dans une seconde salve, Ezeckiel eut droit à un énième sursaut de consternation. C'était bel et bien des balles qu'il était en train de tirer, oui, mais des balles en plastique comme on en trouve pour divertir les enfants dans certaines aires de jeux. Autant dire tout de suite que ça manquait un peu de plomb pour pouvoir faire de jolis trous comme il l'aurait pensé. Et en se rendant compte de sa bourde, il fut pris d'un besoin pressant de se justifier.

- Euh... Désolé, c'est que j'étais déguisé en clown à l'anniversaire de ma petite nièce et...
- Ouais ouais, cause toujours. Allez bozo, fais-moi voir ce que t'as dans le ventre, j'ai pas que ça à faire de passer la journée à t'attendre. Ça te sert à quoi ce truc, à buter des types ou à récurer les chiottes ? Parce que quand je vois le mal que t'as à me percer la peau avec cette merde, y'a de quoi pencher en faveur de la deuxième option. C'est quand même pas compliqué, merde !

Piqué au vif, le type entreprit de remplacer le chargeur par un autre qui, lui, serait susceptible de tirer des munitions autrement plus efficaces. Seulement, il eut une seconde d'hésitation en fouillant le revers de sa veste, se souvenant qu'il en avait encore un sur lui ne contenant que des cotillons et autres agréments festifs. Sa lenteur excédé le cyborg qui souleva l'énergumène qu'il tenait toujours à bout de bras au-dessus de sa tête avant de le lui balancer, démontrant une force musculaire au-dessus de la normale. Le projectile humain n'était pas bien costaud, mais la prouesse était notable. Ce qui confirma au videur qu'il était temps d'en finir avec le fauteur de troubles avant qu'il ne cause des problèmes plus sérieux encore. Mais sur le temps que lui prit cette réflexion, l'arnaqueur était sur lui et venait planter l'une de ses nombreuses lames dans la belle mécanique de son arme « de poing » - pour ainsi dire. Continuant sur sa lancée, le gêneur lui décocha un élégant coup de pied en pleine tête qui lui tordit le coup sous la violence de l'impact. Sans savoir pourquoi, le malheureux eut le sentiment qu'une énorme boite en métal venait de lui tomber sur le coin de la gueule.

Enfin un point sur lequel on ne pouvait pas lui donner tort. Mais, de constitution solide, ce n'en était pas assez pour le mettre au tapis et il le prouva en décochant un solide coup de poing à son adversaire. Qui l'esquiva, par ailleurs, mais cette fois pas volontairement. Faisant mine de prendre du recul pour sortir de la portée de ses coups, il perdit l'équilibre sans raison apparente et manqua de s'écrouler au sol. Par chance, il réussit à se rétablir avant de s'étaler de tout son long et rectifia le tir en passant entre les jambes du colosse pour se retrouver dans son dos, où il se releva promptement. Le manque d'équilibre affecté par ses nouvelles capacités n'était pas tous les jours facile à vivre, mais heureusement quand les ennemis n'étaient pas à sa hauteur il pouvait sans trop de mal maquiller ce genre d'inconvénient pour ne pas se tourner en dérision. Et alors qu'il s'en félicitait et se tournait vers le géant de couleur, il eut la surprise de voir que celui-ci était plus vif qu'il ne l'aurait cru, et que ses phalanges étaient à présent un peu trop près pour pouvoir les fuir. Plongeant les mains dans ses poches dans un réflexe tout sauf approprié à la situation qu'il était en train de vivre, il accepta son destin sans sourciller... Et alors que tous ceux encore à peu près conscients s'attendaient à le voir voler pour s'écraser contre un mur, il n'en fut rien.

Pour tout dire, il n'avait pas même bougé d'un pouce de sa position, et sans qu'on comprenne pourquoi le gros avait l'air de devoir serrer les dents maintenant qu'il avait réussi à lui en foutre une. Et ils comprirent très vite que quelque chose clochait quand il ôta sa main de là, dévoilant l'angle bizarre pris par chacun de ses doigts alors que le visage de sa cible ne portait aucune trace de coup. Qu'est-ce que c'était encore que ce bordel ? Néanmoins, le gang des perdants vit là une chance de lui sauter dessus à leur tour – si un type seul n'y arrivait pas, peut-être que tous ensemble ils pourraient s'en sortir. Une tentative aussi vaine qu'affligeante dont il se prémunit en sautant à pieds joints sur la table, rendue bancale par l'absence d'un de ses piliers de soutien mais toujours debout. S'y réceptionnant parfaitement malgré ce manque d'équilibre, il para à la sournoiserie de quelques coups de couteau en quittant cette plate-forme pour aller se suspendre au lustre qui éclairait la salle de sa lumière blafarde. C'est le moment que choisit le nègre pour recharger son flingue et faire feu à volonté, obligeant tous les autres à se coucher pour ne pas prendre une bastos et en crever sur place.

Cette fois, ça rigolait plus. Enfin, sauf pour l'escroc qui prenait un malin plaisir à les faire tourner en bourrique sans rien montrer de ses capacités réelles. Et puisqu'il était apparemment si décidé à lui mettre du plomb dans l'aile au sens premier du terme, Dark insuffla alors à son perchoir un mouvement rotatif, qui obligea le bonhomme à tirer dedans le plafond pour suivre ses mouvements et espérer pouvoir le toucher. Seulement, tout ce qu'il réussit à faire, c'est fragiliser le sol situé entre le rez-de-chaussée et l'étage... Auquel était monté Icarus. Quand le musclé comprit ce qu'il était en train de faire, il était déjà trop tard : dans un rictus goguenard, Dark bondissait de côté pour aller glisser sur le comptoir non sans un certain style. L'étage, quand à lui, venait à eux et avec lui l'homme qui s'y trouvait à cet instant précis. Jouant négligemment avec un cran d'arrêt qu'il venait de sortir de sa poche, l'aigrefin observa la lourde chute de son compère à bord de l'embarcation peu orthodoxe qu'était le lit douillet qu'il venait d'emprunter. Sa trajectoire était évidente et il fut heureux de constater que le gros de la troupe venait de se faire écraser sous une bonne dose de plâtre, de lattes de bois, de literie et pour couronner le tout d'un cerveau maléfique encore ensommeillé. Sans doute le plus lourd du lot, songea le coupable non sans une certaine ironie.

- La sieste est finie. On s'arrache, sinon je crois qu'on va avoir des problèmes. Dit-il avec monotonie du haut du comptoir, comme si ce n'était pour lui que très habituel.
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MessageSujet: Re: Les Feux de la Révolution : Le Comeback des Champions   Lun 9 Jan - 5:33

Des monstres, ils étaient partout. Trolls mauves ailés le poursuivant sur un arc-en-ciel à coups de baguette magique, sans compter un tas d'autres trucs à faire se chier dessus quelques personnes à l'esprit sensible. Merde, il avait beau fuir partout, il arrivait pas à leur échapper, à ces sales chiures! Sérieusement, à la taille d'ailes de merle arthritique pour leurs gros culs de pachydermes, y aurait du y avoir aucune chance qu'ils puissent tenir le rythme! Il avait bien tenté d'augmenter le rythme, de leur balancer tous les nains colorés qui avaient croisé son chemin, tout. Mais rien n'y faisait. Ses pieds lui faisaient mal, et en plus il avait eu la veine de venir courir sur un putain d'arc-en-ciel aussi glissant qu'une patinoire. Ah mais... minute, c'était ça! Il faisait du sur place, ces gros trucs à gueule de rat faisandé avançaient réellement à un rythme de limace! D'un nouveau plan qui venait juste de germer, Icarus se donna l'élan nécessaire pour sauter d'un coup...et tomber comme une loque mal foutue dans le vide. Rah non! Merde, il aurait encore préféré les trolls à cette fin minable. Il tombait, perdait ses sens. Il tombait, et tombait...

C'était toujours quelque chose d'étrange de se réveiller dans un lit alors qu'on croyait se diriger vers une mort certaine. Quoique les images et les créatures dans ce qui venait d'être le produit de l'imagination d'Icarus était sans doute dû à l'alcool. Après tout, il était allé descendre une des deux bouteilles au goulot à peine arrivé dans la chambre. De toutes façons, ça l'avait bien aidé au vu de ce qui avait succédé. Certains hommes avaient eu l'idée certes intelligente de rester à l'étage lorsque les choses avaient commencé à s'envenimer en bas. Réflexe de survie, tout ça, c'est compréhensible pour des rats dépourvus de couilles. Toujours est-il qu'ils étaient allés se trouver un semblant d'entrejambe en entendant quelqu'un monter à l'étage, vu que l'inventeur avait été assailli par derrière à peine eut-il mis un pied dans la chambre qu'il avait prise au hasard. Un type lui avait sauté sur le dos, profitant du léger déséquilibre provoqué par la liqueur de couleur ambre qu'il buvait comme de l'eau. Mais non content de s'être accroché au soulard un peu déséquilibré sur la seconde, le type avait cru bon de sortir une patte de chaise pour tenter de l'écraser dans la figure de sa victime. Mauvais plan. À peine eut-il entamé son mouvement qu'Icarus se projeta par devant pour faire une de ses nombreuses roulades expertes. Résultat simple pour l'assaillant : la gueule percutée sur les lattes, pour ensuite se faire rouler dessus par le type qu'il tenait l'instant précédent. C'aurait pu se terminer là, si un autre crétin trop gras et surtout trop con pour son propre bien ne s'était pas précipité dans la pièce à ce moment. Génial pour lui, ça lui faisait un cul de bouteille lancé dans les gencives pour l'étaler au sol. Après quoi, fermant la porte en ayant botté les intrus dehors comme si le tout était d'un naturel tout à fait vérifiable, l'inventeur était allé se laisser tomber sur le lit disponible, soupirant d'extase en ramenant sa bouteille restante contre lui. Entre le fond d'un bateau de pêche et un bon foutu lit digne de ce nom, y a pas de comparaison. Et on s'embarque pour la séance des rêves mal foutus.

~¤'°'0’°'¤~

Ce fut la poussière et la sciure de bois qui réveillèrent Icarus, pour être honnête. Ce qui le fit se cracher une bonne quinte de toux alors qu'Ezeckiel se faisait un devoir de lui dire qu'ils devaient se faire la malle avant de causer encore plus de dégâts. Cependant, et loin d'être attentif à quoi que ce soit en ce moment, l'échevelé encore à moitié endormi se concentrait surtout pour arriver à s'asseoir sur le rebord du matelas. Et au prix de quelques lourds efforts, il y parvint tant bien que mal. Quoique même dans son présent état de limace à peine cohérente, il put entendre un gémissement s'élever sous son pied gauche lorsque celui-ci se posa. Fixant le mur devant lui un moment avant de baisser les yeux, l'inventeur put voir la tête du type baraqué qu'il avait vu plus tôt, dépassant de sous le lit. Qu'est-ce qu'il foutait dans sa chambre, celui-là? Il avait payé le prix courant, c'était pas pour avoir des putain de squatteurs sous son lit! Appuyant le cul de sa bouteille restante sur la tête du type qui démontrait une expression de douleur évidente, Icarus s'acharna à appuyer avec le contenant de verre pour avoir un brin d'attention.

'' Eh! C'ma chambre ici, va t'en chercher une autre, merde! ''

La torture un peu injuste se prolongea quelques secondes encore, jusqu'à ce qu'Icarus ne finisse par lever les yeux pour regarder autour de lui. Minute, sa chambre était pas si grande que ça tout à l'heure. Soit les murs avaient grandi pendant son sommeil, ou alors il avait changé d'emplacement sans s'en rendre compte. Dans les deux cas, c'était un plan de merde. Il aperçut également quelques visages se dessiner une fois que la poussière eut fini de retomber, et les passa tous rapidement jusqu'à arriver à celui qu'il était certain de voir. Curieux, il s'attendait à voir Ezeckiel, vu que la présente situation impliquait le fait de mettre à mal son besoin de dormir. Cet espèce de petit merdeux avait un don pour le pousser vers l'insomnie, c'était même pas légal. Un peu comme une bonne partie des trucs qu'ils faisaient tous les deux en fait. Donc, aux finales, ça pouvait pas vouloir dire trente-six choses ; levant les yeux au dessus de lui, l'échevelé vit le trou béant dans le plafond. Le fait à coups de gros calibre dans le plancher de la chambre qu'il s'était prise. Sérieusement, l'intimité d'un homme, ça existait pas? Grattant l'arrière de sa tête d'un mouvement lent et pas très appliqué, Icarus se contenta de signifier son retour effectif à la conscience par quelques mots rapides.

'' Sérieusement, mec, faut pas réveiller un homme qui dort comme ça. Ça porte malheur. ''

Reniflant un bon coup en se relevant, mains sur les genoux et ponctué d'un léger grognement en entendant le craquement de ses genoux, Icarus toisa tous ceux qui le fixaient maintenant. Une belle bande de truites aux yeux globuleux, on aurait presque l'impression de pouvoir leur jouer dans les orbites sans qu'ils aient la vivacité d'esprit de réagir. Non mais fallait les comprendre aussi. Quand ton après-midi au pub du coin pour prendre ta petit bière devient une partie de cartes truquée, puis une baston qui finit en bordel comme ça, on est pas indifférent, hein. Débouchant sa deuxième bouteille en rompant le silence, l'inventeur aspira quelques gorgées pour retrouver le goût bienveillant du liquide coloré qui revigorait le palais.

'' Bon bah quand faut y aller. ''

Les pas avancent, le salut se fait. Un petit signe au patron pour la bibine de qualité, un clin d'oeil aux filles pour lui avoir vendu du rêve comme des pros, et du... défonçage de gueule dans une porte d'entrée maintenant fermée. L'incident arracha d'ailleurs un cri étouffé à Icarus, qui porta la main à son visage en reculant d'un pas. Une flopée de jurons à faire saigner les oreilles des puritains du coin, et un coup de pied magistral dans la porte, entité maudite et détestée. La porte alla d'ailleurs percuter un stand de vendeur d'armes blanches avec une force qui envoya voler quelques lames dans plusieurs directions. Aussi, alors qu'il sortait dans la rue en se frottant le nez vigoureusement, Icarus put voir un homme d'âge mur évanoui sur le sol, derrière son comptoir de stand, une épée bâtarde plantée jusqu'à la garde à trois centimètres de l'entrejambe.

Il ne s'occupait même pas de vérifier si Ezeckiel l'avait suivi, puisque c'était ce dernier qui avait lancé l'idée de foutre le camp. Après tout, la nouvelle du grabuge et leurs têtes concordant avec les coupables du bordel au port, il valait mieux mettre un peu de distance. Une distance entre eux et la majorité des établissements ''dignes de ce nom'', pour ainsi dire. Après tout, les connards et les honnêtes gens, ça finit toujours par se mettre sur la gueule. Et comme les auberges sont toujours pleines de connards, ça arrangeait pas les choses. Et de deux choses l'une, il s'avérait que l'inventeur était encore loin d'avoir obtenu la dose de sommeil pour laquelle il avait payé sa chambre. Maintenant, l'extra qui lui était inutile servirait à réparer le plafond. La belle affaire. Il avait encore sommeil à un point, il aurait pu coucher dans une ruelle sur le côté s'il avait pas eu peur de se faire dépouiller ou violer dans son sommeil par le mal lavé du quartier. Il lui faudrait donc un établissement, malgré tout ce que ses précédentes pensées s'étaient évertué à vouloir lui faire comprendre. On allait donc se rabattre sur la technique la plus simple : chercher la plus grosse maison du patelin et espérer qu'elle ait un logo commercial attaché. Parce que si c'était pas le cas, ce serait juste une journée pas géniale pour les résidents. Tournant sur lui même, une main en visière pendant que l'autre déversait un divin nectar ambré dans sa gorge, Icarus ne tarda pas à trouver la baraque à quatre tourelles désignée. Bingo.

'' Y a intérêt à y avoir le service aux chambres dans celle-là. ''

Une belle pensée sur laquelle se lancer.

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MessageSujet: Re: Les Feux de la Révolution : Le Comeback des Champions   Mar 10 Jan - 8:31

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Pour ceux qui n'étaient venus que dans l'unique but de faire du grabuge, c'était un paradis sur terre. Dark, pour sa part, avait fini par s'en lasser. Une si faible concurrence ne mérite même pas d'être qualifiée comme tel. Ce n'étaient que de petits joueurs ne pouvant même pas le divertir plus de cinq minutes. Il fallait dire qu'il n'avait été inquiété à aucun moment, sachant pertinemment ce qui serait arrivé si par hasard une des balles avait réussi à l'atteindre... Soit pas grand chose. Descendant du comptoir d'un pas leste, il se pencha pour ramasser l'une des douilles qui avait roulé à ses pieds et l'observa sous toutes ses coutures. Et tout à cette expertise, il n'entrouvrit les lèvres que pour laisser échapper un sifflement admiratif. Le tireur ne savait pas s'en servir, c'était un fait avéré, mais les proportions de la balle auraient fait de jolis trous béants dans à peu près n'importe quoi entre les mains d'une personne compétente.

Dans n'importe quoi sauf lui, en fait, pensa-t-il non sans une pointe de moquerie envers le mastodonte qui désormais avait trouvé sa place en tant que descente de lit... Au sens propre. Le meuble n'avait plus très belle allure après avoir chuté de l'étage supérieur, ayant pratiquement fusionné avec le plancher tant les lattes et les esquilles se confondaient en un parfait imbroglio boiseux. Le matelas étant intact à peu de choses près - si l'on faisait abstraction des énormes épieux en chêne qui le traversaient de part en part - Icarus aurait été très capable de s'y rendormir. Par chance, cette manière de descendre sans passer par les escaliers avait été semble-t-il assez éprouvante pour lui couper l'envie de retourner se confronter à ses songes psychédéliques. Il lui en avait raconté quelques extraits, une fois. Depuis lors, Dark rien que d'y repenser lui glaçait les sangs. C'était dire. Ayant ramassé les vestiges de trois munitions, il se mit à jongler avec sans vraiment y penser, constant d'un oeil réprobateur le terne spectacle offert par le rez-de-chaussée.

Peut mieux faire. Y mettre la pagaille n'était pas prévu au départ, ce qui expliquait ce cruel manque de prestige, mais cela ne l'empêcherait pas de le déplorer. Même si c'était sous le coup de l'improvisation, toujours faire dans le sensationnel était une règle d'or, un mot d'ordre qu'il se devait de respecter. Néanmoins, son excuse pouvait être qu'au vu de la bande de bras cassés à laquelle il avait eu droit pour l'assister dans son petit numéro, il n'était pas aidé. Et s'il aurait très bien pu aggraver les dégâts à lui tout seul, il n'allait tout de même pas s'occuper lui-même du sale boulot quand il avait sous la main des larbins pouvant le faire à sa place. Ce serait un affront à leur condition plébéienne et il ne leur ferait pas cet outrage, manquer aux bonnes manières n'était pas son genre après tout... Tiens, elle était bien bonne, celle-là.

- T'as raison, excuse-moi, la prochaine fois j'essaierai de te tuer dans ton sommeil à la place. Depuis le temps que j'en rêve. Puis même endormi, je suis sûr que t'opposeras plus de résistance que ces pauvres clampins. Bon ! Assez discuté, on s'arrache.

À ces mots, il s'empara du sac de billets, ayant profité de la lenteur d'Icarus à sortir du coma pour tranvaser dans une toile de jutte qui remplacerait sa veste efficacement. Cette dernière avait d'ailleurs repris sa place sur ses épaules, et exhalait une bonne odeur d'argent durement gagné à la sueur de son front qui contribua à le mettre de bonne humeur. Avant de partir, il piocha une liasse de plus dans la cagnotte qu'il portait sur le dos et la déposa délicatement sur ce qu'il restait du comptoir, bien que le patron tressaille au seul fait de le voir lever la main des suites de ce qu'il percevait comme un attentat terroriste. Allons bon. Encore une petite nature qu'un rien suffit à impressionner. S'interrompant dans ses comptes, il ajouta un dernier billet et sortit l'un des rares tonneaux à avoir été épargnés par la volée de plombs ayant ravagé toute la pièce de fond en comble.

Qu'il s'en soit sorti sans une égratignure devait être un signe du destin, voulant signifier qu'il devait être bu par le grand vainqueur de cette rixe. Or l'identité du lauréat était connue de tous. La contenance du récipient, comparée à sa frêle stature, aurait pu faire penser qu'il aurait du mal ne serait-ce qu'à le porter aidé de ses deux mains. À la surprise générale, moins un en la personne d'Icarus, il le souleva d'une seule main pour l'appuyer sur son épaule libre - l'autre étant prise par l'étoffe de sa hotte pleine à ras bord d'une petite fortune dont il n'y aurait pourtant plus trace d'ici une poignée de jours. Avant même qu'ils n'aient quitté la ville, en fait, plus que probablement. Et alors qu'il venait de franchir la porte au soulagement des rares personnes encore conscientes, il revint sur ses pas, leur arrachant un frisson d'angoisse. Balayant la pièce du regard, il finit par le poser sur les corps inanimés de ses victimes, ayant pour eux une dernière parole.

- C'étaient des gens très vivants et... Maintenant ils sont morts. Enfin, je crois. Allez, on se casse. Félicitations !

Sur ce, il fit volte-face et s'en alla d'un bon pas, toujours aussi chargé. Les membres du personnel échangèrent un regard d'incrédule. Le soir-même, plusieurs d'entre eux rendraient leurs tabliers, sous prétexte qu'ils ne s'étaient pas engagés à travailler dans de telles conditions. Comme quoi il ne leur en fallait pas beaucoup, hein. Ils pouvaient s'estimer heureux qu'il n'ait fait que « jouer » sans quoi l'internement serait devenu inéluctable. Suivant Icarus de près, il se rendit rapidement compte que porter son tonnelet de la sorte allait non pas le ralentir, mais le gêner dans ses mouvements. N'avoir aucune main libre n'était guère rassurant au cas où les force de l'ordre leur tomberaient sur le coin de la gueule par surprise. Et même s'il ne risquait pas grand chose en cas d'agression, il préférait pouvoir tenir en respect d'hypothétiques gêneurs. Dans un éclair de génie, il se souvint qu'il lui était arrivé de se déplacer en équilibre sur une balle.

Ce ne devait pas être si différent. Posant au sol le fameux baril, il posa le pied dessus pour s'assurer de sa stabilité avant d'y grimper. Le chemin emprunté était en pente et il allait donc pouvoir prendre facilement de la vitesse. Ce qu'il avait omis en l'employant comme support, c'est que les modifications qu'il devait à l'autre cinglé avaient altéré son sens de l'équilibre, si bien qu'il ne fallut que trois petites secondes pour perdre le contrôle de son « véhicule ». Ayant pris du retard par rapport à la loque humaine qui lui servait de compagnon, il se trouvait bien sûr derrière lui, à quelques mètres de là. Étrangement, ceux-ci ne furent plus qu'un souvenir dès que cette maladresse le fit basculer en avant, la barrique lui roulant dessus et l'entrainant dans sa course au rythme effréné. Passant à côté du scientifique, il eut le réflexe d'empoigner un pan de sa veste dans l'epoir que cela le libère de ce mauvais calcul de sa part, mais tout ce qu'il réussit à faire fut de l'entrainer dans sa chute - et donc de faire en sorte qu'il se fasse passer sur le corps à son tour, l'un comme l'autre étant dès lors soumis à la rotation de cette fourbe futaille.

On peut donc en déduire que seul un mur pouvait les arrêter et, par chance, il y en avait un droit devant : ils n'auraient pas à trouver comment faire pour dévier de trajectoire. En revanche, la matière dont il était fait s'avéra particulièrement solide et donc douloureuse au contact, et ce n'était pas d'être fait en acier trempé qui le lui épargnerait. Propulsé dans les airs par ce choc brutal, il vit le tonneau retomber à un rythme un peu plus élevé que le sien, son poids lui étant supérieur. Et dans un final haut en couleur, il fallut qu'il cède au contact du sol, explosant et répandant son contenu alentour sous forme de gigantesque mare alcoolisée. Un bien joli gâchis, qu'Icarus aurait déjà été en train de critiquer s'il n'avait pas eu à s'en remettre lui aussi. Retombant à terre de tout son poids, soit sur l'un des rares ilots encore sec de la place pavée, il grinça des dents avant de se relever péniblement. Même s'il lui arrivait de se prendre les pieds dans tout et n'importe quoi plusieurs fois par jour, ce détail lui sortait de la tête à tout bout de champ, ce qui - comme dans le présent cas - pouvait donner lieu à des situations contrariantes.

Époussetant une fois de plus sa veste, qui par bonheur n'était toujours pas déchirée pour sa part, il scruta les environs sans se préoccuper du sort du savant. À quoi bon ? Il savait déjà que voir de la vinasse balancée au sol lui ferait plus de mal que n'importe quel accident. Et il avait d'ailleurs tout intérêt à en détourner son attention avant que ce gaspillage ne lui soit imputé, avec la terrible vengeance que cela implique. Remis d'aplomb, Dark hocha brusquement la tête tant de haut en bas que de droite à gauche jusqu'à provoquer un craquement sinistre de la part de sa nuque, puis de sa colonne vertébrale une fois tendu en arrière dans l'unique but de remettre en place tout ce que la collision avait mis à mal. Massant ses épaules endolories, il fit la grimace, sautant d'un galet à un autre pour sortir de la zone qu'il avait involontairement inondée. Les baignades imprévues, il avait eu sa dose pour la journée, à plus forte raison que le pinard fait des taches qui ont du mal à partir. Faut quand même pas exagérer.

- Ah... Et merde. Quand je te disais que ça allait être une journée pourrie. On aurait jamais dû foutre les pieds ici, je veux bien qu'on ait décidé que la discrétion on en avait plus rien à foutre mais là ça commence à faire beaucoup. Attends... Qu'est-ce que je raconte comme connerie, moi ? Bon, laisse tomber. C'est quoi que t'étais en train de regarder ?

La main en visière comme l'avait fait son camarade un instant auparavant, il parcourut l'horizon des yeux jusqu'à dénicher l'angle de vue idéal. Il fallait dire que grâce à ses immenses tourelles, la bâtisse se détachait assez distinctement du reste du paysage par son aspect luxueux. Pas le genre de demeure qu'on peut s'acheter en ayant trouvé un billet par terre dans la rue, pour sûr. Fouillant sa mémoire, il en vint à penser qu'il devait bien avoir une relation ou deux dans les parages au cas où il aurait besoin de documentation sur l'état des lieux. L'avantage d'avoir un réseau d'informations long comme le bras est qu'il n'a de cesse de s'agrandir, chacun tissant des liens de son côté et ajoutant à la chaîne un maillon supplémentaire. Une formidable organisation pyramidale dont il était au sommet pour avoir entretenu un cahier de menaces permettant ainsi d'avoir toujours plus d'hommes susceptibles de lui ramener les données dont il avait besoin en un rien de temps. Et si on l'avait écroué avec l'association de malfaiteurs pour chef d'accusation, pas un au sein de la Marine n'avait la moindre idée de son mode de fonctionnement de l'époque. Icarus lui-même n'en connaissait pas tous les détails, mais il lui avait dit de partir du principe que où qu'ils se trouvent dans le monde, il était à même d'y dégoter un collaborateur. Ce qui n'était pas si éloigné de la vérité, en fait, nonobstant son goût pour l'exagération.

- Ça, je crois pouvoir dire sans me tromper que c'est pas un centre d'accueil pour les clodos. Dommage d'ailleurs, parce que vu ta gueule t'aurais eu aucun mal à y entrer. C'est bizarre, mais j'ai comme l'impression qu'on nous laissera pas rentrer si on essaie d'y aller. C'est con, quand même, j'aurais bien aimé voir comment c'est à l'intérieur.

Ce qui, après décryptage, devait pouvoir se traduire par quelque chose comme « Et toi aussi, je l'sais, face de cul. qu'est-ce que t'attends pour te relever, qu'on aille leur botter le cul histoire de s'offrir un petit tour du propriétaire ? ». C'est vrai, quoi. Après tout, ils étaient ici en touristes à l'origine, et rien ni personne ne se mettrait entre eux et la visite à laquelle ils avaient droit. Des vacances sans pouvoir profiter de tout ce qu'il y avait à voir n'en étaient pas vraiment. Et ce n'étaient pas des abrutis qu'on paie à rien foutre toute la journée à part rester à se faire chier devant une stupide porte qui auraient le droit à la parole pour contredire cette opinion pour le moins radicale. Ce n'est qu'alors qu'il se rendit compte qu'il avait fait l'erreur de tourner le dos à Icarus après avoir foutu en l'air ce malheureux fût qui n'avait rien demandé à personne, sinon d'être bu jusqu'à la lie. Un frisson dévala son échine alors que, légèrement anxieux, il se risqua à jeter un coup d'oeil par-dessus son épaule. Et pour connaître la portée que le scientifique donnerait à ses actes, on ne pouvait lui donner tort de s'attendre au pire.
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MessageSujet: Re: Les Feux de la Révolution : Le Comeback des Champions   Mer 11 Jan - 4:37

'' Ça va aller... tout va bien aller... ''
'' Papa, pourquoi le monsieur là il parle au tonneau? ''
'' Chut, ma chérie. N'arrête pas de marcher, le monsieur il a des problèmes dans sa tête. Il pourrait être dangereux. ''
'' C'est pas ta faute, c'est bon...tu vas rejoindre un autre monde. Un monde...meilleur! ''
'' Mais il a l'air tout triste, comme ça. ''
'' Allez, j't'ai dit d'avancer! ''


Vous avez déjà pensé qu'un type enlaçant un tonneau éventré sur la rue en lui chuchotant des mots doux comme pour apaiser un mourant, ça avait l'air débile? Eh bah allez vous faire foutre, vous savez pas de quoi vous parlez, bande d'ignares. On juge pas l'amour d'un homme envers une femme, encore moins le dernier moment où il peut l'enlacer avant qu'elle rende son dernier souffle. Eh bien le tonneau, il était encore mieux. Il se plaint jamais, il a pas besoin d'être entretenu, juste consommé jusqu'à satiété. Mais maintenant, c'était dans une marre d'alcool qu'Icarus était tombé à genoux, ramenant le contenant éviscéré sauvagement contre un mur qui avait bloqué sa trajectoire. Rien, pas une goutte du nectar déversé n'avait mérité de connaître un sort aussi dégueulasse, coulant dans le caniveau avec un ruissellement glauque. C'était une insulte, juste avec les vapes qui s'élevaient du liquide ambré et brillant sur le sol. Un putain de gaspillage.

Et l'autre gland, Ezeckiel, venait tout juste d'arriver à se rendre compte de sa connerie? Non mais sérieux quoi, la dernière fois où il lui avait brisé un fond de bouteille alors qu'il restait le tiers du contenu, l'inventeur s'était mis en tête - et était passé très près d'achever - de lui dévisser la tête à mains nues. Il aurait presque pu arriver à ses fins dans les faits, vu les qualités mécaniques poussées de sa cible lors de l'incident. Or maintenant, il foutait un foutu tonneau entier au rebus juste parce qu'il était pas fichu de tenir sur ses pieds? Ouais, il avait bien raison de montrer son expression d'incertain qui se sent sujet à un coup de pied aux semelles renforcées dans le cul. Ayant déposé la carcasse de tonneau au sol avec douceur, Icarus avait fini par se relever en marchant au pas vers son compère. La distance qui les séparait diminuait rapidement, jusqu'à ce que le poing de l'inventeur se lève lentement. Une pression tangible venait de s'accumuler, et c'était le poing fermé et crispé de l'échevelé qui en était le point de source. Un coup comme ça, c'était des plans pour avoir un remake à faire de la figure du cyborg si les dégâts portaient. D'un coup, l'attaque de côté partit avec puissance, allant s'écraser...dans une poutre. Une poutre juste à côté de la tête de la supposée cible. Volant en éclat sous la force de l'impact, la poutre de support tomba lourdement, laissant un nuage de sciure de bois accompagner la perplexité probable de celui qui avait vraisemblablement du s'attendre à une mandale digne des dieux. Pourtant, Icarus venait de remettre les mains dans ses poches, prenant le pas sans plus de cérémonie.

'' Allez, ramène ta gueule. ''

Et la moitié de la maison tomba soudainement sur Ezeckiel. Voilà, qu'il se choppe une fracture du crâne, c'était bien fait pour ce con. Loin d'être inquiet quand au sort du jeune con malgré ce qu'il venait de lui balancer dans la figure, l'inventeur poursuivait sa route sans s'arrêter. Pas même pour une pute pas trop moche qui lui fit signe. Mais quand il croisa le chemin d'un sans-abri aux airs de salopard mal foutu tenant une bouteille de scotch toute neuve, l'épopée fut courte. C'est fou ce que les boîtes étalées dans les rues peuvent bien cacher le corps d'un type assommé. Et honnêtement, c'était sans doute mieux pour lui. Icarus éprouvait en ce moment un mélange de plusieurs effets simultanément. À savoir qu'alors qu'il commençait légèrement à sentir le mal de crâne de la gueule de bois se ramener, il était encore à moitié bourré au fur et à mesure qu'il avançait. S'interposer devant l'inventeur en ce moment relevait davantage de la connerie suicidaire qu'un d'un acte de bravoure, de larcin ou de quoi que ce soit d'autre. Bref, un clodo dans une boîte, c'pas comme si c'était une nouveauté non plus. Au mieux, les gens jetteraient quelques pièces par pitié.

À part tout ça, au moins un point positif : la baraque grand format qu'ils avait repérée semblait se rapprocher à vue d'oeil. Logique, aussi. Déjà bien motivé à atteindre la piaule renforcée dès le début, les quelques gorgées qu'Icarus venait de soutirer à sa nouvelle bouteille allaient lui donner un nouveau souffle de vie. Trottant presque sur la route menant à son objectif, l'homme allait réellement pas tarder à entrer dans le vif du sujet.

~¤'°'0’°'¤~

'' COMMENT ÇA, VOUS ÊTES PAS OUVERTS AU PUBLIC!? ''
'' Mais faites-le dégager à la fin, merde! ''


C'était le troisième garde qui recevait le châtiment royal d'un pied dans la gueule pour avoir donné une mauvaise réponse. Ils étaient devant un épais grillage, unique entrée visible d'un périmètre de fer qui gardait le chef d'oeuvre qu'était le manoir à l'intérieur. Par plusieurs fois, les gardiens avaient tenté de contacter la Marine pour recevoir du soutien. Tout juste pour se faire dire que les forces de la Marine étaient préoccupées en ce moment avec plusieurs autres problèmes sur l'île. Ce qui laissait les gardiens des lieux, à la fois perplexes et loin d'être remplis d'espoir, se charger de devoir négocier avec le poivrot violent qu'ils se coltinaient. La première approche classique avait plutôt mal fonctionné. Le premier avertissement avait d'ailleurs été vivement renvoyé, et un garde aurait du mal à s'asseoir désormais, au vu de la destination qu'avait connue son arme. On parle tous un jour ou l'autre d'enfoncer nos ennemis dans le fion avec leurs propres conneries, bah celui-là avait eu droit à une dose d'authenticité monumentale. Il était pas près de l'oublier.

Après, ils s'étaient replié sur la technique du tir à vue. Sauf qu'à peine deux tirs balancés - et ratés par le fait même - que le destin des tireurs avait suffi à leur faire prendre leurs congés maladie pour les deux prochaines années. Autant dire qu'avec trois victimes en moins de quelques minutes, les responsables de l'entrée du domaine avaient rapidement décidé de réduire leur implication au minimum. Tout juste pour laisser les gardes personnels du maître des lieux faire leur travail. Un quatuor relativement redoutable, doués aux arts martiaux divers et autres techniques pouvant servir à faire pivoter le cou d'un homme. Cessant un moment de trinquer à la bouteille qui s'avérait être le gros de ce qui justifiait son comportement exubérant du moment, Icarus se mit rapidement à haranguer les nouveaux arrivants depuis sa position derrière les barreaux de la porte principale.

'' Deux, quatre ou vingt-cinq, z'êtes tous pareils! J'suis venu prendre un séjour de luxe aux frais d'la princesse, c'pas vous qui allez m'enlever ça! ''

Qu'ils y viennent le bouter hors du coin, ces zigotos. Parce que si le destin devait faire qu'ils y parviennent, ce serait après avoir brisé les jambes de l'inventeur pour ensuite le trainer jusqu'aux quais. En dehors de cette possibilité, tout le reste impliquait qu'ils se prenaient une série de mandales du tonnerre, histoire de se faire secouer les idées en beauté. Déjà, les types qui venaient vers eux avaient au moins l'air un peu tenaces. Y avait du muscle, du vrai, et des armes qui devaient être capable d'au moins infliger plus que des égratignures. Après, c'était de voir si les débiles qui portaient les armes sauraient s'en servir. Ou plutôt, s'ils seraient assez rapides pour s'en servir. De toutes façons, Ezeckiel serait sans doute apte à faire sauter ce qui devait l'être, si la situation le demandait. Parce que même dans son état actuel, semi-bourré et chancelant en dessous du porche d'entrée du domaine, Icarus pouvait affirmer avoir une certitude.

Ils feraient ce qu'ils voudraient, ils allaient quand même regretter d'avoir un jour quitté l'entrejambe de leurs mères.

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MessageSujet: Re: Les Feux de la Révolution : Le Comeback des Champions   Ven 13 Jan - 5:59

Les Feux de la Révolution
feat. Icarus "Pan" Valerius

La complainte d'Icarus n'était rien de plus qu'une routine, si bien qu'il choisit de l'ignorer superbement du début à la fin. À force de péripéties, ce n'était bien sûr pas le premier tonneau qui avait le malheur de se briser sous ses yeux. Il y en avait même eu tellement que l'escroc ne les comptait plus. Que ce soient des verres brisés, des chopes renversées... C'était à chaque fois le même cinéma, même si le mélodrame allait croissant en fonction de la quantité sacrifiée. Ayant déjà eu droit à pire, il n'y avait aucune raison de penser qu'il ne s'en remette pas, même si à chaque fois le savant fou allait raconter à qui veut l'entendre qu'il était inconsolable... Avant de noyer son chagrin dans l'alcool. Si ce n'est pas ce qu'on appelle soigner par le mal. Se désintéressant de la question, il n'y était revenu qu'au moment de subir la correction qui allait de pair avec toute destruction de cet acabit. Tous les biens matériels n'avaient que peu d'importance, hormis quand le sujet revenait invariablement à la cave à vins que le scientifique projetait de se construire quand ils auraient un point d'ancrage digne de ce nom.

Car à chaque fois qu'ils mettaient en péril la moindre rasade de bibine, ce rêve grotesque s'éloignait un peu plus du seuil du réalisable, et le type ne manquait pas de lui en tenir rigueur. Après tout, quel meilleur punching-ball que celui qu'on se sait incapable de réduire en miettes ? Et bien que sa constitution renforcée de métal lourd lui garantisse une douleur réduite, Dark eut le réflexe malheureux de vouloir fermer les yeux au moment de l'impact... Qui n'arriva jamais à destination. Risquant un regard prudent, il n'eut le temps que de cracher un juron dont la teneur se perdit dans le vacarme de cet effondrement. Avant même que le calme plat ne retombe, on put voir la cible de ce terrorisme bon marché sortir du sol par le biais d'une porte qui n'y était pas une seconde auparavant, comme s'il s'était réfugié dans un sous-sol imaginaire. Curieux.

Intact ou presque, il n'avait à se plaindre que de l'état de sa tenue, une nouvelle fois couverte de sciure, de plâtre et d'autres bribes appartenant indéniablement à la demeure qui venait de connaître une fin tragique. Passant vivement les paumes sur ses manches pour en chasser ce qui était venu les salir, il ne pesta même pas. Rien que de très habituels échanges. Fourrant les mains dans ses poches dès qu'il estima avoir récupéré un aspect décent, il émit un bâillement, nullement inquiété par ce qui venait de se produire et les chances que ça leur retombe dessus ultérieurement. Un peu plus ou un peu moins, quelle importance, au fond. Et alors qu'il passait à côté du clochard sur lequel Icarus venait de se passer les nerfs, il eut la pitié de lui lâcher une pièce à portée de main tant qu'il réussissait encore à garder un oeil ouvert. Enfin, en apparence. Avant que la poigne du brave homme n'ait pu se saisir du sou précieux qui allait le consoler de la tuméfaction de son visage déjà pas joli à voir à l'origine, il s'en échappa.

Et dans la lumière du jour, même ses paupîères boursouflées ne l'empêchèrent pas de remarquer la finesse d'un fil d'argent qui devait bientôt ramener l'or dans la pièce de son propriétaire. Lequel continua sa route sans même un regard en arrière, comme si ce sale tour était d'une banalité affligeante. Le miséreux brandit le poing en signe de menace et voulut l'incendier pour ce faux espoir mais n'en eut pas la force, s'étranglant dans ses invectives avant de retomber dans l'inconscience. Faisant tournoyer l'écu dans les airs de même que le fil par lequel il tenait, Dark fredonna un air connu avant de le rempocher. Il suffit d'un rien pour vous mettre un homme de bonne humeur, décidément.



- Puisqu'on vous dit qu'on veut juste voir comment c'est à l'intérieur, vous allez quand même pas nous faire chier ?

Manifestement, si.

Changement de décor. Les embrouilles continuent, mais cette fois à hauteur du palais précédemment repéré. Même l'état second d'un Icarus fébrile n'avait pas suffi à lui ôter l'idée de la tête. Dark, pour sa part, n'en avait tout simplement rien à foutre et s'était contenté de suivre le mouvement. Mais si le bâtiment l'indifférait, c'était bien moins le cas de la conduite des sentinelles. Qu'ils leur barrent la route, passe encore - c'était avec l'inventeur qu'ils auraient maille à partir, lui s'en moquant comme de ses premières chaussettes. Ce qu'il tolérait bien moins, c'était avec quel air hautain et peu affable chacun d'eux débitait inlassablement la même réponse, celle qui leur valait de voir une bottine de plus près qu'ils ne l'auraient cru possible. Un geste auquel le navigateur avait tendance à succéder d'un rajout de son crû, symbolisé par un magnfique croche-pied qui les envoyait s'écraser de tout leur poids sur le massif grillage en fonte. Ce qui, à la friction avec leurs pesantes cuirasses, produisait des sonorités si mélodieuses qu'il se sentait dans l'obligation de varier les plaisirs pour donner lieu à un concert improvisé en plein air.

Seulement, s'il y a bien quelque chose qui le caractérise, c'est cette tendance à très vite se désintéresser de toute activité ne bénéficiant pas d'un minimum de renouvèlement. Et cette distraction passée, il fut à nouveau sujet à la profonde lassitude que lui inspiraient les doléances de son compagnon de route. Pour une raison obscure, ce dernier avait décidé de ne pas bouger de là tant qu'ils n'auraient pas eu le droit de faire un tour à l'intérieur. Ce qui s'avérait assez improbable tant que les gardiens seraient en travers du chemin. Pour ne pas dire que leurs chances d'y accéder étaient quasiment nulles. Légalement, du moins. Et à force d'entendre le savant en parler comme de la huitième merveille du monde, sa curiosité avait été quelque peu piquée au vif, l'amenant à se demander si par hasard il n'y aurait pas une raison précise qui le motive à vouloir y aller à ce point. Quelque chose qu'il ne lui aurait pas dit, par ailleurs, auquel cas il lui adresserait une plainte à sa manière en temps et en heure. Exaspéré par toute cette attente, il retroussa ses manches, plus par habitude que par réelle nécessité.

- Laisse faire, si ces pauvres cons veulent rien entendre, on va pas s'emmerder. On est jamais mieux servi que par soi-même. Alors les mecs, prêts pour un tour de magie ?

Un fruit du démon, ça a ses bons côtés. À commencer par celui de ne souffrir d'aucune rationnalité. Ouvrir une porte à partir de rien en faisait partie, dans son cas. Au milieu de nulle part, dans les airs à mi-hauteur, s'était ouvert un passage qu'il était seul à pouvoir utiliser. Sa main s'y était dès lors engouffrée sans plus tarder pour ensuite actionner le levier qui devait ouvrir la grille les séparant de l'entrée, qui obtempéra docilement sous le regard médusé des gardes. Son corps avait suivi, si bien qu'il se retrouva derrière eux, prouvant que ce pouvoir ne se limitait pas à une seule partie de son être. Et pour toute explication, il les gratifia de son plus beau sourire mesquin. Méfait accompli.

Comprenant aussitôt qu'ils n'avaient pas affaire à un individu ordinaire, l'un d'entre eux sortit du col de sa chemise un sifflet dont il usa à pleins poumons, le visage rougi par l'effort. Sans doute un rituel visant à appeler ses collègues à la rescousse, se dit le révolutionnaire. Et il ne s'y était pas trompé, puisque des bruits de course se firent entendre dans les secondes qui suivirent, pour mieux faire venir à eux un contingent de soldats armés. Il s'en frottait les mains d'avance. Il aurait pu refermer le conduit comme si de rien n'était, mais l'avait omis volontairement pour une bonne raison. Dès que les croisés fondirent sur lui, il se décala d'un pas et brandit cette "porte" en bouclier, les laissant s'écraser sur une surface composée de rien. D'air densifié, tout au plus, et encore ce n'était pas le terme exact.

Cette absence de logique dans le phénomène le ravissait, et ébranlait au moins autant la rigueur scientifique d'Icarus. Aucune raison donc de ne pas en profiter. Sitôt que l'un des énergumènes se fut assommé en rentrant dedans, il prit appui au sommet de cette plaque d'atmosphère et se propulsa dans les airs. Or, tout ce qui monde doit redescendre et ce fut pour lui l'occasion de décocher un magnifique coup de pied tombant sur le crâne de l'un de ses poursuivants. S'il avait été humain, heurter si brutalement un casque en métal aurait pu risquer de lui briser les os. Fort heureusement, ce n'était plus tout à fait le cas. S'enfonçant d'un cran sur le crâne de son propriétaire, il vit ce dernier tomber comme une mouche après cette rencontre avec un soulier vindicatif. S'en tapant dans les mains, Dark afficha son plus bel air triomphant.

- Ça, c'est fait. C'est parti pour une visite guidée.

Et alors qu'il tournait la tête vers Icarus pour s'enquérir de sa position tout en avançant, il eut la mauvaise surprise d'être interrompu par une pointe de lance arrivée là purement par hasard. Brandie sous son nez, c'est pourtant sa joue qu'elle érafla au moment où il se rendit compte de sa présence en travers du chemin. Reculant d'un bond, il porta la main à son visage, constatant au passage qu'à deux centimètres près il se serait retrouvé borgne. Et ça, même les plus grandes merveilles de technologie n'auraient rien pu y faire, il en avait bien peur. Et même si cela avait été envisageable, jamais les sales pattes du faiseur de monstres n'auraient pu reproduire à la perfection ses jolis iris couleur de sang. Un sourire mauvais étira ses lèves alors qu'une lueur malveillante venait habiter son regard en discrète locataire, mais néanmoins bien présente. Qu'on cherche à le prendre à le propre jeu était sans doute ce dont il avait le plus horreur, à plus forte raison quand c'était par surprise.

- On t'a jamais dit de pas jouer avec les trucs coupants ? Laisse ça aux grandes personnes, tu pourrais te faire mal.

Paradoxalement, il sortit de sa poche son cran d'arrêt fétiche, le faisant tournoyer entre ses doigts comme d'autres le feraient d'un stylo. Lui insufflant une rotation régulière, sa lame n'en était pas moins bien positionnée par rapport au soleil pour luire d'un éclat malsain. Celui-ci n'était pourtant encore rien à côté de toutes les intentions néfastes de son propriétaire, qui ne laisserait pas impunie cette agression caractérisée. Ce n'était pas comme s'il avait fait quelque chose pour le mériter, hormis assommer deux de leurs colllègues ; ce n'était pas un motif suffisant pour attenter à sa vie et s'en être octroyé le droit allait se payet très cher. Car après tout, il n'y avait aucune raison qu'ils soient au courant de ce qu'avait fait le tandem dans la matinée.

- Rendez-vous ! On sait que c'est vous qui avez mis le port à feu et à sang !

...Bon bah raté. Soupirant de voir à quel point les nouvelles vont vite, même dans un si vaste royaume, Dark s'élança vers l'avant. Et s'il avait son canif à la main, c'est pourtant l'autre qui fut armée en ce qui aurait pu être un coup de poing, sans que ce ne soit le cas. Sa main n'était pas assez serrée que pour penser qu'il ait sérieusement compté faire du mal à quelqu'un avec. Or, n'importe qui vous le dira, il n'était pas dans ses habitudes de s'en prendre à quelqu'un à la légère quand il décidait de le faire. Pourtant, ce coup qu'il avait préparé partit bien trop tôt, alors qu'ils étaient encore à quelques mètres l'un de l'autre. Le Portier félicita ses réflexes : s'il n'avait pas bondi si loin en arrière, il n'aurait jamais eu l'espace nécessaire pour appliquer une telle stratégie. Ainsi, sa main traversa les dimensions pour ressortir dans le dos du pauvre homme, qui eut la surprise de sentir une vague de douleur irradier de son dos l'instant d'après.

Un faisceau de lumière venait de jaillir de la paume du cyborg et de lui faire perdre l'équilibre, le projetant en avant. Stoppant sa course, Dark usa toutefois de toute l'énergie cinétique collectée grâce à sa prise de vitesse pour lui offrir le droit à un magnifique coup de pied ascendant qui devait lui briser le menton à la force de son acier trempé. La frappe fut si abrupte qu'il crut entendre ses orteils grincer de déplaisir, mais n'ayant pas éprouvé la moindre douleur il remercia la solidité de ses bottes aux si lourdes semelles. Le corps inerte du chevalier en armure s'envola dans les airs pour mieux retomber sur ses camarades, qui le rattrapèrent tant bien que mal avant que l'arnaqueur ne leur fasse grâce d'un nouvel assaut, latéral cette fois, n'en visant aucun en particulier et cherchant juste à frapper dans le tas pour leur faire perdre leurs repères.

Malgré la confusion de cette mêlée, la disposition des lieux ne laissant que peu de place à cette ébauche de bataille, ils réussirent pour plusieurs à mettre sa vie en péril à la pointe de leurs armes. Plusieurs allèrent transpercer sa veste de part en part, lacérant ses vêtements et creusant sa chair de quelques estafilades qui lui firent voir rouge. Sa colère fut froide néanmoins, sadique, ayant à présent envie de faire durer le plaisir en leur apprenant ce qu'est le respect qui à son sens manquait à leur éducation. Ainsi, son couteau passa de main en main, presque comme un jeu, alors qu'il jaugeait chaque visage à mesure qu'il les passait en revue. Il y eut bien quelques coups qui le prirent pour cible, mais ayant récupéré toute sa concentration, il put les esquiver sans trop de mal, ou les dévier quand ce n'était pas possible afin de ne pas en faire les frais malgré tout.

Son binôme l'avait repéré autant que lui, des grosses pointures se cachaient dans cette horde de fantassin. Néanmoins, la stratégie lui dictait de mettre d'abord en déroute le menu fretin pour ensuite s'occuper de ceux qui en valaient vraiment la peine, une fois qu'ils n'auraient plus de poids morts dans les pattes.

- Bon, alors... À qui le tour ? Allez les gars, j'peux pas vous laisser repartir après avoir fait ça, ce serait criminel. Vous allez quand même pas me dire que vous êtes pas foutus d'assumer vos actes jusqu'au bout, pas vrai ? J'aime pas les promesses en l'air, alors j'espère pour vous que vous êtes prêts à finir ce que vous avez commencé, sinon on va pas s'entendre. Maintenant que vous avez réveillé le dragon, démerdez-vous mais comptez pas sur moi pour fermer les yeux.

Enfin ça, c'était avant de se prendre un coup de pied sauté en pleine face.
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MessageSujet: Re: Les Feux de la Révolution : Le Comeback des Champions   Ven 13 Jan - 8:49

Dans la gueule, dans les gencives et dans les parties. C'était le genre d'endroit dans lesquels les pieds et mains d'Ezeckiel semblaient adorer trouver leur présence alors qu'Icarus regardait, un peu médusé. Il ignorait si ce qu'il était en train de combattre lui-même en ce moment était une béatitude putainement tentante, ou alors juste une crise de foie. Encore une autre quoi, ce truc arrêtait pas d'se plaindre. Pour finalement la remballer quelques minutes après, lorsqu'il voyait que son possesseur s'en foutait comme de l'an quarante de ses arguments. Un peu comme une femme exténuée dans un vieux couple. Ça se plaint, encore et encore, mais ça finit toujours par la boucler quand elles se rendent compte pour la énième fois qu'elles parlent dans le vide. Autant appeler pour dire que c'est l'heure de la soupe, y a une fenêtre d'attention d'environ vingt secondes. Tout ça, quoi. Son foie était une épouse éconduite dans un mariage qui centrait les intérêts de l'homme. Il décidait ce qui entrait. Il décidait ce qui fonctionnait ou pas. Et surtout, il décidait s'il allait faire une foutue crise de foie de merde! Non mais faut pas la chercher trop longtemps, hein.

Ce fut au moment de sortir de sa réflexion de mari ingrat et insensible envers les demandes de son propre corps qu'Icarus finit par se rendre compte que quelques gardes l'avaient encerclé. Armurés, armés à la lourde de lances ayant des airs à pouvoir embrocher un éléphant. C'est que ça devenait sérieux, toute cette connerie. S'ils les menaçaient avec de vraies armes dangereuses, ils allaient devoir se faire remonter le niveau dans la figure, eux aussi. Et les slips aussi, par la même occasion, ce qui leur ferait sans doute réfléchir quand à savoir si cet affrontement aurait réellement valu de sacrifier leur masculinité. Déjà au moins, ils semblaient être contents de n'avoir qu'à l'encercler de façon stoïque jusqu'à maintenant. Ouais bon, c'était pas la faute de personne d'autre que l'inventeur s'ils avaient pas eu à faire encore, hein. Après tout, il était pas exactement dans un état qui laissait supposer qu'il puisse opposer une résistance de taille. Il chancelait sur ses pieds, semblait doté de l'équilibre d'un pissenlit dans un ouragan, et fixait à moitié dans le vague. En fait, il regardait le ballet savant dans lequel Ezeckiel s'était embarqué un peu plus loin. Il avait beau être un sale gueux de jeune connard prétentieux, il avait au moins le mérite de savoir distribuer des savates avec une certaine classe. Oui bon, la technique était pas encore au point, hein. Ses vêtements commençaient à se la jouer les gruyères un peu trop fidèlement au goût d'Icarus. Au goût du possesseur des vêtements aussi, sans doute. Mais bon, malgré les quelques coups qui passaient près de faire mouche, le jeune semblait bien s'amuser à valser au milieu des hurluberlus en tenues de tôle qui tentaient de le chopper pour lui faire sa fête.

En attendant, il avait quoi de son côté à vrai dire? Soudainement intéressé par sa propre situation, l'échevelé tourna lentement la tête pour jeter un coup d'oeil circulaire sur son propre voisonnage. Un, deux, trois...six...huit têtes de gland enfermées dans des casques aux allures de chaudron bien coiffé. Le truc c'est que la moitié d'entre eux avaient des lances, et l'autre moitié brandissaient des sabres qu'on aurait pu croire flambants neufs. À les regarder de près, on aurait juré que toutes ces armes venaient d'être aiguisées dans la matinée. Ce qui était sans doute le cas ; dans une demeure comme celle-là, ils devaient sans doute avoir le budget de faire aiguiser jusqu'aux couteaux à beurre à tous les matins. Bon, donc Icarus se trouvait dans une situation sans doute peu enviable, et les regards qu'il sentait posés sur lui n'inspiraient pas grand chose de mieux. Peut-être que c'était encore possible, la négociation?

'' Hem...Dîtes, ça vous chanterais pas de nous laisser partir sans faire autant d'histoires? C'est que j'crois avoir garé mon bateau en double file en bas aux quais, alors j'devrais sans doute- ''
'' SILENCE, SALE CHIEN! ''


C'était parti tout seul. D'un coup, le premier soldat en face de lui fit un pas en avant, envoyant sa lance frapper avec force sans une once d'hésitation. Ils frappaient pour tuer, ces cons! Toujours est-il que tout ce qui en résultat, ce fut Icarus qui se mit à tournoyer avec ce qui aurait pu ressembler à de la grâce, n'eut été de son taux d'alcoolémie. Une seconde et trois pivots plus tard, ce fut une pression caractéristique concentrée dans le bras d'Icarus qui alla trouver sa place dans le crâne de l'assaillant mal préparé. Un mouvement bien plus instinctif qu'autre chose, achevé par un bête coup d'un revers de poing fermé. Ou en tout cas, c'aurait pu être un simple revers si le coup n'avait pas envoyé sa cible s'envoler sur quinze mètres, emportant un autre de ses collègues dans la foulée. Le silence venait de retomber, en même temps que la poussière soulevée par les quelques cinq secondes qui venaient de s'écouler sous les yeux interdits des gardiens du manoir. Le point d'Icarus était encore suspendu dans les airs, immobile. Immobile comme le bras d'une statue de marbre. Merde. La négociation venait sans doute de prendre la même raclée que l'autre ramolli de la cervelle. Ce qui serait sans doute bien davantage qu'un simple jeu de mot dorénavant, d'ailleurs. Pauvre homme, c'était pas de chance. Mouais bah on peut pas réchapper ce qui s'est passé, alors autant assumer pour mieux recevoir la suite, faut croire. Portant sa bouteille presque vide à ses lèvres, l'homme avala une gorgée avec sonorité, laissant finalement son bras figé retomber mollement à son côté. Un bref regard en coin qui voulait tout dire acheva de décider la prochaine scène.

'' Non mais vous attendez quoi au juste, ma permission? Allez-y qu'on en finisse avec cette connerie, j'commence à chopper un mal de tête. ''



C'aurait été une chorégraphie qu'ils auraient sans doute pas fait mieux. D'autres soldats venaient d'arriver au moment de lancer l'assaut de groupe sur le type bourré qui semblait faire une épreuve du fait de se tenir droit. Et c'était vrai, en fait. Se tenir droit, en ce moment, c'était du domaine de l'improbable, et à très haut niveau. Cependant, c'est là que la majorité des cons armés font l'erreur qui leur coûte la peau du cul. Ils se disent ''Eh mais, l'autre est groggy, j'vais m'le faire fastoche et lui faire sa fête!'', persuadés de leur bon droit. D'accord, d'ordinaire ça a une partie de vrai, tout ça. Cependant, les réactions d'un homme sous les effets de l'alcool n'en restent pas moins à redouter, en particulier quand le type a déjà démoli une demi-douzaine de portiers dans les dix minutes précédentes.

Il les voyait. Comment ça se faisait qu'il les voyait? Les coups de lance, les coups de sabre, tous les coups qui venaient à lui dans le but de le transformer en brochette prête à passer au grill avec sauce au beurre, il les voyait tous arriver comme s'ils étaient au ralenti. Il se penchait, se courbait, exécutait diverses manoeuvres pour éviter les coups, comme si c'était une des tâches les plus simples du monde. Des plus simples, mais il y comprenait que dalle. Pourquoi tout défilait aussi lentement? C'était son cerveau qui avait fini par lâcher, et avait décidé de se mettre en mode veille pour analyser tout ce qu'il voyait un point à la fois? Parce qu'en attendant, c'était pas très juste pour les autres types, hein. Il leur rendait leurs coups avec des coups de genoux et de pieds de son cru, le tout rajouté d'un coup de poing baraqué de temps en temps pour envoyer valser au loin le type qui se le prenait. Mais le plus insultant, c'était sans doute qu'il tenait encore sa bouteille, dans sa main gauche. Il ne la lâchait même pas une seule seconde. Un jeu de jambes, une main de libre, et il les bottait tous. Mais comment il y arrivait à faire tout ça, hein? C'était la bibine? Y avait quelque chose dans la bouteille? Ouais, devait y avoir quelque chose dans sa bouteille. Les produits étrangers, tout ça. Plein de produits malpropres aux effets pas nets.

D'un point de vue extérieur, les quelques personnes qui s'y intéressèrent ne purent que rester sidérées devant la scène. Il y avait onze hommes. Onze hommes entraînés au maniement de leurs armes, armurés, fiers de leurs capacités, qui n'arrivaient pas à mettre un seul coup à un type bourré. Pas un seul coup. Tel un courant d'air, ondulant et pivotant comme si la main du Diable en personne le guidait, l'ivrogne évitait tout. Déviait tout. Renvoyait tout. Et pourtant, ses yeux semblaient fixer un vide lointain que lui-seul semblait être en mesure de discerner. Un peu comme s'il était dans une sorte d'état second. Toujours est-il qu'en un peu moins d'une minute, à la force de ses pieds et de sa main, Icarus acheva de faire s'écrouler le dernier de ses assaillants, reprenant rapidement une posture plus que douteuse, comme s'il sortait d'un rêve éveillé. Clignant des yeux quelques fois, incertain de façon évidente au vu de l'expression qu'affichait son visage, l'homme leva sa bouteille presque vidée devant son visage. Il la maintint un moment sur cette position, en fixant le contenu avec une intensité nette.

'' ...Ouais bah c'pas d'la p'tite bière, ce truc. ''

~¤'°'0’°'¤~

Voilà, les portes étaient bloquées. Les portes doubles du manoir avaient beau être loin d'être minces, elles n'en demeuraient pas moins faîtes d'un bois aisé à briser avec de la persévérance. Un simple bélier, quelque chose de contondant, et quelques coups l'auraient ouverte directement. Aussi, la pièce de bois épais qu'ils venaient de mettre pour assurer de la solidité du portail allait-elle s'avérer d'une utilité fort conséquente. Ce n'était qu'une précaution utile, vu que les hurluberlus à l'extérieur ne pouvait toujours bien pas être venus de la force qui avait été envoyée en renforts quand les signes du grabuge étaient parvenus à leurs oreilles. D'ailleurs, les sons avaient commencé à s'estomer, lentement, progressivement. L'hésitation rendait les fusils tenus avec une mollesse un brin dangereuse, et l'incertitude acheva de faire reculer les concernés.

Un silence de mort régnait maintenant. Pas de nouvelles de quoi que ce soit, ou de qui que ce soit. Jusqu'à ce qu'un bruit sourd ne fasse sursauter tous les individus du couloir, qui regardèrent d'un air incrédule l'une des charnières de vingt kilos tomber lourdement au sol. Elle venait carrément d'être arrachée de force, comme par une bombe. Ils n'allaient tout de même pas bombarder le bâtiment!? La réponse ne tarda pas à se présenter, alors qu'une deuxième, puis une troisième et finalement la dernière des charnières connurent le même sort. La porte de bois sculpté, bloquée d'un madrier, ne tenait désormais plus que grâce au cadre dans lequel elle se trouvait. Et ce dernier détail ne tarda pas à rendre son tablier comme le reste, alors que les deux portes se mirent à sortir de leur emplacement avec un grincement profond et sinistre. Soulevant un nuage de sciure de bois en s'écrasant dans un vacarme ahurissant, les portes laissèrent finalement leur embrasure donner accès à l'extérieur. Là, dans l'ouverture béante laissée par la porte désormais déchue, se tenait un homme aux allures d'échevelé, habillé comme un arc-en-ciel, achevant de vider une bouteille qu'il se faisait un apparent devoir de siphonner avidement. Le bras tenant la bouteille finit par retomber, laissant l'homme se tourner lentement vers les soldats pétrifiés qui le reluquent sans un mot. L'air hagard, la posture flageolante...et accompagné d'un arrière-plan de nombreuses armures étendues sur le sol.

D'un geste lent et posé, Icarus ne trouva rien d'autre à faire que de lever la main à hauteur de son visage, faisant mine de cogner sur une surface imaginaire avec douceur.

'' Toc toc. C'est ouvert? ''

Aucune réponse. Aucune réaction, que des allures de brochets empaillés tous réunis pour lui faire le numéro du banc de poissons à l'entrée. Eh bah quoi, ils appréciaient pas une bonne blague, ces glandus? Y avait toujours moyen de rester poli quand quelqu'un fait un effort, non mais. Bah, tant pis pour leurs gueules. Se tournant d'un air de dépit vers le décor derrière lui, Icarus repéra son compagnon de route au bout de quelques secondes. Il venait de mettre son compte à un dernier garde de la place, lui envoyant son pied au travers de la gueule d'un coup de pied renversé tout ce qu'il y a de plus artistique. Un petit grattement de menton pour laisser le temps au silence de retomber, et on signale rapidement la suite des évènements au jeunot. Histoire qu'ils se perdent pas de vue dans le bordel où ils étaient, maintenant.

'' Eh, j'crois que les visites libres viennent d'ouvrir, tu veux aller faire le tour? ''

En route, mesdames et messieurs. En rangs serrés, la visite va commencer.

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MessageSujet: Re: Les Feux de la Révolution : Le Comeback des Champions   Dim 15 Jan - 8:00

Les Feux de la Révolution
feat. Icarus "Pan" Valerius

Le contrebandier se massa la mâchoire. On a beau avoir une doublure en fer forgé, ce n'est pas ça qui aidera à rendre un coup de pied ninja en pleine tête plus agréable. Par ailleurs, la pression exercée par cette frappe frontale l'avait fait glisser en arrière de plusieurs mètres, sans le faire choir toutefois. Son équilibre d'ordinaire si précaire lui réservait parfois de bonnes surprises, aux moments les plus inattendus. Une chance qui ne durerait pas, et qu'il voulut consumer jusqu'à extinction en se projetant vers l'avant pour toute réponse. Son crâne heurta celui de son assaillant, qui réalisa avec stupeur que son front à lui seul était plus solide que n'importe quel casque. Le grincement qui eut lieu à ce contact aurait pu le mettre sur la piste d'une explication s'il n'était pas déjà en train de perdre conscience. Armé jusqu'au dent ou pas, ça ne fait pas grande différence quand on a pas le temps de se servir de son bric à brac. Tout ça sous fond de hoquet alcoolisé de la part d'Icarus, ce qui fournissait une ambiance musicale quelque peu décalée. Il faut dire qu'affronter une ribambelle de sentinelles armées n'était que bien peu de choses après avoir été le sujet d'expérience de ce siphonné du bocal durant toutes ces années.

Et s'il était consentant pour les dernières, c'était surtout pour ne pas saloper le travail déjà bien trop commencé pour ne pas revenir en arrière. Déjà dénaturé par l'absorption d'un fruit du démon, son corps n'avait plus grand chose d'humain, et à vrai dire cette normalité ne lui manquait pas tant. Au contraire, c'était même plutôt arrangeant étant donné l'idée qu'il se faisait de la majeure partie du genre humain et de ses déclinaisons les plus douteuses. Mais être dépendant de ce frappadingue pour tout ce qui concerne la partie technique, en revanche, ne l'enchantait guère. La moindre maintenance demandait ses soins appliqués, autant dire que leur rareté faisait leur force quand le type oublie jusqu'au sens du mot sobriété six jours sur sept. Et encore, si on pouvait attribuer la moindre constance au septième. Ni avarie, ni défaillance jusque là, et les risques d'en faire un jour les frais étaient rares tant qu'il pouvait s'entretenir correctement ; sur ce plan-là, il n'avait pas à douter de lui. Il fallait bien une exception à la règle de l'incompétence de ce charlatan.

Il pouvait bien se plaindre de s'être fait refiler de la camelote, quand on voit avec quelle facilité sa mécanique progéniture lui pète à la gueule même sans ça. Même s'il lui avait donné de la première qualité, si c'était pour qu'il en fasse la même chose au bout du compte, ça n'aurait rien changé. Enfin. Ce n'était pas l'heure de ressasser un passé qui n'avait plus sa place dans leur relation, pourtant toujours aussi conflictuelle qu'à l'époque. Quoique moins portée sur une furieuse envie de changer l'autre en chair à pâtée et à le refiler aux chiens errants du quartier après coup. Cela dit, ce désir refaisait surface à cet instant, mais cette fois pour être dirigé à l'encontre de ces soudards. En général, quand il tombait sur une bande de tocards, il suffisait d'en rétamer deux ou trois pour que les autres comprennent qu'ils n'étaient pas tombés sur la bonne personne. Là, les types étaient conscients qu'ils risquaient leur place et le pognon qui va avec s'ils choisissaient de s'écarter volontairement pour les laisser passer, et devaient donc se résoudre à y aller même à contrecoeur.

Pour prendre une dégelée à leur tour. Les inconvénients d'avoir signé un contrat lors de l'entretien d'embauche, quoi. Au moins, leur association de malfaiteurs au rabais se passait de ce genre de contrainte, pour les laisser libre comme l'air. Bon, à ceci près qu'un paquet de gars du côté de South Blue avaient toujours pour ordre de les dézinguer à vue s'ils montraient le bout de leur nez, mais c'était jamais qu'un détail tant qu'ils étaient de l'autre côté du globe. Fermement campé sur ses positions, il entama un échauffement de son jeu de jambe avant d'exécuter un petit bond, sans envergure spécifique. À peine de quoi s'élever assez haut pour envoyer sa semelle en travers du torse de l'homme de troupe qu'il venait de sonner un bon coup. Parlant de sonner, cela avait provoqué un son de cloche intracrânien qui susciterait sans doute très bientôt une migraine épouvantable dont il se serait bien passé. Raison de plus de leur foutre la branlée intersidérale qu'ils réclamaient pour qu'ils lui foutent la paix le temps que ça passe, ces saloperies ayant tendance à le rendre d'une humeur massacrante. Ce qui, par ailleurs, n'était pas plus mal dans la mesure où du massacre, il allait en avoir et en quantité suffisante.

- Mais c'est pas possible d'être aussi cons ! Vous avez rien de mieux à foutre que de ruiner les fringues des honnêtes gens, sans déconner ? Vous me faites chier à la fin, foutez-moi le camp les tocards !

Joignant le geste à la parole, il attrapa par le bras l'un de ceux qui gisaient déjà au sol pour s'en servir comme d'une masse de chair afin de tabasser ses petits copains à son aide. Puisqu'ils étaient pas foutus de faire leur boulot correctement, autant leur trouver une autre utilité. Son répertoire reposait sur les armes tranchantes, non contondantes, mais celle-ci bien qu'improvisée réussissait à remplir son rôle correctement. À moins que ce ne soit le plaisir sadique de les fracasser l'un contre lui qui lui en donne l'illusion, allez savoir. Toujours est-il que l'expression « en prendre un pour frapper sur l'autre » n'avait jamais eu autant de sens qu'à ce moment précis. Dès qu'il sentit les os commencer à se disloquer, il le lâcha sans tenir compte du fait que le corps inanimé soit toujours en suspension dans les airs. Un projectile organique idéal qui atterrit à son tour parmi la palanquée de pécores vêtus à l'identique. La partie de bowling du pauvre, nomma-t-il mentalement. Si habituellement on pouvait remplacer les quilles par des types, c'était rare d'en faire de même avec la boule. Mais ces ploucs étaient tellement lourds que dans l'absolu, ça ne faisait pas grande différence.

Ce n'est qu'une fois les mains libres qu'il eut à loisir d'examiner sa veste et son état déplorable, et d'enrager de n'avoir rien pu faire pour l'en préserver. Venant de la part d'une brochette d'attardés qui se sapent tous pareils, pas étonnant que la valeur d'une garde-robe leur échappe, mais c'était quand même pas une raison pour foutre en l'air celle des autres. D'un haussement d'épaules, il l'en fit tomber et entreprit de l'enlever non sans pester allègrement, après avoir pris le temps de s'allumer une cigarette. Le clodo étalé par Icarus alors qu'ils étaient en route en avait par chance un paquet crasseux dans ses poches qui ne l'étaient pas moins. Pas grand chose, mais ça dépannerait. Toujours mieux que rien. Et avant d'avoir pu l'ôter totalement, un coup de lance fusa vers son plexus, l'un des soldats voyant là sa chance d'en finir avec l'une des plaies purulentes que cette journée pourrie leur avait rapporté. Mauvaise idée, car s'il y avait bien quelque chose d'optimal chez Dark avant même son amélioration, c'était son acuité visuelle – sans parler de ses réflexes.

Ceux-ci lui dictèrent d'user de la boule de tissu déchiqueté qu'il avait à présent entre les mains en guise de bouclier. Bien évidemment, la pointe passa au travers, mais fut incapable d'aller jusqu'à lui. Et dès qu'il eut raffermi sa prise sur la hampe grâce à sa veste, à qui il allait par ce geste rendre un dernier hommage, il la souleva brusquement jusqu'à la dresser à la verticale. Son propriétaire, qui s'y était cramponné comme si sa vie en dépendait, fut expulsé par la force et son visage apprit à connaître le goût de la place pavée qu'il gardait habituellement. Le tout dans une gerbe d'étincelles qu'il devait au bord de son casque, lequel sauta de lui-même une fois que son corps se fut immobilisé. Digne d'une bouteille de champagne, songea le pickpocket avant qu'une lourde masse ne s'écrase à l'arrière de son crâne, profitant d'un manque d'attention de sa part. Jeté à terre, il put entendre les gardes s'extasier d'un air triomphant, s'encourageant à se dire qu'ils avaient fait la moitié du travail et qu'il ne restait plus qu'à maîtriser le pilier de comptoir pour enfin avoir la paix. C'était bien mal le connaître, hélas.

- Vous m'avez pris pour qui, bande d'enfoirés ?

Une main rageuse se raccrocha à la cheville de l'un d'entre eux, à laquelle il se tenait toujours au moment de se relever d'un bond – ce qui apprit au pauvre type ce que ça faisait que de se retrouver la tête à l'envers sans l'avoir voulu. Nanti de cette position de force, alors que tous se mordaient les doigts d'avoir crié victoire trop tôt, il se fatigua à le secouer pour faire s'écouler au sol tout ce qu'il avait sur lui, outre cette hideuse tenue de fonction. Et s'il était plus intéressé par la thune qui tombait de ses poches, cette fois, nul n'osa l'interrompre. Dès qu'il en eut terminé, et que le garde fut plus proche de dégobiller que d'être à nouveau en état de se battre, il le jeta négligemment par-dessus son épaule comme un vulgaire détritus. Sa valeur n'était pas beaucoup plus grande à ses yeux, après tout. Collectant ainsi la petite monnaie et les quelques biftons obtenus à la sueur de son front – et à la force de ses bras par la même occasion – il les rangea dans ses poches de pantalon. Quoi qu'il puisse en dire, le manteau sacrifié lui avait coûté une bouchée de pain, et il en avait prévu une quantité en cas de destruction inopinée. Mais se rembourser lui-même était toujours un bon moyen de faire passer la pilule de leur mise au rebut. C'est pas parce qu'ils pèsent pas leur poids en flouze qu'il faut laisser le premier bouffon venu les foutre en l'air sans rien dire, non plus.

Tout ça pour finalement se rendre compte que le Docteur Maboul – comme il l'avait baptisé jadis avant de connaître son authentique patronyme – avait fini le boulot sans l'attendre. L'odeur des vapeurs d'alcool n'attendit pas plus longtemps pour venir à sa rencontre, ce seul indice olfactif lui faisant savoir pourquoi cela s'était terminé si soudainement. Une pensée qui lui sortit de la tête quelques cinq secondes plus tard dans un haussement d'épaules, pour la bonne et simple raison qu'il n'en avait rien à foutre. La voie était libre, et rien n'aurait pu lui faire plus plaisir après s'être fait chier à apprendre la vie à tous ces péquenots même pas foutus de tenir une arme comme il faut. Il aurait eu des leçons à leur donner, mais par malchance intégrer le corps professoral ne lui disait rien à moins que cela ne l'équipe d'un passe-droit lui permettant de buter ses élèves en toute légalité. Abandonnant le cadavre de son manteau après avoir une dernière fois regretté sa perte, il suivit les traces d'Icarus, ce qui en traduction se rapprochait de « flairer l'odeur de binouze pas fraîche qu'il laissait dans son sillage ».

Une habitude prise il y a fort longtemps pour ne jamais le perdre de vue, qui n'avait jamais manqué à sa tâche grâce à son goût immodéré pour la picole. Suite logique des choses, Icarus se sentit obligé d'ouvrir la porte grâce à une méthode peu orthodoxe, mais qui ne manquait pas du charme excentrique qui définissait leur duo que même l'adjectif « infernal » ne pouvait plus qualifier efficacement. Mais Dark n'avait nul besoin qu'on lui ménage une entrée, et pour le prouver il avait cru bon de profiter du temps de préparation de son acolyte pour ouvrir une brèche à l'intérieur. Ainsi, quand l'inventeur se mit à chercher sa trace dans son dos, c'est une voix issue du plafond qui lui répondit.

- Déjà fait. T'as vraiment cru que j'avais que ça à foutre de t'attendre ? Le jour où tu tiendras plus de la limace anémique, on pourra en recauser, mais d'ici là tu peux oublier, papy. Enfin, j'imagine que ce sera déjà fait quand t'auras fini de vidanger cette daube qui goûte l'eau de javel...

Passant par la trappe créée par ses propres moyens, il se cramponna à son ouverture le temps d'y faire passer son corps dans sa totalité avant de bondir jusqu'au sol qui l'attendait une poignée de mètres plus bas. Rien d'insurmontable pour qui a échappé à une battue des forces de l'ordre, activité sensiblement plus sportive que ces banalités. Sans doute oubliait-il un peu trop vite qu'à une telle hauteur, un individu lambda s'y serait cassé une jambe, si pas les deux, et si pas avec une fracture ouverte à la clé en supplément. Trois fois rien, en somme. Bâillant à s'en décrocha la mâchoire, il plaça en travers de ses épaules un fusil qu'il venait de dérober à l'insu de son propriétaire, qui devait encore se demander où il était passé. Nul besoin de munitions cependant, et même s'il en contenait c'était plutôt la perspective de s'en servir pour donner des coups de crosse qui lui faisait envie. Même maintenant, il n'était que peu à l'aise avec les armes à feu, à ceci près que maintenant il savait s'en servir. Ou presque. En atteste la détonation qui partit toute seule et fit exploser un buste en marbre à quelques mètres de là, dont le nez roula jusqu'à sa botte. Un instant circonspect, Dark finit par lâcher, comme réalisant une vérité jusque là dissimulée :

- Ah ouais, c'est vrai. Avec le cran de sécurité, ça marche mieux.
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MessageSujet: Re: Les Feux de la Révolution : Le Comeback des Champions   Lun 16 Jan - 3:44

Petit macaque prétentieux, il aurait du se renfoncer une jambe dans le coccyx pour apprendre à arrêter de s'la jouer dès qu'il le peut. C'était peut-être une idée, en fait : il veillerait à trafiquer ses contrôles moteurs au niveau des jambes un de ces matins, juste histoire de le voir pleurer comme une polichinelle de même plus être foutu de se lever. Mais bon, nourrir de la rancœur à l'écart de ce jeune paon encore avide de vouloir se faire valoir malgré ses airs de mur de glace, c'aurait été lui donner raison sur quoi que ce soit. Ouais, parce qu'en plus ce con d'Ezeckiel était un foutu diplômé dans l'art de faire croire qu'il valait mieux que son concepteur. Ce qui méritait bien entendu une petite mise au point occasionnelle en la présence de défectuosités inexpliquées dans les fonctions du cyborg. On apprend à respecter ses supérieurs ou on passe à la casse, au bout d'un moment, hein. De toutes façons, ce p'tit con n'arriverait probablement pas à tenir plus d'un mois sans lui. Mais pour la simple et bonne raison que sa mécanique avait bien plus besoin de ses entretiens réguliers qu'il ne pouvait le croire. Deux semaines sans une vérification de ses trucs, et il risquait déjà de se retrouver avec une jambe qui perdait toute sensation, ou un bras qui restait figé dans un uppercut jusqu'à être remis en état par un oeil expert approprié. Et même si la majorité des mécaniciens et techniciens à jour sur les techniques et technologies récentes pouvaient faire un boulot sommaire acceptable, rien ne valait jamais le concepteur pour prendre soin de ses inventions. Et en plus, ce jeune con il insultait le nectar que l'inventeur sirotait depuis une demi-heure, celui qu'il venait tout juste de terminer. Non mais il y connaissait quoi d'abord, cet avorton?

'' Eh, c'est en trinquant de cette « daube au goût d'eau de javel » que je t'ai rajouté la majorité de tes pièces, alors un peu de respect pour le produit. ''

Non mais, y a moyen de respecter l'inspiration en bouteille, des fois. Et en particulier quand c'était elle qui avait permis plusieurs des choses qui faisaient que le corps d'Ezeckiel fonctionnait aussi bien qu'il le faisait aujourd'hui. Bah, après tout, c'était pas la première fois que le con venait se la jouer devant lui en le traitant de tous les noms. En autant qu'il connaisse sa place dans les situations importantes, il pouvait s'amuser à jouer les coqs dans la basse cour pourrie qu'il se produisait à chaque fois pour les besoins de la cause. D'ailleurs, en parlant de basse cour, les poules potentielles avaient pris leurs jambes à leur cou. On pouvait même voir quelques armes échappées au sol dans la précipitation avec laquelle les gardiens du hall avaient fait peu de cas de leur fonction. Ce fut d'ailleurs l'occasion pour l'échevelé de se pencher rapidement pour prendre un pistolet, en vérifier l'état, et le glisser tout bonnement à sa ceinture, bien à l'abri derrière un pan de sa veste. Quand ça peut servir, pourquoi se priver? Et puis honnêtement, plus personne allait pouvoir venir nier que le personnel est plus aussi vaillant qu'il était auparavant. Icarus avait au moins espéré pouvoir distribuer quelques mandales gratuites encore une fois, puis simplement chopper un locataire du coin pour se faire guider dans les couloirs. Mais maintenant, il se retrouvait à tituber dans les dits couloirs avec... Dark Ezeckiel comme seul compagnon de marche et guide éventuel. Peu importe l'angle sous laquelle on regardait la situation, ils allaient se retrouver dans une oubliette peuplée de crocodiles bicéphales mangeurs d'hommes de douze mètres. Et c'est maintenant qu'il venait de finir sa dernière bouteille. Fantastique.

En attendant, il fallait au moins donner à l'endroit que les murs et les tapisseries étaient... d'un mauvais goût bien propre à des gens qu'ont rien d'autre à faire de leur fric. Déjà, il faut dire que de l'extérieur, c'est un peu compliqué de réellement jauger de l'espace qu'il va y avoir à l'intérieur. Cependant, il ne faisait aucun doute dans l'esprit d'Icarus que le vestibule avec un plafond de presque quinze mètres servait à se la jouer sévère. Un peu comme le luminaire en cristal suspendu au dessus de leurs têtes, et qui avait bien failli tomber pour se transformer en désastre monstrueux alors qu'Ezeckiel l'avait frôlé dans sa descente. Après, des tapisseries d'un rouge cramoisi qui vous donnait envie de saigner des yeux pour être assorti avec la couleur. Des tableaux de personnes dotées de non pas un balai, mais bien un tronc en entier bien coincé entre les fesses, au vu de leurs expressions. Et le tout, sans compter les innombrables bibelots qui trainaient à tout va. Ouais bah l'impression de péter plus haut que son cul était déjà très oppressante dans le coin, y avait des trucs intéressants à voir en avançant.

Ce couloir en finissait pas. Des mètres, des mètres, et encore des mètres de couloirs. Après avoir parcouru au moins cinquante mètres au bas mot depuis leur entrée, ils avaient croisé une porte. Et encore, le truc s'était avéré en fait être un mélange de placard à balai et de poste de contrôle. Cependant, au vu de l'absence de tout contrôleur, il fallait probablement en déduire que le passage était libre, non? Ce que les deux acolytes se firent un devoir de faire, la visite ayant encore fort à faire avant de se montrer fructueuse. Et à leur grand bonheur, ils arrivèrent - non sans avoir parcouru une cinquantaine de mètres supplémentaires, c'était à se demander qui avait construit cet endroit aussi mal - finalement devant deux portes en bois de cerisier, taillées, polies, si joliment laquées qu'on en osait à peine les toucher de peur de les abimer. Ou du moins, c'était probablement la façon de penser des gens normaux, même si Icarus se mit entre les mains la tâche d'ouvrir en grand les portes d'un mouvement large et énergique. Et c'était une surprise intéressante qui les attendait de l'autre côté. Un salon aux allures si confortables et douillettes que c'aurait été un crime que de ne pas se sentir tenté de rester dans les environs à jamais. Un seul coup d'oeil, et tout attirait : y avait une ambiance feutrée trop classe, des fauteuils bourrés qui n'attendaient que des utilisateurs, et un feu rugissant alors qu'il envoyait des reflets chatoyants sur le chariot de bouteilles diverses à ses côtés. C'était le coin lecture de Dieu durant ses vacances d'été.

'' ...Je crois que je pourrais décider de mourir ici. Cet endroit est génial! Il manque que les belles filles en tenues de servantes et on a l'tableau. ''
'' Toutes mes excuses, mes seigneurs. Nous n'avions pas prévu votre arrivée si tôt. ''


Si ses sens n'avaient pas été déjà à moitié défoncés à coups de poing sur la trogne par la boisson qu'il s'était enfilée dans la demi-heure, Icarus aurait pu sursauter au son de cette voix étrangement près de lui. Un type venait de sortir de nulle part, surgissant d'un coin de mur, ou de l'ombre d'un fauteuil, peu importe. Un air bienveillant sur son visage accoutré d'une barbe taillée avec précision sur les contours de son visage, l'homme entamait la fin de la cinquantaine. Si ce n'étais pas davantage. Une démarche droite, habillé d'une tenue classique de majordome qui a fait ses années de service nécessaire pour personnaliser ne serait-ce qu'un brin son habillement. Une longue queue de cheval aux allures soyeuses, ajoutez à ça tout le reste, et vous avez un authentique majordome qui accueillait les visiteurs. Et il l'aurait bien fait, n'eut été de l'inventeur qui veilla à rapidement reprendre la parole devant le nouvel arrivant.

'' Hem...on s'connait? ''
'' Je crains que non, mais... vous êtes bien les invités du Comte? Nous vous attendions avec impatience. ''
'' Les invités du...aaaah, bah ouais, c'est bien nous. On s'est un peu perdu sur le chemin. Les formalités aux quais, tout ça. ''
'' Je comprend. Mais entrez, je vous en prie! Puis-je vous offrir une tasse de thé? Vous n'avez qu'à vous asseoir et vous détendre. Le comte sera bientôt prévenu de votre arrivée. ''


Les mots clef étaient prononcés. Le service inclus avec le mobilier de première classe? Peu importe la situation et l'alerte générale éventuelle, Icarus n'avait jamais réellement été un homme à se poser des questions sur les intentions cachées des gens. Il était davantage du genre à s'adapter aux actions quand elles changeaient. À trop se préparer, on finit tout bonnement par être déçu. Aussi, et sans même prendre la peine d'attendre de constater une quelconque réaction de la part d'Ezeckiel, l'inventeur suivit bien vite le vieux majordome jusqu'au point où il put prendre possession d'un des fauteuils disponibles. Lequel lui arracha un soupir de contentement qui aurait presque pu passer pour un orgasme, pour peu qu'on ait l'esprit un brin mal tourné. Et pour cause, car ce fauteuil donnait l'impression de s'enfoncer dans un nuage qui vous réchauffait tout le corps dans le temps de le dire. Et la situation ne fit qu'aller de mieux en mieux, alors que les mains expertes du vieillard qui semblait vouloir veiller à leur bien-être actuel lui tendirent une tasse fumante au bout de quelques instants. Une gorgée, une vape des nuances d'odeur qui émanaient, et c'était confirmé : il en voulait un, de majordome qui faisait du thé badass à volonté comme ça. Sans blagues, même les bouteilles à côté ne lui faisaient plus envie, ça relevait carrément du miracle pur et simple! D'ailleurs, il était en train de devenir vachement enjoué ; il avait toutes les raisons de l'être, après tout.

'' Et sinon, vous avez des biscottes aussi? ''

Il fixa le majordome, en attente d'une réponse. Une réponse qui, curieusement, ne vint pas. Même, de seconde en seconde, le sourire du vieil homme se rétracta pour se troquer contre une mine empreinte d'une neutralité presque dérangeante. Si ce n'était d'un infiniment mince sourire en coin qu'Icarus crut déceler au bout de quelques secondes. Le regard du majordome se porta à la théière, définissant le fond de sa pensée d'une façon claire malgré l'absence de mots. Jetant un regard à la tasse qu'il tenait encore dans sa main, l'inventeur se mit à cligner des yeux quelques fois, soudainement pris d'un léger vertige. Ses épaules s'affaissèrent alors que sa vue se troubla rapidement. Il commençait déjà à osciller et à perdre sa contenance sur le fauteuil.

'' Oh mais le fils de... ''

La fin se perdit dans sa gorge, alors qu'il tomba tout bonnement par devant, laissant sa tête percuter la table basse en face de lui avec un son mat pour compliquer encore la chute. Un roulement mollasson sur la surface du petit meuble, et on finit en pleine figure contre le sol.

Le thé, plus jamais.

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MessageSujet: Re: Les Feux de la Révolution : Le Comeback des Champions   Mer 18 Jan - 15:18

Les Feux de la Révolution
feat. Icarus "Pan" Valerius

Ne s'intéressant que peu au contenu du castel, Dark se souciait davantage de renouveler sa garde-robe. En l'espace d'une journée, il avait plus endommagé ses vêtements que lors des deux dernières années. Il est vrai, elles avaient été passées au calme en comparaison de ce qu'ils vivaient ce jour, mais n'avaient pas été dénuées de déboires pour autant. Enfin. Sans doute était-ce à considérer comme un inconvénient mineur. Une sorte de rançon de la gloire. Tant que cela se limitait à sa veste, il ne voyait rien à y redire. Car si Icarus pouvait trouver très divertissant de se pavaner en caleçon à fleurs après un ou deux tonneaux en trop, il préférait éviter. D'autant que la vue de l'inventeur en petite tenue avait suffi à lui donner des cauchemars pendant plusieurs semaines, il ne tenait donc pas à lui donner une excuse pour reprendre cette mauvaise habitude. La répartie de son concepteur lui fit d'ailleurs lever les yeux au ciel comme tant de fois chaque jour que Dieu fait. Toujours la même rengaine, si répétitive que se l'entendre dire devenait laborieux, à force.

→ Ouais, ouais. Quand on voit le résultat, hein... T'as raison, continue de te récurer le tube digestif au produit-vaisselle, au moins pendant ce temps-là j'ai pas à supporter toutes les conneries que tu déblatères.

Car oui. Aussi perfectionné soit-il, Dark n'était pas au point. Du moins, s'il en avait toutes les caractéristiques sur le plan théorique, il était encore loin d'égaler les Pacifistas dont les plans avaient servi de modèle à sa transformation. La partie délicate de l'opération était de le modifier sans devoir altérer sa conscience comme ce fût le cas du modèle d'origine, cent ans auparavant. Si la plupart des retouches effectuées s'étaient déroulées sans encombres, il avait fallu lui effacer la mémoire et la personnalité pour en faire un cyborg abouti. Il aurait pu disposer dès maintenant d'une force équivalente à celle de ces machines de guerre, mais ce n'était guère envisageable si ce devait être au dépend de son identité propre. C'était la base sur laquelle reposait son pacte avec Icarus, celui de lui tenir compagnie en guise de garde du corps en échange de la conservation de tous ses souvenirs. Le faire travailler quand il était trop ivre donnait à la scène des airs de mauvais remake de « massacre à la tronçonneuse », aussi préférait-il ne pas avoir à imaginer ce que donnerait une intervention neurologique de sa part.

L'arnaqueur n'était pas inquiet. Il savait que sa carcasse robotisée serait un jour assez complète pour lui donner la puissance d'un navire de guerre. Ne restait qu'à savoir quand ce serait, puisque le savant butait encore et toujours sur le même problème en tentant de trouver un moyen de le contourner. Ce que l'expert en cybernétique désignait sous le terme de « inspiration en bouteille » n'était pour lui qu'une chance supplémentaire de faire l'objet d'une défaillance de sa part. Quand on sait que chaque changement dans ses réglages impliquait d'avoir vue sur une bonne partie de ses organes vitaux, il y avait de quoi se méfier du goût immodéré du maniaque du scalpel pour la picole. La bas de gamme plus encore que les autres. Quoique au moins, qu'il n'en change que rarement faute de moyens aidait à savoir au bout de quelle quantité il commencerait à voir double afin de s'arranger pour ne pas être sur la table d'opération à ce moment précis. Même dans cet état, il n'avait jamais fait de mal à une mouche dont elle n'ait pu se remettre. Mais si accident il devait y avoir un jour avec ce comportement il préférait ne pas en être la preuve à conviction.

Afin de s'occuper les doigts, Dark fit tournoyer d'une seule main l'épaisse carabine soustraite à l'une de ses récentes victimes, et se mit sans savoir pourquoi à le visualiser comme étant un poireau. Les effets néfastes de l'ennui étaient connus de tous mais de là à en avoir des hallucinations. Le pire n'étant toutefois pas ce trouble visuel mais plutôt l'air obsédant qui se grava dans sa cervelle à l'instant même, lui imposant la compagnie d'une musique qui allait très vite le rendre cinglé. Plus encore que tous les chants orduriers que Icarus pouvait se mettre à baragouiner quand il était trop bourré pour distinguer le haut du bas. C'était dire si sa santé mentale allait en prendre un coup. Pour ne pas souffrir plus longtemps de cette dérive psychique, il entreprit de faire le tour du propriétaire. Ce qui n'arrangea rien, bien au contraire, puisque le constat fut tout aussi effarant. Il n'avait jamais vu une tapisserie si susceptible de déclencher une crise d'épilepsie. Comment c'était possible d'avoir autant de fric à dilapider et de le faire aussi mal, sérieusement ? On aura beau dire que tous les goûts sont dans la nature, certains n'en méritent pas moins la peine capitale, et c'était encore trop doux pour l'auteur de cette décoration tout sauf supportable.

→ Ah mais merde ! J'ai jamais vu un papier peint aussi moche ! T'y crois, toi ? Comment c'est possible de réussir à dormir en sachant qu'on vit entre des murs aussi ignobles ?

Car si les deux hommes avaient tendance à entrer en conflit pour un oui ou pour un non, il leur fallait admettre n'avoir pas eu de problème de ce côté-là depuis qu'ils avaient été amenés à cohabiter, pour le meilleur et pour le pire. Le premier avait des penchants fantaisistes quand il s'agissait d'aménager un endroit, et le second n'en avait rien à foutre tant que ce n'était pas blanc, capitonné et aseptisé. Il en avait soupé. Quand à la fille qui partageait leurs itinérances, elle n'avait pas son mot à dire, sous le seul prétexte que les femmes font toujours chier quand il s'agit d'embellir un foyer. Puis à bord d'un bateau, ça porte malheur, alors ça a pas son mot à dire sur le reste quand on accepte de faire avec. Tels étaient les termes du contrat. Passé la mauvaise surprise de cette tapisserie, et la nausée qui allait de pair, il analysa plus en détails le contenu de la baraque. Et sa superficie également. Le manoir paraissait tellement plus grand de l'intérieur qu'il se serait cru dans un mauvais univers virtuel où les bâtiments deviennent dix fois plus grand dès le moment où on fout un pied à l'intérieur. D'où lui venait cette référence déjà ? Bah, sans importance.

Apercevant l'énorme lustre en cristal qu'il avait déjà vu lors de sa descente vers les tapis richement décorés, Dark découvrit un rictus carnassier. Épaulant le fusil à canon scié, il entreprit d'en viser les fixations. L'idée qu'il avait en tête était évidente. Il l'avait déjà raté dans sa chute mais ne laisserait pas passer cette occasion de lui régler son compte, ayant toujours eu en horreur cette manie d'exhiber son pognon avec des saloperies de cet acabit. Par malheur, la carpette diaprée allait s'avérer traîtresse, s'en prenant à son équilibre déjà mal en point par nature. Une splendide glissade fit dévier sa ligne de mire vers un pan de ce plafond riche en ornements douteux. La détonation retentit aux environs, assez forte pour réveiller toute la maisonnée. Et ce qui devait arriver arriva ; le fragment touché s'écroula sans délai pour lui tomber sur la gueule alors qu'il faisait mine de se relever, le clouant au sol une seconde fois. Éventrée, la voûte laissait entrevoir le câblage du circuit électrique de tout le logis.

Un des angelots obèses que comprenaient les ornements vint se fracasser sur son crâne, lui assurant une belle bosse pour le lendemain. Pas comme s'il n'y était pas habitué à force de recevoir les clés de douze de son compagnon d'infortune en pleine face, mais quand même. Maudissant ce manque de stabilité tout en ressentant le soulagement de se dire que cela aurait pu être pire, il se releva, blanchi par les quantités de plâtres qui s'étaient déversées sur lui au moment de sa chute. Pris d'une quinte de toux, le nuage blanc qu'il recracha acheva de le miner alors que d'un pas traînant, il entreprenait de rattraper Icarus. Laissant à sa suite un sillage blanc et poudreux qui aurait fait fantasmer n'importe quel toxicomane patenté, il eut la surprise de trouver son mécano attitré en tête à tête avec un vioque. Il aurait presque été tenté de rebrousser chemin et de revenir plus tard pour voir s'il assistait à un dîner aux chandelles. Cela dit, si l'inventeur avait inopinément choisi de virer de bord, il faudrait à tout prix refuser l'anesthésie quand il aurait besoin d'un réglage, même si c'était juste pour passer à l'heure d'été. Mais non, il n'était pas assez généreux pour lui offrir ce moment de quiétude à se la couler douce avec le vieux débris qui lui tenait lieu d'amant.

→ Euh... Ça va, je vous dérange pas ? Non parce que si c'est pour que je tienne la chandelle vous me le dites, j'ai un compte à régler avec un plafonnier. J'imagine qu'entre épaves on se comprend mais faut quand même pas pousser. SI vous voulez vous la toucher allez faire ça plus loin, j'ai déjà vu assez de trucs horribles dans ma vie pour éviter ceux qui peuvent l'être.

Mais... Non. Il apparut assez rapidement que le majordome n'était pas connu des services du savant fou, et qu'il était tombé dessus purement par hasard. Tant mieux, assister à ce genre de... Relation privilégiée aurait achevé de flinguer sa journée. Mais non, car cela aurait voulu dire qu'une distorsion du continuum espace-temps l'avait mené vers une réalité alternative. Icarus prenait bien trop de plaisir à dire que la gent féminine serait inconsolable le jour de sa mort et ne s'en remettrait jamais que pour leur tourner le dos. Dark préférait de loin qu'il le tourne aux hommes, ça ne lui donnait que plus d'occasion d'y flanquer un coup de poignard. Par contre, il ne l'aurait quand même pas cru assez attardé pour accepter un thé de la part d'un parfait inconnu qui en plus était sans l'ombre d'un doute aux ordres du maître des lieux. Enfin, c'était déjà plutôt con de vouloir le mélanger avec les litres de whisky et autres mélanges douteux qu'il avait dans le corps, alors c'était plus à ça près. Ils avaient mis un bordel pas possible à l'intérieur et décimé une bonne moitié du personnel, et on pouvait encore réussir à les prendre par des invités ? Bah voyons. Fallait quand même en tenir une couche pour gober un bobard aussi gros.

Mais que le chercheur non content de tomber dans le panneau y saute à pieds joint dans la joie et la bonne humeur, ne l'étonna pas outre-mesure. Ah, la connerie, quelle merveilleuse invention ! Une maladie incurable, et c'était bien dommage, même s'il lui aurait volontiers conseillé une cure à base de mandales dans la tronche. Il se serait même porté volontaire pour lui mettre les tatanes, c'était dire s'il était dévoué. Acceptant malgré tout la tasse qui lui était offerte, il s'empressa cependant d'en jeter tout le contenu dans la plante verte du coin de la pièce. Qu'elle se décrépisse à vue d'oeil n'était guère rassurant, mais il se garda bien de le faire remarquer à son compère. L'odeur pestilentielle qui se diffusait dans la salle lui ouvrirait les yeux, avec un peu de chance. Mais... Non, c'était trop lui en demander. Ainsi, Dark croisa les jambes, avant d'en faire de même de ses mains dans l'unique but de constituer un support à son menton, reposant contre le dossier du fauteuil où on l'avait fait asseoir. Abattu et taciturne, il attendit la réaction du Doc', qui ne se fit pas attendre. Le juron vite expédié lui arracha un bâillement tant cette finalité était prévisible. Semblant sortir d'un profond sommeil, il s'étira de tout son long avec une grâce féline.

→ Bon ! Fini de déconner. Maintenant qu'on est débarrassé du boulet de service, on va pouvoir se foutre sur la gue... Mais qu'est-ce que tu fous ?

Tout affairé qu'il était à se relever d'un bond, le cyborg n'avait pas vu à quoi s'était attelé le domestique. Celui-ci s'était en effet précipité auprès d'Icarus, pas pour lui porter secours mais pour sauver la tasse de thé avant qu'elle ne touche le sol et tache la moquette. Arquant un sourcil dubitatif en réponse à cet acte aussi surprenant que stupide, il voulut se mettre en garde mais n'en eut pas le temps. Dans un sifflement déchirant, la soucoupe que tenait son concepteur à la main au moment de s'évanouir lui fut jetée au visage, et c'est à peine s'il eut la possibilité de l'esquiver d'un pas de côté. Un projectile risible en apparence ; seulement... Une large entaille s'ouvrit sur sa joue et le sang qui s'en écoula descendit le long de sa mâchoire pour finalement ruisseler au sol. La sous-tasse s'était encastrée dans le mur aux trois-quarts après avoir manqué de le défigurer. N'en revenant pas, il aurait volontiers risqué un regard effaré vers cette dernière s'il n'avait pas craint d'en prendre une deuxième qui, cette fois, ne pourrait être parée aussi facilement.

→ ...C'est quoi ce délire ?
→ C'est fâcheux. Oui, vous m'ennuyez, messire. Moi qui ai fait tant d'effort pour vous offrir une mort propre et sans douleur. Et voilà que vous répandez votre sang partout ! Avouez que ce n'est pas correct. Enfin... Tant pis. Puisque le mal est fait, je présume que je n'ai plus qu'à vous supprimer de la manière qui me sied et de faire le ménage une fois que nous en aurons terminé.

Ah ouais, comme ça ? Alors maintenant il est comme ça, le manoir ? Imaginez-vous par exemple. Vous êtes assis, là, sur un canapé, et vous mangez un gâteau délicieux. Vous êtes là, peinard, sans rien demander à personne, quand tout à coup... ATTAQUE DE MAJORDOME NINJA ! Non mais sans déconner, et puis quoi encore ? Ayant peine à croire qu'il puisse se sortir seul de cette situation délicate, l'escroc professionnel en conclut que réveiller son binôme devait être la meilleure option. Et en l'état, il ne pouvait point se permettre de le secouer gentiment s'il voulait avoir du résultat et ce avant de se prendre un lancer meurtrier à l'instar de celui qui venait de le balafrer sauvagement. Ainsi, pour couper court à cet entrain de larve anémique, il opta pour la solution la plus expéditive. Ce qui dans les faits se résuma à se déchausser pour lui foutre un grand coup d'une de ses semelles métallisées sur la joie pour voir si ça le rend assez lucide pour éviter d'en redemander parce qu'il a la gorge sèche au réveil. Une fois fait, il se recula d'un bond pour ne pas avoir à subir les affres d'un cataclysme comme pouvait en générer l'usage de telles méthodes vis-à-vis du pauvre taré en question. Estimant en avoir assez fait par cette tentative, Dark brandit un doigt accusateur vers l'intendant qui, curieusement, n'avait pas bronché depuis lors.

→ Ah ! Qu'est-ce que t'en dis de celle-là, hein ? T'es bien niqué le croulant ! T'as cru que t'allais nous avoir, mais j'ai décidé de te la mettre bien profond ! J'avoue que ça nous aurait mis dans un merdier considérable, mais...
→ Sauf votre respect, vous feriez bien de regarder sous vos pieds.
→ Euh... Quoi ?

Baissant les yeux, Ezeckiel se rendit compte un peu trop tardivement avoir posé le pied sur ce qui avait tout l'air d'être une trappe secrète. Et alors qu'il pensait le majordome était resté inactif tout ce temps, il fut forcé de se rendre à l'évidence selon laquelle il s'était planté en beauté en le voyant actionner un levier dont l'utilité ne faisait à présent plus aucun doute. Il n'eut pas le temps de se dérober sous ses pieds, le précipitant vers une marée bouillonnante peuplée d'animaux hostiles. Peut-être qu'Icarus n'était pas tant que ça à côté de la plaque, en parlant de crocodiles géants, toute réflexion faite. Tentant désespérément de se raccrocher au vide, il fut précipité vers les profondeurs des eaux boueuses et pleines de microbes de l'oubli, non sans vociférer un ultime :

→ J'aurai ta peau, espèce de fils de pu... *PLOUF*

Comme quoi le service à domicile, c'est plus ce que c'était.
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MessageSujet: Re: Les Feux de la Révolution : Le Comeback des Champions   Lun 30 Jan - 0:54

  • Icarus "Pan" Valerius :
    Qualité : 5/5
    Langue : 4/4
    Quantité : 3/3
    Originalité : 2/2
    Mise en page : 1/1
    TOTAL : 15/15 + 10 points bonus
    => +25 XP
    Remarques : C'est difficile de mettre moins quand tout est là. Même s'il y a baisse de régime sur un ou deux posts, le niveau général est quand même excellent. Deux trois expression à revoir cependant, mais rien de très dérangeant. Un découpage des paragraphes pas toujours efficace non plus.

  • Dark Ezeckiel :
    Qualité : 5/5
    Langue : 4/4
    Quantité : 3/3
    Originalité : 2/2
    Mise en page : 1/1
    TOTAL : 15/15 + 10 point bonus
    => + 25 XP
    Remarques : Un personnage qui claque et un style qui marche, ça fait forcément bon ménage. C'est pas parfait parce que rien ne l'est mais à partir du moment où c'est excellent, pourquoi s'priver de mettre le maximum de points? Comme Ica, une ou deux petites baisse de régime tantôt mais là encore, ça passe assez inaperçu. C'est beau, c'est bon... C'est chiant à commenter les trucs bien. On a rien à dire dessus.

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Les Feux de la Révolution : Le Comeback des Champions

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