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 Silence [Dark ; Faye]

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MessageSujet: Silence [Dark ; Faye]   Jeu 12 Jan - 0:10

Elle passa la porte de l’auberge en soupirant. Ces trois derniers jours avait été éreintants. Il devait être 14h, si ce n’est plus quand elle entra dans le bâtiment avec des cernes sous les yeux, les cheveux trempés à cause de la pluie battante, un mal de pieds incroyable à cause de ses talons qu’elle n’avait pas enlevés depuis… Et quand elle arriva au niveau de l’escalier en pensant qu’elle devait monter trois étages, elle se demanda si elle ne pouvait pas dormir dans les canapés de l’entrée. Finalement, prenant son courage à deux mains, elle gravit les marches avec une difficulté évidente. La pensée rassurante d’avoir sa propre chambre et de pouvoir profiter de la salle de bain la réjouit un peu. Même si le fait d’être seule lui faisait atrocement peur. Elle redoutait qu’Icarus n’écoute Dark et ne finisse par l’abandonné sur une île où elle serait livrée à elle-même. C’est pour cette raison que d’ordinaire elle se réveillait avant eux. C’était devenu une habitude. Ainsi, en tant que cuisinière, elle pouvait leur préparer leur petit déjeuner avant même qu’ils ne soient éveillés. Une sorte d’attention qu’elle se plaisait à faire chaque matin. Mais là… Elle avait disparue pendant trois jours, elle redoutait qu’ils ne l’aient laissés tomber, même si au vu des circonstances ils avaient toutes les raisons de le faire, néanmoins elle croyait en Icarus, elle avait confiance en lui. De plus, un père ne pouvait abandonner sa fille, et c’était ce qu’ils étaient : une fille et son père. Oh oui elle en avait appris des choses depuis qu’elle était avec eux, elle pouvait se débrouiller seule. A n’en pas douter, mais elle, elle était persuadée du contraire. Persuader que sans eux elle ne s’en sortirait pas. Maintenant qu’elle était avec ces deux énergumènes incorrigibles, elle ne pouvait plus faire sans. Même Ezeckiel qui était pourtant la froideur incarnée avec elle, surtout Ezeckiel à bien y réfléchir. Même quand il la balançait à l’eau, plus ou moins sans raisons car dès qu’elle disait, ou faisait, quelque chose qui n’était pas à son goût, il la jetait par-dessus bord se fichant par la même occasion qu’elle se noie ou non, c’était du moins comme cela que Faye voyait les choses. Surtout qu’il n’irait pas la chercher si c’était le cas, car ayant mangé un fruit du démon il coulerait à pic, alors niveau sauvetage… Et puis disons le franchement, ce n’était pas DU TOUT le genre d’Ezeckiel.

Non, en fait il s’agissait plutôt là d’un vil personnage selon les dires de Faye. Sans parler de cette cruelle habitude, car elle en avait bien d’autres en réserve à son sujet, comme la fois où il la marqua alors qu’elle revenait d’une nuit de « fête » comme elle se plaisait à le dire. Elle ne comprit pas le fond de son geste et n’avait pas cherchée plus loin que la raison qu’elle se donnait toujours quand il s’agissait de ce démon incarné : « C’était là son caractère de psychopathe aggravé ». Rien de plus. Bien entendu, elle s’était bien des fois posée plus de questions à son sujet, mais toutes avaient cette même réponse pour explication. Depuis un an et demi il ne lui avait montré que cette phase de lui, ce côté froid, mesquin et dérangé. Elle se demanda même si Icarus n’avait pas remplacé le cœur du cyborg par autre chose qu’un boum boum qui sert à éprouver des sentiments et donner du sang au corps pour qu’un être vivant puisse vire, au passage elle se demandait aussi s’il n’avait pas touché à son cerveau. Dans le fond elle ne connaissait rien d’autre d’Ezeckiel que cette face noire et son nom. Il faut dire qu’elle ne cherchait pas spécialement à en savoir plus non plus… Elle n’avait jamais cherchée à lui parler directement, ou pire : seule. Quand elle le faisait, Icarus était présent, et encore, elle ne lui adressait que des phrases courtes. Quand Icarus disparaissait, elle augmentait la distance de sécurité, et par la même occasion ses chances de survies. Et qui pourrait l’en blâmer quand on regarde le protagoniste d’un peu plus près –si vous y arrivez sans mourir dans un futur proche, of course-. Quand on y réfléchissait il s’agit là d’une sorte d’instinct de survie. Après tout, réagir face à un tel personnage, c’était risquer sa vie, non ? Et que pouvait-elle faire face à un cyborg ? Elle qui n’avait rien de spécial comparé à lui. Donc, elle était sûre que si elle avait le cran de réagir, même une fois, ce serait bien la dernière car il ne se contenterait pas de la jeter par-dessus bord, il la noierait. Oui c’était ce genre de type aussi communément appelé par la gente féminine : un Goujat ! Et ça, elle n’avait pas mis longtemps à s’en apercevoir.

Et pourtant cet asocial de service était là le seul homme qu’elle voulait voir et revoir. Si vous cherchez l’erreur il n’y en a pas, on appelle cela du masochisme pur. D’ordinaire elle s’éclipsait, et ne donnait plus de nouvelle, sa règle d’or était de ne jamais s’attacher, une sorte de mode de vie qu’elle avait mis en pratique. Avec Icarus et Dark elle n’avait de toute façon pas besoin de plus de la part des gens « extérieur » à sa vie.

Faye arriva finalement, et enfin au troisième étage du bâtiment dans lequel elle allait enfin pouvoir passer « la nuit ». Elle regarderait plus tard si ses « compagnons » étaient encore là, pour l’heure elle voulait prendre une douche, changer de vêtements, dormir, mais surtout enlever ces saloperies de talons ! Ce ne fut que quand elle arriva dans sa chambre –sa propre chambre !!!- qu’elle se mit à sautiller de joie. Enfin un petit, minuscule et temporaire, petit chez soi. La jeune fille aux cheveux blancs bondit sur le lit comme une enfant, s’étalant sur le matelas de tout son long et tant pis pour le bruit. Pour une fois qu’elle était heureuse et soulagée, qu’elle était VRAIMENT heureuse et soulagée, et non pas ce masque qu’elle affichait en permanence. La plénitude qu’elle ressentie en se tournant sur le dos n’était en rien comparable au plaisir qu’elle avait ressentie avant. Du moins c’était ce qu’il lui semblait, mais tout le monde savait que Faye avait tendance à exagérer… Toujours est-il qu’elle retrouva dans un coin le sac qu’elle emmenait d’ordinaire partout avec elle, dedans il y avait des affaires de rechanges et quelques objets divers. Elle s’accorda quelques secondes de plénitude doucereuse sur les draps d’une douceur à tomber avant de le prendre avec elle, direction la douche après avoir enlevée ses affaires qu’elle balança sur le lit, ne donnant pas dans l’exhibitionnisme, elle prit soin de s’enrouler dans une serviette avant de sortir dans le couloir. Elle ne fit même pas attention à fermer la porte à clé, tant elle était pressée de sentir l’eau chaude perler sur son corps endolori.

Comme prévue, le jet brûlant lui procura une satisfaction des plus paradisiaques. Elle se sentit fondre sous cette eau claire qui lui massait ses muscles fatigués. Lentement elle se passa du savon sur son corps nu, hésitant un instant sur ses cicatrices. Une sur le côté droit, une grande sur la clavicule, une autre sur son jolie visage de poupée albinos, une sur le sein gauche… Marque d’Ezeckiel, et une nouvelle qui la lançait toutes les heures, une qui saignait encore, juste en dessous de celle faite par le démon. Aussi sur le sein gauche, il y avait là une nouvelle entaille, encore à vif dans sa chair, faite quelques jours auparavant. C’était d’ailleurs la raison de sa soudaine disparition. Elle ne voulait pas qu’Icarus la voit comme cela, et pire encore, Ezeckiel. Non pas avec ce que cet enfoiré de fils de chien au sang noble lui avait dit ce soir-là alors qu’elle voulait juste passer un peu de bon temps avec un homme pleins aux as. Pas de chance pour la jeune femme aux yeux rouges carmin, tout ne se passa pas comme prévue. Il avait commencé par la déshabiller, lentement, sûrement, avec précaution, comme si elle était en verre, elle aimait ce genre d’attention qui faisait qu’elle se sentait importante. Elle aimait qu’on prenne soin d’elle, tout simplement. Au final tout c’était bien passé, un moment comme tant d’autres avant, et tant d’autres après. Mais quand il avait vu ses cicatrices, il avait commencé à se poser des questions, cela se voyait sur son visage intrigué, aussi la questionna-t-il une fois qu’elle s’était plus ou moins rhabillée, ne laissant que son haut d’ouvert : « Comment ça t’es arrivé ? Et celle-là ? Et celle-ci ? » C’était là ce qu’il demandait en les touchant du bout des doigts, réservant, bien entendu, la meilleure pour la fin. Mais c’est alors que le noble à commencer à voir rouge. Il s’est alors levé d’un geste, l’attrapa par le cou, la plaqua contre le mur le plus proche et sorti un couteau attaché à sa ceinture, lui-même s’étant rhabillé quelques instants avant. Celle-là elle ne l’avait pas vu venir…

Pensait-il que Faye lui appartenait après cette nuit de tendresse et de plaisir ? Elle n’avait, auparavant, jamais eu affaire à un tel cas dans toute sa vie de libertine –soit environ un an et quelques mois-. Aussi ne sut-elle pas comment réagir en premier lieu jusqu’à ce qu’il lui dise avec le regard mauvais :
    -Et si je te marquais moi aussi ?

Le message était clair, la marque de Dark ne lui plaisait pas et il voulait à son tour imposé la sienne sur le corps de la jeune femme au regard ardent. Non mais oh ! Elle valait mieux que ça tout de même ! Elle se débattit quand il décida de lui entailler la chair, à la base voulait-il donc barrer la cicatrice laissé par le compagnon de Faye par une autre de son cru, mais avec le vif mouvement de la jeune inconsciente, le coup dérapa. Au final elle avait une belle marque sur la cote gauche, remontant vers son sein. Magnifique, le pire étant qu’elle avait dû se cacher un long moment pour éviter de revenir avec du sang plein les mains et ainsi attiser la curiosité de ceux avec qui elle partageait dorénavant le quotidien. Néanmoins… Laisser sa chemise pleine de sang dans sa chambre, sur son lit, ce n’était peut-être pas une si bonne idée que ça… Même s’il était impossible qu’Icarus ou même –et surtout- Dark entrent dans sa chambre, et qui plus est en son absence. Oui l’idée était totalement stupide. Il n’y avait là aucune raison de s’inquiéter.

Elle s’enveloppa dans une serviette chaude, essora sa belle chevelure qui retrouva sa brillance naturelle accompagné du parfum fruité du savon, et s’habilla d’une jupe rose et d’une nouvelle chemise noire. Elle ressemblait presque à une écolière, en plus sophistiquée, bien entendu. Après s’être lavée le visage et avoir finie sa toilette, elle retourna dans sa chambre, l’air de rien. Comme si rien ne s’était passé. Comme si elle n’avait pas disparue dans la nature pendant trois jours entiers. Elle traversa le couloir, ouvrit la porte, la referma derrière elle, continuant de masser sa chevelure avec sa serviette de couleur ivoire, chantonnant une chanson joyeuse. En premier lieu elle ne remarqua pas l’odeur, mais celle-ci lui titilla tellement les narines, qu’elle s’arrêta net en plein milieu de la pièce. Un mélange typique qu’elle connaissait bien. Très bien… Trop bien. Une odeur de cigarette. Elle se retourna avec effroi. Non. Tout, qui vous voulez, Dieu en personne si ça vous chante, mais pas lui. Pas maintenant, alors que son entaille la lançait encore et recommençait à saigner.
    -Ezeckiel. Fit-elle d’un ton qui indiquait à la fois la surprise, et le fait qu’il ne soit pas le bienvenu dans sa chambre, entre autre.
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MessageSujet: Re: Silence [Dark ; Faye]   Ven 13 Jan - 9:19

Silence
feat. Faye F. Chamberlain

L'heure continuait de tourner, et elle ne rentrait pas. Épier par la fenêtre ne la ferait pas venir plus vite. Faisant semblant d'être plongé dans un ouvrage de philosophie, Dark faisait sortir et rentrer la lame du couteau dont la pointe l'aidait à tourner les pages, nerveusement. Ce manège durait depuis plusieurs dizaines de minutes, sans qu'il ne s'aperçoive du bruit qu'il était en train de faire. Fort heureusement, il ne partageait cette chambre avec personne. Et puis même si Icarus avait été dans les parages pour le lui reprocher, il n'aurait eu qu'à rétorquer que c'était le tribut à payer pour ses ronflements sonores. Ainsi, ce bruit obsédant continua de se répercuter sur les parois de son logement, joliment aménagé mais si tristement impersonnel qu'il peinait à s'y sentir chez lui. Ce n'était pas le cas de Faye qui, quant à elle, était folle de joie à l'idée d'avoir un endroit où loger. Une pièce qui n'appartienne qu'à elle, qu'importe si ce n'était que temporaire, qu'importe si ce n'était qu'illusoire.

Une exultation qui une fois de plus l'avait fait douter qu'elle soit à sa place parmi eux. Car à n'en pas douter, être encadrée par deux types suspects nuisait quelque peu à la vie qu'elle pourrait avoir si elle était partie de son côté. Pour sa part, il ne s'en préoccupait pas, et ce parce qu'il n'avait pas eu son mot à dire quand le chercheur avait décrété qu'ils feraient route commune. Tout ça parce qu'il s'était pris d'affection par une fillette qu'il avait ramassée Dieu seul sait où et qui en plus s'était révélée être dotée d'un caractère invivable. D'après le savant, quand ils en parlaient en son absence, il y avait entre eux une analogie indéniable. Cette affirmation lui restait tant en travers de la gorge à chaque fois qu'il éprouvait alors l'envie de lui en coller une sans autre forme de procès. Lui ? Ressembler à cette sale gosse qu'on l'obligeait à supporter ? Et puis quoi, encore ?

Si prendre des décisions contre son gré et à son insu était une tare récurrente pour le scientifique, c'était sans nul doute la pire erreur qu'il puisse faire de la laisser monter à bord. Et il aurait beau se plaindre que le frêle esquif qu'ils avaient dérobé était trop petit, Ezeckiel n'en volerait pas d'autre pour ses beaux yeux. Car tant qu'ils n'étaient que deux à bord, ils avaient même la place de s'y allonger au besoin. Par sa faute, ce n'était désormais plus le cas, et le lui pardonner demanderait au savant de rectifier le tir. Ce qu'il ne pouvait faire sans la mettre à la porte, et bien évidemment il n'aurait pour toute réponse que de dire que c'était hors de question. En d'autres termes, ils étaient dans une impasse, qui en plus de créer des tensions à la première occasion était le point de départ de leur inconfort.

Car si la vie n'était pas rose tous les jours depuis qu'on avait fait d'eux des fugitifs, ils réussissaient malgré tout à tirer leur épingle du jeu - notamment parce qu'ils n'étaient que deux, et n'avaient donc qu'à prendre chacun une moitié du peu qu'il leur restait. Depuis qu'elle les encombrait de sa présence, c'était en tiers qu'il fallait faire cette répartition. Trois parts égales. Tant pour l'argent que pour la nourriture, sans oublier le reste. Ce qui l'irritait d'autant plus qu'une bonne partie de ces revenus lui étaient dûs, tandis que cette petite peste ne faisait qu'encaisser sa part du butin et la dilapider en futilités. Enfin, non. Il était une autre activité qu'elle pratiquait assidument. Ces sorties nocturnes n'étaient pas anodine, pas plus que leur finalité n'était dure à deviner. Elle ne trompait personne.

Et qu'elle papillonne de la sorte lui mettait les nerfs à vif, sans qu'il ne se l'explique. Il avait d'abord pensé que c'était une question d'image, car qu'elle se livre à ces perversions tout en étant des leurs n'allait pas jouer en leur faveur. Mais dans la mesure où il ne s'en était jamais préoccupé en traînant un Icarus ivre mort et étalé dans son propre vomi (ou dans le sang d'autres types, c'est selon) jusqu'au matelas le plus proche, ce ne devait pas être cela. Il avait ensuite cru que ce n'était qu'une question de moeurs, de dégoût vis-à-vis d'elle à voir avec quelle facilité elle mettait de côté toute morale - s'il le faisait aussi, c'était d'une toute autre manière, bien moins charnelle. Mais là encore, qu'une personne se détruise de son propre fait ne lui faisait d'ordinaire ni chaud ni froid. En conclusion, il était dans l'impasse. Ce qui ne faisait qu'alimenter cette inexplicable colère. Même son instinct n'aurait pu lui dicter une si forte antipathie. Et même s'il s'efforçait de la réprimer, d'ignorer celle qui en était à l'origine, il devait parfois céder à ses pulsions pour relâcher un peu de pression.

Ce qui, en général, se faisait aux dépens de la demoiselle. Mais elle n'imaginait pas à quel point il se donnait du mal pour se brider. La jeter à l'eau n'était qu'une plaisanterie puérile, à côté de ce qu'il pouvait faire. Pour l'avoir déjà vu en action, elle devait en avoir une vague idée, sans qu'elle n'en ait été victime elle aussi toutefois. Cette maîtrise de soi, étonnante de sa part, n'avait connu qu'une exception. Celle des balafres qui zébraient sa poitrine. La première fois qu'elle était revenue de l'une de ces nuits à l'issue incertaine - ou plutôt trop certaine ? - il s'était senti obliger de lui donner une leçon. De lui faire voir combien il pouvait être violent, alors même qu'il déployait des trésors de patience pour se modérer. Pour lui donner un aperçu du monstre en sommeil sous ses traits de joli garçon. Pour la châtier. Ses souvenirs de cette fameuse nuit étaient flous, inexacts, comme s'il avait voulu l'oublier, ne plus se souvenir de ce qu'il avait éprouvé au moment de la marquer à vie. Comme du bétail. Une comparaison qui lui faisait horreur, mais c'était bien ce qu'il avait fait. Il en était seul coupable. Et il se questionnait encore sur les raisons de ce geste, alors qu'il connaissait par coeur tant de manières de faire du mal sans laisser de traces. C'était comme s'il avait ressenti un besoin incontrôlable d'apposer sa signature sur elle, de ciseler dans sa chair un titre de propriété.

Pourquoi, alors que justement tout ce qu'il voulait était qu'elle disparaisse de sa vue, se débarrasser d'elle et ne jamais la revoir ? Le mystère était entier, même pour lui qui en était le premier rôle. Et alors qu'il y revenait pour la centième fois, le déclic caractéristique d'une clé dans la serrure le tira de ses flâneries. Pour avoir mémorisé avec précision le volume qu'aurait l'ouverture de sa porte en l'entendant de la sienne, il sut immédiatement que c'était elle. Refermant son livre sans même penser à y mettre un marque-page, il l'abandonna sur sa table de chevet, s'acheminant vers l'endroit où il était tout sauf attendu. Rappeler à son bon souvenir combien il pouvait être déplaisant quand il avait des reproches à lui adresser ne serait pas de trop. Peu importe le nombre de fois où il la persécutait pour y avoir désobéi, elle continuait de répéter sans cesse ces pratiques, comme un rituel qu'il désapprouvait avec véhémence. Mais il continuait de penser qu'à force de mauvais traitements, elle finirait par se lasser et se tiendrait à carreau. Et puis, l'importuner était son passe-temps préféré, plus encore quand c'était aussi un moyen de l'empêcher de trouver le sommeil.

...

- Je t'ai déjà dit de ne pas m'appeler par mon nom de famille. avait-il marmonné d'un air absent, ne pensant même plus à tirer sur la cigarette se consumant au coin de ses lèvres.

En revenant de la douche, elle l'avait trouvé là, debout au milieu de la pièce. Entre ses doigts fins, connus pour leur habileté, était serrée la chemise détrempée qu'elle avait oubliée là. Rendue humide par la pluie battante qui s'était imposée en maître au dehors, oui, mais aussi et surtout par une rougeur familière. Et elle ne devait pas être assez innocente pour penser qu'il ne puisse la reconnaître, étant donné les quantités de sang qu'il avait fait couler par le passé. Dès que leurs regards se croisèrent, il jeta l'habit au sol, où il se posa dans un bruit mat né de l'eau qui l'avait alourdi. Et si ses iris flambaient de cette même couleur vermeille, c'était pourtant l'averse gelée qu'elle venait d'endurer qu'ils rappeleraient inéluctablement à la petite protégée du savant fou. Sans la quitter des yeux une seule seconde, sans cesser de la fustiger du regard, il s'avança vers elle pour finalement arriver à sa hauteur. Une fois ceci fait, tout se passa extrêmement vite. Le coup de couteau avait été rapide comme l'éclair, et tous les boutons de la tenue qu'elle venait d'enfiler en tombèrent d'une même traite. Dès que le dernier eut touché le sol, il attrapa le tissu sans ménagement et, tirant dessus, put voir toute l'ampleur des dégâts. L'on pouvait s'attendre à ce qu'elle n'apprécie guère d'être déshabillée sans son consentement, plus encore de cette manière, mais l'arnaqueur n'eut pas même une pensée pour ce qu'elle pourrait en dire. D'autant plus qu'il ne le faisait manifestement pas pour profiter de la vue, à en voir les flammes de colère qui dardaient dans son regard. Sa voix retentit comme un coup de tonnerre dans le lointain.

- Qui ? demanda-t-il d'un ton qui ne tolérait point de contestation.

Sa voix était froide. Pas beaucoup plus que de coutume. Mais assez pour que quelqu'un qui le côtoie au quotidien se rende compte de la nuance. Pourtant, sur son visage, nulle trace de contrariété. Toujours égal à lui-même, insensible, laissant à penser que le monde dans son ensemble l'indifférait. Ce qui n'était pas loin de la vérité. Il n'avait que du mépris pour ses congénères, et passait sa vie à s'en éloigner, à s'exiler de cette réalité. Rien de bon n'émanait des humains, à de rares exceptions près. Trop rares pour les laisser s'échapper. D'une main rageuse, il tira sur sa chemise et la lui arracha pour ne plus dévoiler que son corps à demi-nu, qu'il continuait d'observer avec cette même neutralité. Sa moue n'avait pas changé. Et si les courbes de la jeune femme auraient attiré l'attention de n'importe quel homme normalement constitué, la sienne ne se consacrait qu'à ces marques d'infâmie. Dans sa poche, son poing se serra, sans qu'elle ne puisse le soupçonner. Celui qui avait fait ça s'était endetté à son égard en empiétant sur ses plate-bandes, et il se chargerait personnellement de lui faire éponger son ardoise. Or, ce n'est un secret pour personne, dans un monde comme celui où ils avaient élu domicile depuis déjà plusieurs années...

- Qui t'a fait ça ? réclama-t-il à nouveau.

...Les dettes se paient dans le sang.
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MessageSujet: Re: Silence [Dark ; Faye]   Sam 14 Jan - 13:20

    -Et toi tu sais très bien que je ne t’appellerais jamais « Dark ».

Car elle, elle préférait son nom de famille à ce prénom si noir. Un nom semblable à celui d’un ange, s’opposant à ce prénom qui le caractérisait si bien. Ce na faisait que lui rappeler une fois de plus le fossé qui les séparait, elle, si frêle, si fragile malgré le fait qu’elle se soit endurcie, elle ne lui arriverait jamais à la cheville en matière de cruauté. Ou alors était-ce parce qu’elle ne voulait pas accepter que celui pour qui elle avait une admiration sans bornes était aussi… Aussi sombre. C’était pourtant une réalité évidente, une réalité qu’elle connaissait sur le bout des doigts, pour en avoir maintes fois subit les conséquences. Un mot en trop, une parole de travers, un geste déplacé et c’était l’eau gelé qui lui rappelait qu’avec Dark Ezeckiel on se tient à carreau. Or l’obéissance n’était pas son point fort, et ce même quand elle était à la rue. Elle ne pouvait tout simplement pas supporter le fait qu’on lui donne des ordres, qu’on lui dicte sa vie et plus encore. Faye aimait le mot Liberté, et se plaisait à le faire savoir. Ses conquêtes d’un soir en étaient l’exemple même. Elle savourait ces petites frivolités bien mal vu par l’ensemble des gens de cette société. Et en riait à la fois car elle trouvait toujours un ou plusieurs partenaires partout où ils faisaient escale malgré l’étiquette qu’ils voulaient se donner. Le noble qu’elle avait eu sous sa coupe il y a quelques jours en était l’exemple même.

Pour l’heure la blanche voulait juste qu’il parte de sa chambre, qu’il la laisse tranquille, elle voulait dormir et partir le soir même. Le plus vite possible pour être loin d’ici et de ce qui s’était passé, mais elle devait se reposer avant. Elle jeta un bref coup d’œil à ce qu’il avait dans les mains : sa chemise couverte de sang. Une lueur d’effroi passa dans ses iris semblable à des rubis, elle eut un sursaut quand il la lança sur le sol. La douleur sur son sein gauche lui disait de courir en dehors de la chambre. Le sang qui commençait à perler lui hurlait de ne pas rester, ne serait-ce que deux secondes de plus, en compagnie de cet être qui commençait déjà à voir rouge. Or elle, qui avait d’ordinaire l’instinct de survie, resta là à regarder ses yeux vermeilles animés d’une lueur qu’elle ne connaissait que trop bien. Et qui ne disait rien de bon pour elle. Mais elle était aussi fascinée par ce qu’elle y trouvait -fascinée ou tétanisée de peur-, aussi elle le regarda sans bouger, s’avancer vers elle, s’arrêter à sa hauteur, elle ne fit pas non plus de mouvement de recul, rien. Elle continuait de regarder dans les yeux cette personne qu’elle détestait au moins au moins autant qu’elle l’aimait. Le cœur serré, elle attendait de voir quel sort il lui réservait, bien qu’elle ne comprenne pas exactement pourquoi elle l’avait mis dans un tel état. Après tout il s’en fichait de la voir mourir ou non, n’était-ce pas là ce qu’il voulait le plus ? Qu’elle quitte leurs vies à jamais ? Il passait son temps à le lui faire comprendre de quelques manières que ce soit. Sa gorge devint sèche, elle se raidit légèrement au fur et à mesure qu’il faisait un pas vers elle. Avait-elle accepté son sort, ou était-elle juste curieuse ? Même elle ne savait pas pourquoi elle restait ici alors qu’elle s’était juré, en rejoignant ces deux énergumènes, de rester en vie le plus longtemps possible, pire encore, elle l’avait promis à Icarus, et même si elle avait changée de nom pour des raisons on ne peut plus évidentes –on ne peut pas lui faire confiance-, elle était tout ce qu’il y a de plus loyale envers Icarus. Elle ne cessa de fixer ses yeux à la couleur plus vive que les siens, seul partie de son visage qui lui permettait de savoir à quoi elle avait affaire –c’était aussi, et elle en était sûr, le seul point à viser si on voulait l’assassiner… ou tout du moins lui faire mal de façon irréparable- aussi ne vit elle pas venir le geste que ce vil personnage lui adressa.

D’un coup vif, il ruina sa chemise hors de prix qu’elle avait volée dans un magasin il y a quelques semaines, bien avant d’arrivée ici. La lame tranchante envoya s’échouer sur le sol les boutons de son haut dans un bruit métallique. Elle resta un moment sans rien dire, trop choquée pour pouvoir alignés deux mots convenablement. Faye avait beau savoir qui elle avait en face d’elle, elle n’en resta pas moins abasourdie par ce geste à la fois déplacé et … Cruel qu’il venait de lui faire. Mais il ne s’arrêta pas là. Non il poussa l’humiliation encore plus loin en ouvrant sa chemise dévoilant sa poitrine et, par la même occasion, la belle blessure qu’elle avait vainement tenté de cacher à ses yeux qui remarquaient pourtant la moindre tâche de sang. Elle fut encore plus refroidie quand ses doigts gelés avaient effleurés sa peau, déclenchant une vague de frissons le long de son échine. Sa voix trancha l’air comme une épée s’enfonçant dans le cœur d’un homme, la ramenant sur Terre par la même occasion. Qu’est-ce qui était le plus froid ? Sa voix, ou ses mains si proches de son corps à demi-nu ? Elle baissa la tête pour regarder l’étendue des dégâts. Horrible, non seulement sa blessure avait couvert ses côtes d’un liquide carmin, mais en plus elle ne pouvait rien voir, ce dû à sa poitrine devenue un peu trop outrageuse avec le temps. En somme elle n’avait de vue que sur la grande cicatrice qui lui barrait le sein gauche en diagonale, trace laissé par ce même homme qui se tenait devant elle. Mais le pire, c’était ce qu’il avait fait à sa chemise. Elle était fichue. Irréparable. Même la plus grande couturière de ce vaste monde ne pouvait ne pouvait rien y faire. Elle releva la tête quand il reposa sa question d’un ton plus sombre, du moins à ses oreilles.

Mais pour l’heure c’était à elle d’être énervé. Première fois que cela lui arrivait vis-à-vis de lui, et ce serait surement la dernière si elle lui faisait tout ce qu'elle avait en tête. Sourcils froncés elle lui décocha son plus beau regard noir de ses yeux couleur sang. Elle aimait qu’on respecte ses affaires, surtout celles qu’elle avait volées. Bon sang c’était du travail d’artiste ! Artiste des rues, ok, mais quand bien même ! Or il avait détruit là un bien qui lui appartenait. Qui plus est-il s’agissait là de la plus belle chemise de sa garde-robe. Il ne manquait pas d’air !
    -Non mais ça va pas ?! Je te savais dérangé mais là ...!

Le coup parti assez vite, à vrai dire il s’agissait plus là d’un réflexe que d’une action mûrement réfléchit. Elle le gifla de toutes ses forces. Le contact de sa paume sur la joue d’Ezeckiel lui fit l’effet d’une décharge. A elle. Lui ne devait pas ressentir grand-chose puisqu’il ne bougea pas d’un centimètre. Mais elle… La douleur qui fusa dans son poignet la seconde d’après lui arracha un cri. Elle recula, se tenant la partie qui lui faisait atrocement mal, jura quelques paroles à son Dieu et se mit à crier plus fort avant de poser ses lèvres sur le bas de sa main. Un reflex de gamine, mais Faye était une gamine. Elle était ce genre de petite fille qui croyait au « bisou magique »… De quelque manière que soit fait le bisou en question. Elle se tourna rageusement vers l’autre protagoniste. Le fusillant du regard :

    -T’es fier de toi ?! Regarde ce que tu m’as fait faire. J’ai dû me fouler le poignet par ta faute !

Autre phase de sa gaminerie : ne rien assumer. Entre autre elle considérait que Dark était le seul responsable de sa douleur actuelle. Mais quand elle y réfléchissait, il était aussi responsable de sa nouvelle marque. C’était à cause de lui si ce fils de chien avait, à son tour, voulu poser sa marque sur son corps. Cette pensée ne fut qu’élever son ton encore d’avantage.
    -Et qu’est-ce que tu veux bon sang ?! Depuis quand tu t’intéresses à moi au point d’entrer ma chambre quand je prends ma douche. En plus d’être dérangé tu deviens pervers ?! Elle lui adressa un sourire carnassier. A moins qu’après tant de temps passé à me regarder bronzer en maillot tu n’ais finalement pas pu résister… Le spectacle te plait au moins ? Dit-elle en se redressant.


On aurait en effet pu dire que Faye Chamberlain –nom de famille emprunté on ne sait où, juste parce que la consonance lui plaisait- était devenue suicidaire, cela aurait été légitime. Mais à l’heure où les choses se déroulaient, elle était plus que furieuse, animée par une rage sans nom. Toucher à ses affaires était, selon elle, le pire crime qui puisse exister, après le fait de porter atteinte à sa vie et de vouloir, ne serait-ce que penser, faire du mal à Icarus. Elle devait tout à cet homme qui l’avait sauvé de la rue. Qui l’avait arraché à cet endroit pour ne plus qu’elle y retourne. Elle lui devait la vie, était prêt à se sacrifier pour qu’il puisse exaucer ses rêves. Après ceux de la jeune femme étaient de réaliser ceux du trentenaire, quoi qu’il lui en coûte. C’était sa façon de le remercier de lui avoir montré qu’elle pouvait vivre d’une tout autre manière.

Elle ne cessait de tenter de le tuer du regard, se contenant pour ne pas lui embrocher les yeux et les lui faire manger à coup de pelle. Elle se retenait de ne pas lui sauter dessus et de l’étrangler. Mais disons le franchement, elle avait beaucoup de mal. Son corps tremblait de fureur, des larmes de rage et de douleur perlaient au coin de ses yeux ensanglantés. Jamais elle ne l’avait haït autant qu’en cet instant. Le pire étant qu’elle voulait le lui montrer, phrase cassantes, gestes assassins, mais ça aurait été pire que la mort. Or elle avait encore un brin de lucidité pour ne pas en arriver à ce point-là. Maintenant elle se doutait bien qu’il allait lui retourner sa gifle, sauf que elle, cela lui casserait automatiquement la mâchoire. Dark possédait une force de cyborg, avec des membres bioniques et retouchés, ou un truc du genre, bref, elle ne s’était jamais vraiment intéressée à son corps, du moins pas de cette manière. Elle se retourna, furibonde, et lui adressa un simple :

    -Maintenant que tu as eu ce que tu voulais, tu peux partir non ?! Laisse-moi tranquille, je ne veux pas te voir.

Ce qui était partiellement vrai.

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MessageSujet: Re: Silence [Dark ; Faye]   Dim 15 Jan - 7:52

Silence
feat. Faye F. Chamberlain

Alors m'appelle pas, et boucle-la. ne put-il s'empêcher de grincer.

Ce n'était ni son vrai nom, ni son vrai prénom. Juste une identité constituée de toute pièce selon ses goûts. Ceux qu'il portait au départ ? Même avec la meilleure volonté du monde, il n'aurait su le dire. Aussi bonne soit sa mémoire, et si vaste soit-elle, il n'y avait plus trace de ce passé renié à outrance.

De ce qu'il avait vécu avant d'être livré à lui-même et de monter sa propre affaire dans les rues d'une ville qui n'était pas faite pour un riche héritier. Et pourtant, à force de persévérance, il avait tiré son épingle du jeu. Et s'il avait bel et bien fini par rouler sur l'or, c'était d'une manière bien différente de celle prévue au départ. Et surtout acquise sans l'aide de personne, hormis celle de sa matière grise. Cette façon de l'appeler par son nom de famille aurait pu n'être qu'une manie, qu'une erreur involontaire. Mais non. Rien de tout ça. Elle le faisait exprès. Exprès pour lui porter sur les nerfs. Exprès pour le pousser à bout et lui donner envie de s'en prendre à elle pour la faire taire. D'une manière ou d'une autre, y compris les plus inavouables. Et le jour où il n'aurait plus la force de se retenir, il lui enseignerait qu'à trop jouer avec le feu, on finit par s'y brûler les ailes. Mais ce qu'il ignorait, c'est que cette insolence était, du moins en partie, elle aussi menée par les flammes d'une passion secrète...

Et ce n'était pas encore ce jour qu'il devait le découvrir, la situation ne s'y prêtant en aucun cas. Plus tendue que la corde d'un arc prêt à tirer. Presque autant que lui-même l'était, cherchant encore à savoir s'il faisait bien de l'interroger alors qu'elle ne ferait qu'attiser les braises de son profond mécontentement. « Tu n'auras rien de moi » semblait-elle lui crier toute entière dans son attitude, provocante, si bien qu'il se demandait parfois si elle ne surjouait pas exprès pour attirer l'attention. Sans se poser plus de questions. Aurait-il dû ? Certes non. Le jeu en aurait perdu toute sa saveur. Celui où personne n'ose jouer cartes sur table dans l'espoir d'y voir plus clair, sous l'égide d'une fierté déplacée. Qu'importe. Il était déjà assez remonté pour n'avoir pas à retourner le problème dans tous les sens une fois encore. Il l'avait déjà fait tout au long de la matinée, en observant le soleil se lever. Plus qu'assez pour en être écoeuré, et surtout pas plus avancé qu'il ne l'était au commencement. Ce qui avait été le cas de la majorité des points soulevés par sa conscience tout au long de la nuit. De cette nuit passée à se demander où elle était, et ce qu'elle y faisait.

Alors que la réponse était là, enfouie au fond de lui, sans vraiment vouloir y croire de crainte d'en perdre ses moyens. Et de se sentir obligé de la punir à son retour. De toute évidence, quelqu'un s'en était pourtant déjà chargé avant même qu'elle ne rentre. Il aurait dû en être heureux : cela le dispensait de le faire lui-même. Pourtant, cela n'avait éveillé en lui qu'un sentiment de frustration sur lequel il n'arrivait pas à mettre de mots. Parce qu'il n'y en avait pas à attribuer, ou du moins pas auxquels il puisse donner un sens. Pas celui désiré pour qu'enfin les pièces du puzzle se mettent en place, pour qu'enfin il sache de quoi il retourne. Et ne pas venir à bout de ce problème, de ce calcul le rendait d'autant plus exécrable. Ce qui n'avait rien d'étonnant, car pour en trouver la réponse il fallait avant tout pouvoir déchiffrer la tortueuse et complexe mécanique du coeur. Un casse-tête pour les non-initiés, un jeu d'enfant pour qui en connaît les mystères. Et à son grand désarroi, il appartenait très clairement à la première catégorie. Pour l'instant.

La scène à laquelle il eut droit pour avoir déchiqueté sa chemise ne lui fit ni chaud, ni froid. Faye sautait déjà sur la première occasion pour lui passer un savon dont il n'avait que faire, alors même si celui-ci était un peu plus fondé que les autres, il n'en broncherait point. Sa pommette s'était enflammée suite à la mornifle qu'il venait de prendre, mais il ne sourcilla pas, étant de toute façon bien trop solide pour que cela ait des séquelles. Comme elle le constata, elle s'y était fait plus mal que lui. En temps normal, il aurait eu pour cela un rictus mesquin. Cette fois, nenni – ce qui confirmerait immanquablement que quelque chose n'allait pas. Définitivement. Pourtant, contre toute attente, il ne réagit qu'une fois que la jeune femme commença à insinuer qu'il n'avait fait que prendre le premier prétexte pour se rincer l'oeil. Son sang ne fit qu'un tour et, sans se départir de son air austère, ce fut à son tour de lever une main punitive qui partit trop vite pour qu'elle n'ait pu la voir venir. Même en s'en étant doutée. Sa poigne se referma sur le col de la demoiselle pour la soulever...

Ça te va, comme réponse ? Il la fusilla du regard – un regard noir, noir comme une nuit sans lune. Il n'en aurait pas fallu beaucoup plus pour qu'on croie qu'il pouvait la tuer d'un simple regard. Je vois même pas pourquoi je m'emmerde. T'as rien à foutre là. Rien à foutre avec nous. T'es juste un poids en trop. Un boulet au pied. Une gamine qui pleurniche pour des fringues en solde et des bijoux hors de prix. Tu crois pas qu'il serait temps de sortir de ton monde rose et acidulé, princesse pimbêche ? Vas-y, continue de te foutre en l'air. Ruine ta vie. Je m'en cogne.

Elle l'avait prévu, et elle avait vu juste. Galanterie ? Rien à carrer. Pas le genre de la maison. La gifle partit d'elle-même, du même côté que celle à laquelle il avait eu droit. Un prêté pour un rendu. Quoi de plus normal. Ce qui ne l'était pas, en revanche, c'est qu'il en ait maîtrisé l'ampleur. La douleur était cuisante, certes. Mais... Pour l'avoir vu faire, elle devait déjà savoir qu'il pouvait décoller la tête à quiconque au moyen de sa force physique, s'il le voulait. Et même en ne faisant pas attention à l'ajuster, il y avait là de quoi abattre un pan de mur. Or, elle n'en avait pas plus souffert que si elle avait été frappée par le premier venu. Ce qu'il n'était pas, loin de là, et elle était bien placée pour le savoir. Non, ce n'était pas sa force habituelle... C'était... Une force humaine. Et donc tellement plus susceptible de véhiculer ses sentiments. Le bras toujours levé, il s'apprêta à lui en décocher une seconde, mais suspendit son geste. Avec une lenteur angoissante, ses doigts se décrispèrent pour mieux se séparer les uns des autres.

Sans la quitter des yeux, il la relâcha, après avoir de sa prise froissé un peu plus cette chemise qui de toute façon n'avait déjà plus grand avenir. Son poignet retomba, bientôt suivi par tout ce qui y était connecté. Les bras ballants, il la fixa d'un oeil critique avant de lui tourner le dos, menaçant de prendre congé sans un mot de plus. Elle ne put voir que son dos, anormalement droit quand l'on sait combien il peut se voûter dans ses déplacements. L'étoffe noire de cette veste bon marché qu'elle l'a toujours vu porter. Et alors qu'il se dirigeait vers la sortie dans un silence de mort, un calme incrédule, il parut fouiller dans ses poches. En sortant une liasse de billet une fois qu'il les eut suffisamment retournées, il faillit la lui jeter pour qu'elle aille s'en racheter une autre... Puis se ravisa. Non, ce serait lui donner raison. Et elle trouverait bien de quoi s'accaparer un second exemplaire. Lui avait d'autres priorités. Et alors qu'il s'engouffrait dans l'embrasure de la porte pour mieux la claquer, elle put le voir remettre sa bague.

À quel moment l'avait-il ôtée ? Excellente question. Mais nul doute que si elle avait été présente au moment de lui porter un coup, elle s'en serait rendu compte étant donné son épaisseur. Dark disait toujours que les bijoux n'étaient pas sa tasse de thé, et qu'elle n'était là que pour donner plus d'ampleur à coups. Dès lors, pourquoi l'avoir retirée alors que le but était justement de faire mal ? Pour ne pas laisser de traces sur son joli minois ? Non. Ça, c'était juste ce dont il essayait de se convaincre lui-même. Sans grand succès, par ailleurs. Ce qui décuplait sa rage. Fort heureusement, elle serait bientôt mise à contribution. Quelques minutes plus tard, c'était au tour de la porte de l'auberge de trembler dans ses gonds, et un coup d'oeil par la fenêtre aurait pu lui faire voir sa silhouette marchant d'un pas ferme vers une destination encore inconnue. Un endroit où il pourrait se passer les nerfs, évacuer cette colère sourde qui lui battait les tempes, c'était le plus probable.

Et il savait exactement où aller.

***


Le faussaire mit plus de temps que prévu à revenir. Presque autant que Faye lors de ses « absences ». Mais il revint, et ce qui résonnait dans les couloirs ne pouvait être que son pas – le poids des semelles soulignées d'une couche de métal ne trompait pas. Et alors que de toute évidence il s'acheminait vers sa chambre, on put entendre le bruit du métal qui heurte le sol en bois et y rebondit mollement avant de s'immobiliser. Une sonorité que ses couteaux avaient tendance à émettre souvent quand il n'y faisait pas assez attention. Sa porte n'avait pas été refermée, tout au plus à la hâte. Comme s'il était pressé de faire quelque chose dans sa chambre. Que le passage situé entre leurs deux chambres soit taché d'un rouge un peu trop familier devait éclairer quelque peu sur sa situation. Mais... Était-ce le sien, ou celui d'un autre ? Le seul moyen de le savoir à ce stade était alors de pousser cette porte entrouverte pour entrer, ou du moins de l'épier. Et apparemment, tout ce sang ne troublait pas Dark le moins du monde puisqu'il s'était d'ores et déjà assoupi en une fraction de seconde, dormant d'un sommeil du juste, qui, pour une fois, était amplement mérité. À ses côtés sur le matelas reposait sa veste, celle-là même qu'il avait encore sur le dos au moment du départ. Sa manche droite était maculée de haut en bas du même écarlate qu'il avait répandu en revenant, et continuait d'en ruisseler.

À se demander en quelle quantité elle avait pu s'en imbiber pour qu'elle s'en dégorge à ce point. Ce coloris peu commun remontait jusqu'à hauteur du biceps, prouvant que l'effusion n'avait pas dû être très modérée. Étonnant de sa part, car cela semblait démontrer une certaine barbarie, contrastant avec la technicité de ses découpes habituelles. Si à mains nues, il ne se privait pas de ne pas faire dans la dentelle, un couteau à la main c'était une toute autre affaire. Et puisque celui qu'il avait laissé traîner sur le parquet ciré en était lui aussi entièrement recouvert, on pouvait supposer qu'il s'en était servi pour commettre l'acte macabre qui l'avait ainsi souillé. Car c'était maintenant sûr : les blessures ne venaient pas de lui. Il était improbable de n'avoir tâché qu'une manche s'il avait été la victime, et il n'aurait pas eu tant de facilité à sombrer dans l'inconscience. De plus, pour s'être dévêtu jusqu'à ce que son torse glabre soit parfaitement nu, dévoilé à la face du monde tandis qu'il reposait là, allongé sur le dos. Échappé à son poing serré était déposé là un médaillon, contre son flanc. Un splendide bijou d'or et de rubis qui devait valoir une petite fortune.

Faye devait déjà le savoir pour l'avoir vu de ses yeux une poignée d'heures auparavant, les hommes riches ne manquant jamais de faire miroiter les belles choses qu'ils ont pu acquérir au cours d'une vie d'opulence. S'il l'avait pris plutôt qu'autre chose, c'était tout d'abord parce que c'était le premier objet de valeur à lui être tombé sous la main, mais aussi parce que son coût en espèces pouvait se deviner au premier regard. Elle qui était amatrice de ces babioles pouvait tout aussi bien le garder que le revendre pour empocher la prime, il était là pour ça. Enfin... Pour le savoir, encore fallait-il qu'elle ose venir jusqu'à lui et s'en emparer, même si pour le connaître un tant soit peu il était aisé de comprendre qu'il n'avait aucune intention de le garder. Et s'il avait voulu le troquer, il l'aurait fait avant de rentrer.

Oui, elle était libre de venir le chercher. Mais encore fallait-il ne pas avoir peur de réveiller le lion endormi.
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MessageSujet: Re: Silence [Dark ; Faye]   Dim 15 Jan - 14:07

Son sang n’avait fait qu’un tour. Dark n’avait pas vraiment réagit à ses tirades, ses provocations malsaines qui visaient à le faire enrager, lui faire ressentir une émotion, c’était ça l’idée. Elle le voulait, et elle en avait peur tout à la fois. Les réactions de celui qu’elle « aimait » étaient imprévisibles… Et dévastatrices. Aussi bien sur son corps, comme le montrait cette marque qu’elle abordait sous sa chemise, que dans son esprit où elle était déjà brisée depuis longtemps. Mais par simple orgueil, Faye relevait la tête et le regardait dans les yeux. Par pure provocation elle l’appelait comme il ne voulait pas qu’on l’appel. C’était plus qu’un jeu, c’était du suicide.

Le problème étant que la jeune femme au corps couvert de blessures n’avait pas la même optique. Elle ne contrôlait en rien ses paroles, ses gestes ou ses actions de manière générale. Bien entendu elle en avait conscience. Mais elle avait aussi conscience d’aller trop loin. Pourtant malgré ça, elle n’allait pas s’arrêter en si bon chemin. D’ailleurs c’était plus fort qu’elle. Comme un besoin, ce besoin d’avoir mal. Mais pas de n’importe quelle manière. Cela devait venir de lui. Touche moi, frappe moi, parle-moi, engueule moi, regarde-moi, tue moi. Dans le fond tout cela c’était du pareil au même pour cette petite qui n’avait rien connu d’autre dans la vie que l’ignorance et le mépris des gens. « Peu importe ce que tu dis de moi, du moment que tu parles de moi ». Ici c’était un peu la même chose. Peu lui importait ce que Dark Ezeckiel pouvait bien lui faire, ou dire à son sujet, au moins c’était s’intéresser à elle d’une certaine manière. Elle n’en demandait pas plus. C’était ce qu’elle s’évertuait à se dire, mais ses paroles lui firent l’effet d’un coup de poignard sur son esprit. Furieuse, elle délaissa pendant quelques secondes sa mine rageuse pour une moue déçue, choquée et surprise, pour reprendre contenance dans l’instant qui suivit. Ne jamais montré ses faiblesse, et surtout pas en face d’un sadique comme lui.

    -Un monde rose et acidulé ? Répéta-t-elle abasourdie. Tu ne sais pas d’où je viens, Ezeckiel, tu t’en contre fou. Insulte-moi si ça te chante, mais ne dis rien sur mon passé ou l’endroit d’où je viens !


En fait elle ne savais pas si son compagnon savait quoi que ce soit de ce qu’elle était avant de venir parmi eux, mais elle avait de sérieux doutes sur le fait que Dark puisse s’y intéresser. Elle avait de lui une image d’égoïste. Aussi croyait-elle à cent pour cent les paroles qu’elle venait de lui lancer à la figure. Jusque-là, il s’était tenu loin d’elle, il ne lui avait jamais rien dit sur sa façon de vivre ou de faire. Jamais il ne s’était aventurer à critiquer son passé. Elle c’était toujours dit que s’il le ferait-elle réagirait avec calme et réfléchirait à ce qu’elle ferait, mais c’était loin d’être aussi simple en pratique. Dire qu’elle était dans un monde acidulé, et rose, c’était la pire des claques qu’on pouvait lui donner. Elle avait vu la noirceur de la société depuis le bas de l’échelle. Elle avait observé les hommes et les femmes d’en haut, elle en était dégoutée. Elle qui avait grandi dans la rue, qui passaient ses nuits là où elle le pouvait, qui ne dormait qu’à moitié. Elle ne connaissait que trop bien la face noire de ce monde. Alors elle avait choisie de changer ça, comme elle avait changé de personnalité au fur et à mesure que le temps passait. Prenant d’abord Ezeckiel en exemple, puis continuant sur son propre chemin. Elle avait choisi de vivre autre chose. Elle voulait voir le coté joyeux de ce qui l’entourait, ce qui pouvait la rendre heureuse, à l’inverse d’avant.

Elle eut un nouveau sourire mesquin, et répondit en prenant son poignet dans sa main, un air aguicheur sur le visage :

    -Et puis… Si ma vie ne fait vraiment pas partie de tes priorités, comme tu dis, pourquoi tu t’énerve comme ça ? Pour une simple coupure… ?


C’était un sourire de victoire qu’elle avait alors sur le visage. L’impression d’avoir marqué un point face à cet être qui n’en avait soit disant que faire de sa misérable vie. Elle jouait avec lui, mais dans le fond elle voulait aussi connaitre le revirement de situation qui avait eu lieu sous ses yeux. D’ordinaire, Dark restait éloignée d’elle, ce soir il avait été plus proche de Faye que toute cette année passée. Mais loin de montrer sa curiosité, elle préféra montrer son sentiment de triomphe.

En récompense il lui adressa une gifle, œil pour œil, dent pour dent. Même armes, même blessure. Elle s’attendait à avoir la mâchoire déboitée, voir pire, mais cette claque fut étrangement douce. Certes sa joue la picotait et lui faisait mal, mais moins qu’elle ne l’aurait cru. Elle savait pourtant qu’il était doté d’une force supérieur à la normal, qu’il pouvait tuer un homme normalement constitué d’un simple revers s’il était bien cadré. Et au vu de la fureur dans le fond de ses yeux, elle avait cru qu’elle en ferait les frais à la juste mesure de cet énervement qu’Elle avait provoquée, pour une raison qu’elle ignorait encore. Ce ne fut donc pas le geste qui l’étonna, mais l’absence de puissance qu’il y avait mise. Comme si dans le fond… Il ne voulait pas cela.

Fut-il aussi surprit qu’elle, quoi qu’il en soit il s’apprêtait maintenant à lui en remettre une, ne serait-ce que pour se prouver qu’il pouvait le faire ou une autre raison qui échappa à Faye. Elle attendit, attendit un contact douloureux qui ne vint pas. Puis finalement, il la lâcha. Elle tomba sur le sol, tenant sa joue encore endolorie et rouge, elle le fusilla du regard alors qu’il faisait de même. En silence elle lui assurait qu’il allait lui payer cet affront. Personne ne touchait à son visage, celui qui lui avait fait cette cicatrice l’avait payé de sa vie. Certes ce n’était pas elle qui lui avait fait rendre l’âme, la jeune femme n’était en rien une combattante, mais elle s’était arrangé pour que quelqu’un le fasse à sa place. Manipuler faisait aussi partie de ses passe-temps. Leur regards s’accrochèrent, aussi expressifs l’un que l’autre, puis finalement il prit la direction de la sortie. Enfin. Un sentiment de soulagement et de perte se heurtèrent en elle. Une part de son cœur lui criait de le retenir, et l’autre se démenait pour la faire taire. Ce fut celle-ci qui l’emporta, avec l’aide de sa douleur à la joue, elle le laissa partir sans un mot. De toute façon qu’est-ce qu’elle aurait pu dire… ?

~♦~

Plusieurs heures avaient passées. A cause de lui elle n’avait pas réussis à trouver le sommeil. Elle se détestait pour ça, et lui plus encore. Tout ça c’était de sa faute. Pourquoi s’était-il énerver autant contre une simple entaille, si, comme il le disait, sa vie l’importait peu. Pourquoi avait-il sorti ces billets de sa poche ? Comptai-t-il les lui balancer à la figure en l’insultant encore plus, lui signifiant que pour lui elle n’était rien de plus qu’une fille qui prend plaisir à foutre sa vie en l’air avec n’importe qui ? Une vulgaire prostituée à ses yeux… Cela aurait été le coup de grâce pour son ego, et tout le reste. Mais il les avait rangés, se ravisant, et la laissant par la même occasion avec ses questions. Et puis pourquoi avait-il ôté sa bague… Et quand ? Pourquoi avoir diminué sa puissance quand il l’avait frappé ?

Elle avait un tas de questions qui, elle le savait, allait rester sans réponse jusqu’à sa mort. Pendant près d’une heure elle était restée sur le sol, les jambes légèrement fléchie à même le sol, elle avait calé son dos contre le mur derrière elle, relevant la tête vers le plafond, ou regardant droit devant elle avec un regard las. Maintenant elle était assise sur le lit, ses jambes ramenés contre sa poitrine, elle regardait droit devant elle, de ce même regard fatigué. Dark était parti depuis plusieurs heures, le soir était tombé mais lui ne revenait pas. Était-ce là sa façon de se venger ? Elle se demandait où il était, ce qu’il y faisait, et avec qui… Surtout avec qui. Elle se senti triste quand elle pensa qu’il pouvait être avec une femme. Jalouse et terriblement envieuse. Elle n’avait jamais pu promener ses mains sur son corps, retracer du bout des doigts la ligne de ses abdos, celle de son bas ventre, caresser les traits de son visage et passer sa main dans ses cheveux déjà ébouriffés. Elle aussi voulait sentir son souffle sur sa peau, connaitre le goût divin de ses lèvres, ressentir de frisson de ses caresses, elle aussi voulait passer un moment avec lui, intime et personnel. Elle voulait savoir ce que cela faisait d’être dans ses bras.

Faye secoua la tête, décidée à chasser ses idées de son esprit. Elle ne devait pas penser à lui de cette manière. Surtout pas quand il avait failli la tuer. Pourtant, alors qu’il la maintenait entre ses mains, elle avait eu une furieuse envie de l’embrasser. Quand elle réalisa cela, elle se mit une gifle qui lui arracha un cri de douleur. Quelle idée de réveiller une pseudo blessure. Sa joue était encore enflée et légèrement rouge. Même si Dark n’avait pas mis toute sa puissance, il n’empêche qu’elle l’avait sentie passer… Se remettre une claque au même endroit n’était peut-être pas une si bonne idée que ça dans le fond. Elle se mit à quatre pattes sur le lit et observa son visage dans le miroir, rien de méchant, mais voyant quand même. Elle allait devoir inventer une excuse à Icarus pour couvrir cet être abominable qui la faisait tant souffrir. Même s’il avait mérité de recevoir le courroux de son paternel adoptif. Au fond d’elle, elle le savait, elle ne le supporterait pas. Même si les disputes entre les deux étaient plus que courantes. Ils ne pouvaient se dire bonjour sans risquer de s’engueuler. Quand bien même ils se disaient bonjour…

Puis elle se redressa, s’assit sur les draps et observa son buste, couvert de traces plus ou moins envieuses. Elle regarda sa blessure qui suintait encore, observant le sang qui avait recouvert ses côtes. Dire qu’elle venait de passer à la douche. Son chemisier déboutonné cachait ce qui devait l’être, n’étant ouvert que sur le milieu de son corps. Elle toucha cette nouvelle blessure du bout des doigts et laissa une grimace déformée son visage. Pourtant elle n’avait pas le choix, elle devait aller à la salle de bain pour nettoyer cette plaie. Elle se leva donc en soupirant, prit sa chemise blanche couverte de sang qui était encore un peu humide et sorti dans le couloir direction la salle de bain. Elle passa du temps à nettoyer la plaie, prit soin de faire un bandage en déchirant sa chemise noir avec dégout –de toute façon elle n’allait plus la mettre alors autant qu’elle serve à quelque chose…-, elle remit la chemise blanche, frissonna au contact du linge légèrement humide et froid sur sa peau blanche et prit la direction de sa chambre.

Dans l’air se trouvait une odeur de cigarette, elle releva la tête avec un sourire non dissimulé. Dark était revenu. Mais ce sourire se perdit vite quand elle devina une autre odeur, celle du sang. Non pas le sien, car depuis le temps elle s’était faite à l’odeur de ses blessures, celui-ci avait une odeur plus… Fade… Elle ne prit même pas la peine de marcher à pas de loups. Elle était encore un peu énervée de ce qu’il lui avait fait, et, disons le franchement : troublée.

Elle entra dans la chambre d’Ezeckiel et fut tout de suite attirée par un éclat brillant. Ses yeux de voleuse le reconnurent tout de suite : or et rubis. Elle ne prêta aucune attention à Dark qui semblait dormir, elle admira plutôt l’objet précieux qu’il tenait. Magnifique. La couleur rouge semblable à la couleur de leurs prunelles morbides, et cet éclat doré qui ne cessait de lui dire : Je suis à toi. Comme chaque bijou qui lui faisaient envie. Elle tendit la main, ses doigts fin et longs s’apprêtant à saisir ce qui semblait valoir une fortune, quand elle se ravisa. Elle l’avait déjà vu quelque part. Elle en était sûre…

Suspicieuse, elle porta un regard à l’homme qui dormait juste à côté, son torse nu se dévoilant sous ses yeux fit qu’elle eut un mouvement de recul en piquant un fard. Qui des deux étaient celui qui profitait du spectacle désormais… ? Toujours est-il que Faye regarda de plus près, se rappelant ce qui l’avait amené ici : le sang, manifestement le deuxième homme qui partageait sa vie avait livré une bataille dont il était sorti vainqueur. Bien entendu, elle ne doutait pas de la force qu’il pouvait fournir, ni de sa détermination à gagner un combat. Faye analysa ce qui se trouvait devant elle, emboitant le tout comme un puzzle et recula d’effroi en comprenant ce qui s’était passé. Elle heurta la commode, fit basculer le vase qui tomba sur le sol, se brisant en divers morceaux sur le tapis de la chambre. Elle détestait assumer ses actes, mais fuir une personne qui possédait un fruit du démon comme celui d’Ezeckiel, relevait de l’absurdité totale. Et elle était un peu plus intelligente que ça. Enfin...
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MessageSujet: Re: Silence [Dark ; Faye]   Jeu 19 Jan - 0:05

Silence
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Il y a un adage qui dit qu’on fait du mal à ceux qu’on aime...
Mais il oublie de dire qu’on aime ceux qui nous font du mal.
Ce sommeil était feint. Depuis le départ.

Ce n'était pas un piège tendu, ni même un moyen quelconque de rire à ses dépens. Non, ce n'était qu'un compte à régler avec lui-même. Un cas de conscience vis-à-vis de ce qu'il venait de faire. Il avait grand besoin de discuter seul à seul avec lui-même, et ce n'était qu'à cette fin qu'il s'était enfermé dans sa chambre. Pour réfléchir à ses actes et au sens qu'il devait leur donner. On n'agit pas au mépris des risques encourus pour une personne qu'on déteste. Pas plus qu'on ne sort si violemment de ses gonds. Car le contraire de l'amour n'est pas la haine, mais l'indifférence. Or, s'il l'y opposait au monde dans son ensemble, ce n'était pas son cas avec elle. Il la méprisait, l'exécrait cordialement, la réprouvait de toute son âme. Ne demeurait alors plus qu'une question sans réponse. Un point d'interrogation qu'il s'était obstiné à détruire pour finalement se rendre à l'évidence : il ne pourrait le faire qu'une fois qu'il en aurait compris les fondements. Le lien qu'elle entretenait avec Icarus était clair, il était pour elle une figure paternelle de substitution, un père adoptif au sens premier du terme même si jamais ce n'avait été dit clairement. Cela se voyait comme le poing au milieu de la figure.

C'était bien simple, elle était la seule femme de leur entourage qu'il ne harcèle pas sans se décourager même avec des menaces de poursuite judiciaires à la clé. Dark ne se souvenait d'ailleurs pas l'avoir vu émettre le moindre signe d'intérêt à son égard en tant que partenaire sexuellement compatible. Elle ne connaissait pas sa chance, que lui en revanche mesurait avec exactitude pour avoir déjà vu plusieurs fois l'inventeur être menacé de poursuites judiciaires pour harcèlement. Et à l'inverse de cette relation on ne peut plus limpide, la leur était obscure, et il lui était tout sauf facile d'en définir les contours. Rien n'était fixé, ils ne pouvaient rien retenir. Elle pouvait évoluer en bien comme en mal et était si instable que penser y trouver un jour un équilibre ne dépendait que d'un idéalisme dérisoire. Pourtant, pour cette fille qu'il ne pouvait voir en peinture, il était allé jusqu'à cette extrémité. Même s'il n'était pas coutume pour l'androïde de faire dans la demi-mesure, il allait rarement jusqu'à tuer. C'était une frontière qu'il s'efforçait en général de ne pas franchir, se contentant d'éveiller une terreur profonde chez ceux qui avaient le malheur de tomber entre ses griffes.

Car le maître de la peur gagne toujours, et que plus que toutes les lames qu'il avait pu un jour porter c'était sa meilleure arme. Un ennemi qui vit dans la peur est un ennemi inoffensif, tandis que mettre fin à ses jours pouvait avoir l'effet papillon de déclencher de houleuses représailles. Rien n'était fait qui ne soit calculé à l'avance, et son esprit tactique n'était jamais aux abonnés absents. Pourtant, cette fois, sa conduite n'avait été dictée que par un coup de sang, qui d'ailleurs l'avait fait couler à flots. Sa proie ne s'en relèverait pas, il s'en était assuré avant de lui tourner le dos. À moins qu'il n'ait la chance de compter des adeptes de la nécromancie parmi ses proches, il était peu probable de le revoir un jour ne serait-ce que d'un souffle de vie. Il n'avait pas réfléchi. Et si souvent on lui reprochait de ne pas le faire, il fallait garder à l'esprit qu'il était muni d'un cerveau remarquable et savait s'en servir à bon comme à mauvais escient. Cette fois... Il n'en avait pas été question. Il n'avait écouté que ses pulsions et était passé à l'action. Seul. Et n'avait eu besoin de l'aide de personne pour obtenir réparation, improvisant une justice dont il avait lui-même décidé. Oeil pour oeil. Et sang pour sang.

À ceci près qu'il avait cru bon d'y ajouter quelques intérêts de retard une fois le moment venu d'exiger le paiement, face à l'absence totale de repentance de l'accusé. Il était coupable, cent fois coupable, et ce n'était pas un marteau qui s'était abattu pour rendre le verdict mais la lame qui trônait à présent au milieu du couloir. Ne réalisant son imprudence qu'après coup, il avait rédigé un billet glissé sous la porte du scientifique avant de regagner sa chambre. Il n'avait pas pensé à effacer ses traces et il était sans doute déjà trop tard pour faire disparaître tous les indices. Il pouvait maquiller la piste mais viendrait un temps où elle serait contrainte de remonter jusqu'à lui. Ainsi, ils devraient appareiller dès le lendemain pour ne pas risquer d'être rappelés au bon souvenir du gouvernement mondial. Qu'on les croie morts et enterrés convenait parfaitement. Se faire oublier était leur seul but depuis qu'ils avaient disparu dans la nature, et il fallait que cela continue aussi longtemps que faire se peut. Et par sa faute, cette couverture pouvait être compromise. Il avait manqué de vigilance en portant cette couronne de fureur et ne savait qu'en penser. Ni de ce qu'il venait de faire, ni de ce pourquoi il l'avait fait.

Elle. Oui, mais pourquoi ? À trop y songer, plus il s'assaillait de questions et moins il en détenait d'éléments de réponse. Et c'était à ce bourbier mental qu'il méditait, la face contre le matelas, depuis qu'il s'y était laissé choir pour prendre un repos mérité. À mi-chemin entre le réel et l'onirique, il avait malgré tout senti sa présence qui progressivement s'était faite plus proche, plus lancinante. Comme une estafilade en plein coeur qui le ferait battre plus vite tout en infligeant un violent vertige, une chute sans fin vers les abysses. Sur le chemin du retour, il avait fini par s'entailler la paume dans un accès de colère, en serrant de son poing fermé la lame qui avait servi à mettre fins aux jours du sale type auquel il avait rendu une petite visite de son crû. Depuis sa position, elle ne pouvait le voir, à plus forte raison qu'il l'avait soignée et couverte d'un bandage avant de succomber à la fatigue. Néanmoins, toute trace de fatigue s'envola quand ce vase percuta le sol, le faisant réagir au quart de tour. Dans un geste plus proche du réflexe conditionné que de l'acte volontaire, il l'agrippa par le poignet et l'attira dans sa direction. Trop occupé à sombrer dans l'inconscience, il en avait oublié qu'elle était là, et pensa de prime abord à un agresseur entré à son insu dans la pièce. Ce n'est qu'une fois qu'il l'eut plaquée contre le matelas qu'il vit qu'il était dans l'erreur, l'y maintenant sous le poids de son corps qui la dominait à présent. L'envie de lui déchiqueter la gorge avec les dents lui enflamma les viscères.

→ Qu'est-ce que tu fous là ? J'ai pas souvenir de t'y avoir invitée.

Clair, net et précis. Il n'avait pas envie de faire dans la dentelle. Le sang lui battait les tempes et son regard laissait transparaître son désarroi. Il ne savait plus à quel saint se vouer, ni même s'il le pouvait, lui l'ange déchu, l'ange aux ailes noires. Elle était la dernière personne qu'il voulait voir à cette heure et en même temps la seule qui puisse le côtoyer sans prendre de risque. Mené par son instinct de conservation, il avait brandi une lame qui lui échappa des mains en pressant contre sa main bandée, dont la douleur était toujours présente et surtout tenace. La grimace qui déforma ses traits un court instant fit disparaître toute trace d'agressivité de son visage au profit d'une mine impassible où ne trônait que l'épuisement. Il en avait assez fait pour la journée et n'avait plus la force de brandir le bouclier hérissé de pointe qui le séparait d'ordinaire du monde extérieur... Et d'elle par la même occasion. Son regard avait momentanément perdu toute lueur pour devenir aussi sombre que celui de Faye, hanté par les ombres qui lui dévoraient l'âme depuis des années.

Sa main erra sur les draps jusqu'à buter contre le médaillon qu'il y avait disposé. L'y ramassant, il le lui logea entre les doigts et la força à le prendre en lui refermant le poing dessus, avant de vaciller et de se laisser tomber à côté d'elle. La chambre n'était certes pas de première fraîcheur mais avait pour elle de posséder un grand lit, un lit double qui lui conférerait toute la place et le confort qui pouvait lui manquer au cours de leurs voyages. Ils n'avaient pas lésiné sur les moyens pour avoir droit à ce maigre réconfort avant d'être à nouveau contraints de se partager un minimum d'espace. Oui, la couche était grande, assez pour qu'ils y demeurent tous les deux... S'il en avait eu la force, il se serait sans doute giflé pour avoir laissé cette pensée lui traverser l'esprit, mais l'absence de réponse de la part de ses muscles eut tôt fait de l'en décourager. Dans sa chute, il avait effleuré son poignet, mais s'en était écarté sans plus tarder, comme électrocuté par cette brève friction. Il ne voulait rien avoir à faire avec elle : ni la toucher, ni l'approcher. Il n'avait qu'une hâte, de l'entendre claquer la porte et l'abandonner à sa solitude. Qu'elle parte ou qu'elle reste, une chose était sûre : il n'avait pas fini de s'interroger à son sujet.

→ Tiens, c'est pour toi. Que t'en veuilles ou pas, je m'en fous, tu le gardes. C'est plus mon problème. T'as qu'à le vendre si t'en veux pas, ça t'évitera de nous réclamer du fric quand tu voudras faire tes conneries habituelles. Maintenant, casse-toi. Fous le camp, t'entends ?

Des mots aussi durs qu'à l'accoutumée, mais qui pourtant manquaient de conviction et de sincérité. Les pensait-il réellement ? Lui-même ne le savait pas, ne le savait plus. Il n'arrivait plus à ressentir que cette profonde lassitude, ce sentiment qu'il avait deux mots à se dire et grand besoin de procéder à une mise au point. S'il ne se donnait pas ce mal...

Il finirait par devenir fou.
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MessageSujet: Re: Silence [Dark ; Faye]   Lun 23 Jan - 22:46

Peut-on tourner le dos au diable ?
La peur, la surprise, et l’incrédulité. Voila ce qui avait animé les pensées de Faye depuis qu’elle avait passé le pas de la porte de la chambre d’Ezeckiel. Pire encore, dès que le vase avait commencé à vaciller, elle savait qu’elle était perdue. Morte, démembrée, incinérée, et enterrée. Dark Ezeckiel ne laissait jamais de traces, et encore moins de ses meurtres.

Dans le fond elle se disait qu’elle n’avait plus peur de lui, parce qu’à part la jeter à l’eau dès que l’occasion se présentait, il ne lui faisait jamais rien de mal dans le fond. Mise à part mettre son moral au fond du sac et lui balancer des répliques toujours plus mesquines quand il prenait le temps de s’intéresser à elle et la marquer à vie pour une raison obscure et mystérieuse. Entre autre elle avait été plus proche de lui ces dernières heures que depuis le jour où ‘elle l’avait aperçu pour la première fois de sa vie. Elle aurait du s’en réjouir, mais elle réalisa soudainement qu’elle n’avait aucun intérêt à attendre gentiment qu’il daigne enfin s’apercevoir qu’elle était aussi une humaine à part entière. Elle avait ses qualités, bien cachées, et ses défauts, un peu trop présent, mais dans l’ensemble elle avait aussi une part d’humanité. Un passé, un présent, et elle avait un avenir tant qu’Icarus serait en vie. Mais après avoir vu ce qu’il avait dans les mains, après avoir emboité les pièces du puzzle une à une, elle se dit alors que ce n’était pas de lui dont elle avait peur, mais de ses réactions.

Elle n’avait pas peur de la personne qu’il était, mais ses excès de colère faisait frémir de peur le plus baraqué des hommes, alors une jeune fille frêle comme elle. On aurait pu croire pourtant que derrière ce masque d’arrogance, Faye n’avait peur de rien, mais c’était faux. Elle avait peur de ce qu’il pouvait faire. De ce qu’il pouvait lui faire.

Le reste se passa à une vitesse relativement rapide. Elle fit un mouvement sur le coté pour éviter le vase, le regardant tomber avec effroi, voyant ses derniers espoirs de survie tomber en même temps que cet objet en porcelaine. Le bruit résonna dans la pièce, réveillant Dark qui réagit au quart de tour, il lui attrapa le poignet, la plaqua sur le lit, et alors qu’il la maintenait sous son poids, elle se demanda pendant une seconde ce qu’il avait en tête, mais la lame présente dans sa main ne la rassura pas et la coupa net dans ses idées. C’était là la partie de lui qu’elle connaissait bien. Celle qu’elle haïssait de tout son être. Cette partie-là qui lui donnait des frissons d’effroi. La réplique ne mit pas longtemps à venir, quand il réalisa qui se tenait sous son corps, elle y répondit sur le même ton. Tu m’agresse = je t’agresse.

    -Si on marche sur ce principe je ne serais pas avec vous depuis un an et demi. Tu te fous de ce que je fais, je me fous de ce que tu penses, Ezeckiel.


Elle jouait la provocation. Dans le fond elle ne savait faire que ça. C’était son jeu favoris, provoquer, et voir les réactions, quitte à manger après. Même si avec lui cela tenait plutôt du suicide. Sourcil froncé, elle guetta le moindre petit changement de réaction, mais rien. Toujours rien. Dark affichait un masque parfait de colère et d’impassibilité. C’était là son domaine de prédilection. Piquer une colère noire et afficher un visage impassible. Génial n’est-ce pas ?

Mais une chose la surprit alors. Cet homme qu’elle haïssait pour l’heure, qu’elle admirait à d’autres, et aimait pour le reste, abattit ses cartes, brisa ses remparts, le temps d’une demi seconde, elle aperçut l’humain qui se trouvait en lui, et non cet enfoiré de première qu’elle avait envie de claquer à s’en détruire les os du poignet. Elle voyait une phase de lui qu’elle n’avait, jusque-là, encore jamais vu auparavant. L’épuisement. Dark paraissait affreusement fatigué, par quoi elle n’aurait su le dire avec exactitude, et alors qu’elle ouvrait les yeux de surprise quand les sens passèrent à une couleur plus terne, elle le sentit bouger. Pour sa part elle n’osait pas faire le moindre geste. Pas avec un ange déchu au-dessus d’elle, et dans cet état. D’ordinaire elle savait, passablement, à quoi s’en tenir. Mais là… Face à une partie de lui à laquelle elle n’avait jamais été confrontée, elle se demanda quoi faire, comment devait-elle réagir. Certes cela n’avait duré que l’espace de quelques instants, mais tout de même.

Finalement il fit glisser sa main jusqu’au médaillon qui se tenait là, la curiosité de Faye était piquée à vif. Elle voulut bouger, mais son instinct de survie le lui interdit. Et, alors qu’elle ne s’y attendait pas, il le plaça au centre de sa main, refermant ses doigts dessus. C’était sa manière de lui en faire cadeau ? Comme ça ? Sans rien d’autres ? Pas même une parole ? D’ailleurs… Dark Ezeckiel et cadeau ça pouvait aller ensemble dans une même phrase ? Mais ce qui la sidéra encore plus, cet acte qui fit que ses yeux s’ouvrir en grand, c’est quand ce même homme tomba sur le lit à ses côtés. Elle n’en revenait pas. Lui qui refusait de partager la même pièce qu’elle, se retrouvait allongé à côté d’elle, sans omettre la moindre plainte ou parole blessante…. Il était malade …?

Elle frémit quand sa peau effleura son poignet, et se souvient de respirer quand il s’éloigna comme par automatisme. Finalement, la phrase cinglante arriva, encore. Et la plaie qui portait la marque de Dark sur son cœur lui lança une douleur de rappel. Histoire de lui dire qu’elle avait en face d’elle le diable incarné. Un ange déchu qui a tourné le dos au Créateur pour le péché ultime. Dark n’était plus humain. Il fallait qu’elle se fasse à cette idée. Après sa dernière réplique, elle resta immobile encore un moment. Malgré la rudesse de ses paroles, elle sentait qu’il était faible. Autant physiquement que moralement. Elle se mit à penser. Son esprit aussi était diabolique, et elle était loin d’être un ange, une sainte encore moins.

Finalement elle se leva, et sans un bruit, sans un mot, sans même un regard vers lui elle se dirigea vers la porte. Et la ferma.

Non elle n’allait pas partir. Il pourrait bien crier, la frapper, la maltraiter encore une fois. Et il le ferait surement, quand il se sentirait mieux. Pour l’instant il était bien affaibli, et elle allait en profiter. Depuis le temps qu’elle attendait ça. Profiter de la faiblesse de son adversaire, c’est la rue qui lui a appris cette règle. Il était temps que Dark se rende compte que Faye n’était plus cette petite gamine insignifiante, frêle et sans danger que son « ami » Icarus avait ramené un beau soir il y a un an et demi. Depuis elle avait grandie, elle avait pris de l’assurance, elle était devenue l’incarnation de l’arrogance et de la discorde. Une semeuse de chaos née. Elle n’était plus la petite Faith qui cherchait à survivre, elle était Faye, et Faye obtenait toujours ce qu’elle voulait, il suffisait juste d’être patient. La preuve.

Lentement, à pas calculé elle s’approcha de lui, au même rythme, elle s’installa au-dessus de lui, se mettant à califourchon sur son bas ventre, comme elle l’avait tant fait avec d’autres. Mais ici, la situation était un brin différente. Elle ramena ses longs cheveux blancs en une haute queue de cheval, pour ne pas être gênée par ces fils de lumière blanche et se pencha au-dessus de lui. Assurément, elle allait mourir le lendemain. Soit.

Ses yeux rouge carmin animé d’une flamme de volonté, elle les agrippa aux siens. D’une voix assurée et basse, elle lui dit :
    -Pourquoi ? Pourquoi tu me déteste autant ? Je me fiche pas mal de l’argent. Au cas où tu ne le saurais pas, les deux tiers de ma part du partage vont à Icarus, parce que j’en ai rien à carrer. Tu es le seul mec qui me cotoie qui n’a jamais eu d’autre pensée pour moi que celles de me faire mal. C’est frustrant, tu le sais ? J’ai tout ce que je veux, ces abrutis qui rampent à mes pieds m’offrirait le pays sur un plateau si je leur demandais. Mais toi tu ne marches pas dans ce sens. Pourquoi ?

C’était là les deux grandes questions qu’elle se posait quand elle venait à penser à lui. Pourquoi est-ce qu’il lui résistait alors que d’autres vendraient pères et mères pour la voir bronzer en bikini sur les quais comme il en avait souvent eu le privilège. Elle mit tout son poids sur le jeune homme allongé en dessous d’elle et lui adressa un sourire carnassier.

    -Si tu veux que je parte il va falloir me répondre. Et vite, je sais combien tu déteste ma compagnie.


Dire ces mots s’étaient comme se poignarder soi-même. Etait-elle devenue suicidaire ? Allez savoir. Elle ne laissa rien paraitre, mais dire cela c’était comme si elle se l’admettait à elle-même, et c’était ça qui faisait le plus mal. Admettre que celui pour qui elle aurait damnée son âme en enfer refusait d’être dans la pièce qu’elle. Pas même une seule seconde.

Pour l’heure elle attendait juste deux réponse. Ou une seule qui engloberait la réponse à sa question : Pourquoi.
Dans tous les cas elle était sûre qu’elle allait s’amuser. Peu importait ce qui se passerait après. Elle avait pour principe de ne jamais penser à l’avenir, on appelait cela vivre l’instinct présent.
Non, mais on peut jouer avec lui.

-Nul, certes, mais au moins il est posté, et AVANT minuit. Dommage ♥-
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MessageSujet: Re: Silence [Dark ; Faye]   Ven 3 Fév - 20:43

Silence
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J'ai pas besoin de toi. Pas besoin de tes bras.
Quels que soient les recours, les appels au secours... Surtout ne te retourne pas.

Trouver une raison précise à ses actes n'avait jamais été chose aisée. Il n'était pas rare de voir Dark agir inconsidérément, n'écoutant que les lois édictées par ses pulsions. Et le plus souvent, ce n'était que celle de la jungle. La loi du plus fort. Les règles n'avaient jamais été son fort, hormis quand il était question de les contourner. De même que le meilleur moyen de résister à la tentation est d'y céder, s'interdire les interdits était sa manière d'être. C'était uniquement pour cela qu'il continuait d'exister. À son sens, la vie est trop courte que pour ne pas en profiter, de même que si le monde est vaste ce n'est qu'une raison de plus de le parcourir. La mort ne lui faisait pas peur car il l'avait trompé plus d'une fois. Sa dernière heure finirait par sonner et le moment venu, il l'accueillerait avec le sourire. Il était impensable de rendre son dernier soupir avant d'être arrivé à la fin du parcours. Survivre jusqu'à avoir repoussé les limites de son existence ne dépendait que de lui et de sa force de conviction. Et pour avoir résisté à tous les périls jusque là, il pouvait se vanter d'avoir la peau dure, plus encore depuis qu'elle était rehaussée d'une épaisse couche de métal.

Ce qui le motivait alors, c'était le feu qui lui dévorait les entrailles, cette rage inextinguible qu'il éprouvait à son égard. Car il la tenait pour responsable de ce geste regrettable, car elle était la seule pour qui il s'était donné cette peine... Et tout ça pour quoi ? Pour son sourire suffisant ? Pour qu'elle continue de le narguer ? D'ordinaire, il y était indifférent. C'était une épine dans le pied, enfoncée si profondément qu'il avait omis la possibilité de l'en retirer. Il la ressentait au quotidien, chaque fois qu'il faisait un pas sur la route de l'avenir, si jalonnée d'embûches soit-elle. Et c'était pour cette garce qu'il s'était rendu coupable d'un homicide ? Cette seule pensée lui faisait serrer les poings à s'en faire blanchir les phalanges. À vrai dire, c'était à lui-même qu'il en voulait, non pas à elle. Ou plutôt, à la raison obscure pour laquelle il s'était déclaré son vengeur. Les images des derniers instants de ce sale type n'avaient eu de cesse de lui revenir en mémoire, sa mine décomposée quand il lui demandait « pourquoi » tout en sachant pertinemment qu'il n'avait pas une chance de s'en sortir.

Et Dark n'avait pas su y répondre. Car il n'en savait rien lui-même. Tout ce qu'il avait pu lui dire était un mot d'adieu avant de lui trancher la gorge, proprement. Sa seule et unique envie était de terminer le travail dans les plus brefs délais pour rentrer au bercail. Ce qui était chose faite. Et maintenant ? Il n'en était pas plus riche. Elle ne lui en était pas reconnaissante. Pire, son ton semblait empli de reproches. C'était bien la peine de lui rendre ce service. Certes, elle n'avait rien demandé. Et c'était bien le problème. D'autant plus qu'il savait que si Faye s'en était donné la peine, il aurait été dans son caractère de le lui refuser, sous prétexte qu'il n'avait pas à régler ses comptes à sa place. Non, il n'avait agi que sous l'égide de sa volonté propre, sans que quiconque n'ait pu l'y obliger. Car personne ne le pouvait - il était bien trop réfractaire à l'autorité pour la laisser diriger sa vie. Et c'était de n'en rien savoir qui l'obsédait, son ingratitude ne faisant que jeter de l'huile sur le feu.

- M'oblige pas à te foutre la porte. T'aimerais pas, crois-moi.

En s'acharnant à lui réclamer des réponses qu'il ne pouvait lui donner, faute de les avoir, la demoiselle ne réussirait qu'à jeter de l'huile sur un feu déjà dévorant. Tout ce qu'il pouvait faire, c'était interroger son âme, et celle-ci y était si hermétique qu'il n'était pas près d'en tirer quoi que ce soit. Et il n'en enrageait que davantage. Qu'espérait-elle en fermant la porte ? Pensait-elle vraiment qu'il ne pourrait pas la faire sortir, par la force s'il le faut ? La verrouiller n'est d'aucune utilité face à quelqu'un qui peut les ouvrir à volonté et ce en un tour de main. Mais pour rien au monde il ne l'aurait fait, et peut-être s'en était-elle déjà rendu compte. Non... Il en doutait. Sans quoi elle en aurait déjà joué. Il voulait à tout prix se convaincre qu'elle n'était pas meilleure que l'image qu'elle s'évertuait à donner d'elle, celle d'une reine des glaces qui ne la fait fondre que pour user de ses charmes et satisfaire un désir charnel. Oui, il avait besoin de noircir le tableau, de désacraliser l'image qu'il pouvait se faire d'elle pour garder ses distances avec elle, pour continuer à n'avoir que mépris et dédain à son encontre. Mais ce n'était déjà plus d'actualité, quand bien même jamais il ne l'avouerait...

D'une poigne de fer, il la saisit par l'épaule et la repoussa en arrière. Cette fois, elle l'avait poussé à bout. L'irriter alors qu'il était déjà fébrile n'était que pure folie. En le mettant entre le marteau et l'enclume, la jeune femme allait réveiller le dragon... Dominé par son accès de colère, il se redressa d'un bond, la soulevant dans le même temps, et alla la plaquer contre ladite porte. Le choc fut si violent qu'elle en trembla dans ses gonds. Ses doigts fins mais porteurs d'une force considérable quittèrent leur prise pour se diriger vers son col et la soulever de terre, ne faisant qu'accentuer l'aspect menaçant que lui donnait la haine matérialisée sur ses traits. Ses pupilles rougeoyaient à en faire exploser tous les cercles de l'enfer et pourtant jamais il n'avait paru aussi froid, traversé par la force d'un hiver sans fin où les enfants naissent, vivent et meurent dans les ténèbres. Un poignard aiguisé et une main intrépide pour le planter ; Faye aurait pu y avoir droit s'il n'en avait pas dévié la trajectoire pour le ficher dans le bois massif auquel elle était adossée. Enfoncé pratiquement jusqu'à la garde, la lame n'en gardait pas moins son éclat d'argent et la promesse d'un fil aiguisé. Pas un cheveu n'avait été atteint, mais sans doute en serait-il autrement si elle continuait dans cette voie - on avait rarement vu pente plus glissante.

- Je suis le reflet de ton miroir, l’ombre de tes pas. Un masque posé sur le vide d’une âme mutilée. Le néant d’un être absent. Plus j'attends et plus l'avarice me ronge. Je n'ai fait que m'enfermer dans la solitude. J'ai fait des efforts pour que nul ne m'accepte. J'ai caché mes faiblesses, oublié la peur, renoncé à la douleur ! Je ne partage rien avec personne, les fissures de mon coeur sont comblées par la neige. Je vis dans un monde cruel, vicieux et brutal. Alors pourquoi est-ce que tu as les mêmes yeux que moi ? Ne me regarde pas ! Je te l'interdis !
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MessageSujet: Re: Silence [Dark ; Faye]   Sam 11 Fév - 15:22

C'est fini. J'ai renoncée. je ne pouvais plus. Je crois que nous en sommes venus à nous détester. Haïr l'autre d'être toujours là, tout en craignant qu'il parte... Partir avant.
C'est fini
Lui tenir tête passait encore, elle le faisait tout le temps, mais lui donner des ordres. Voilà qu’après la dépravation, elle donnait dans le suicide. Elle ne savait pas ce qui lui prenait, à vrai dire elle avait l’impression d’assister à sa propre chute, celle au fin fond des abimes. Elle pouvait se voir tomber, chuter, encore et encore dans cette crevasse sans fin. Elle pouvait se voir sombrer… Elle n’arrivait pas à mettre de mots sur cette sensation, de même elle ne savait pas si cela lui faisait mal, ou si elle voulait en redemander jusqu’à sa mort. Devenait-elle masochiste ? Faisait elle partit de celles qui disaient : « Je me fiche de souffrir, tant que c’est avec lui » ? Était-elle tombée si bas, que son ego lui-même n’arriverait pas à lui pardonner ? Elle ne voulait pas être une de ces filles sans honneur, sans fierté qui rampait derrière un homme pour avoir une once d’attention de sa part. Elle ne devait pas attendre quelqu’un, elle était quelqu’un. Elle ne devait pas attendre d’être forte. Elle était forte. A sa manière, certes, mais elle avait en elle quelque chose que les autres lui enviait : Elle marchait la tête haute, quoi qu’il arrive.

On aurait facilement pu assimiler Faye à une de ces gamines adolescentes qui marchaient dans la rue en attendant d’avoir une victime à ennuyer. Ce genre de peste qu’on a volontiers envie de claquer quand elle fait ces grands sourires à notre ami, notre mari, notre frère. Faye est la petite fille aux yeux emplis de malice qui s’amusera à ruiner votre couple juste parce qu’elle s’ennuie, celle qui aime vous rabaisser avec un sourire hautain, l’une de celles qui aime vous mettre dans l’embarras avec un air innocent. Oui, c’était ce genre de fille là, cette gamine de vingt ans qui souriait à longueur de journée, outre ses jours de mauvaise humeur, cette hypocrite qui se foutait de vous à chaque seconde, cette fille guidé par l’intérêt... Et là, elle se trouvait en position de force, ainsi installée sur Dark, elle s’imaginait avoir tous les droits, tous les pouvoirs, et la sensation que cela lui procura, fut une source de plaisir à elle seule. Se sentir forte et puissante… C’était incomparable, d’ailleurs, un sourire de victoire, ce petit sourire hautain avait fini par se dessiner sur ses lèvres de sang. Mais cela ne dura qu’un temps, car faire preuve de supériorité sur un homme comme Dark, c’était rêver d’un futur beau et rose. Rose et acidulé comme il le disait si bien. Entre autre, c’était une grosse erreur. Il ne mit pas longtemps à inverser les rôles, lui rappelant qu’elle ne serait jamais aussi forte que lui. Mentalement, et physiquement. Lui rappeler sa place, c’était ça l’idée ?

Dans un premier temps, il posa sa main sur son épaule après sa réplique cinglante. Elle aurait eu envie de lui signaler qu’elle n’aimait pas tout ce qu’il faisait ces derniers temps, mis il la repoussa avant qu’elle puisse ouvrir la bouche. Gentiment. Aussi gentiment que Dark pouvait le faire. Puis il se redressa d’un bond, la forçant à se relever avec lui. Elle vit dans ses yeux, une flamme briller. Cette flamme de colère. Sa patience était à bout, et elle allait en payer le prix. Le prix pour l’avoir mis dans cet état. Son instinct de survie lui criait de fuir, mais sa curiosité l’emporta encore une fois, elle resta là et attendit la suite. Suite qui ne mit pas longtemps à venir. Les évènements s’enchainèrent rapidement. Dark était énervé, et il allait lui faire savoir de la plus brutale des manières. Il la haïssait, et il voulait qu’elle le comprenne une bonne fois pour toute. Mais c’était justement avec cette rancœur et ce mépris que Faye jouait. Le titiller en appuyant sur ces deux points était la meilleure façon de se divertir. Elle fronça les sourcils quand il la fit reculer. Un pas après l’autre, elle se retrouva plaquée contre la. Celle-là même qu’elle venait de fermer quelques minutes auparavant, elle qui croyait qu’elle allait pouvoir jouer un peu, elle n’allait pas être déçue. A la différence que la carte du meneur de jeu avait changée de camp.

Elle sentit l’air être expulser de ses poumons quand son dos se cogna contre le bois. Elle sentit la porte trembler contre sa colonne vertébrale, elle n’eut pas le temps de reprendre sa respiration que déjà son compagnon de voyage lui empoigna le col, la soulevant de quelques centimètres au-dessus du sol. Elle n’était plus en position de force. Par reflexe, elle posa ses mains manucurées sur son poignet et déjà la prise qu’il exerça sur sa chemise se resserra. Elle en oublia de respirer. Faye s’agrippa de toutes ses forces à cette main qui la maintenait dans les airs, celle qui pouvait la tuer d’un geste rapide et silencieux. Une simple pression exercée sur son cou, et elle pouvait dire « Adieu » à la vie. Le choix de vie et de mort. C’est à ce moment-là qu’elle comprit le fossé qui les séparait, lui, fort et puissant, elle, fine et frêle. Néanmoins, elle refusa de perdre pied, elle refusa de se laisser faire, et alors que ses ongles carmin s’enfoncèrent dans la peau de Dark, elle tenta de se débattre à grand renforts de coups de pieds. Gesticulant dans tous les sens, elle voulait lui faire savoir que jamais dans sa vie elle n’accepterait d’être inférieure à lui sur le plan mental. Plutôt mourir que de courber l’échine devant Dark.

Faye n’avait pas pour habitude de se laisser faire. Elle donnait toujours son avis, bon à prendre ou non. Elle refusait que sa vie soit guidée par quelqu’un d’autre qu’elle, et ça son entourage l’avait bien compris : Elle faisait ce qu’elle voulait, quand elle le voulait. Dark Ezeckiel, n’était pas en reste non plus. C’était même la dernière personne à qui elle ferait une courbette de politesse, elle refusait catégoriquement de se laisser marcher sur les pieds par cet homme sans foi ni loi qui ne régissait sous aucune logique, et ce, malgré l’admiration qu’elle lui portait. Cela se finissait, d’ailleurs, toujours de la même manière : à l’eau. On ne faisait pas plus susceptible, ou impatient. C’était Dark. Celui qui avait fait la personnalité de Faye sans même le savoir. Peut-être était-ce pour cela qu’il la détestait dans le fond ? Parce qu’elle lui ressemblait trop ? Non impossible. Même si Dark était la base de sa personnalité, Faye avait développer la sienne au fil du temps. Entre autre à l’heure actuelle, c’était deux personnes différentes. Enfin plus ou moins. L’une était joyeuse et hypocrite, l’autre franc et … Ténébreux. Mais dans le fond, cela révélait le pourquoi du comment Faye était une grande gueule, avec un modèle comme celui-là…

Elle tenta de se stabiliser, bien qu’elle se trouvait dans une situation qui ne lui conférait en rien une position stable, elle devait jouer des jambes pour tenter de respirer un tant soit peu, la main du cyborg sur son col appuyait dangereusement sur sa gorge et l’air commençait à lui manquer. Ce qui lui coupa le souffle, fut la lame qu’elle sentit s’abattre dans le bois, juste à côté d’elle. Les yeux rougeoyant de colère, ce fut pourtant d’une voix glaciale qu’il lui expliqua son comportement. Pire encore, il lui demanda pourquoi ses yeux avaient cette teinte, si proche des siens.

Elle en resta muette. Chaque paroles qu’il prononça lui rappelait ce qu’elle s’efforçait de faire au jour le jour. La solitude elle connaissait, durant les dix-huit premières années de sa vie, avant l’arrivée d’Icarus, elle avait vécu seule. Même quand elle s’était faite adoptée par un couple de personnes âgées, elle se sentait seule. Quand ils décédèrent, elle était encore seule. Dans la rue… Elle était seule. Ses faiblesses, ses peurs, la douleur de ses blessures, à la fois mentales et physiques, elle les avait croisées sur son chemin, mais au final elle les avait laissées derrière elle. Ces mots-là, elle ne voulait plus les entendre. Bannis à jamais de son dictionnaire. Son cœur était encore plus blessé que son corps. La multitude de cicatrices qu’elle abordait sous ses vêtements n’était rien en comparaison de cet organe qui battait sous sa poitrine. La souffrance elle connaissait. Le cœur de glace, elle connaissait aussi… Une barrière, un rempart, un moyen de se protéger, car rien n’est jamais assez pour ce genre de douleur. Elle refusait de se laisser aller, car cela revenait à avoir mal. Et ce monde dont il parlait avec tant d’agressivité, comme s’il en voulait à la Terre entière, c’était le monde dans lequel elle vivait elle aussi. Ce monde que tous deux partageaient

Il fallait qu’elle lui réponde, n’importe quoi, quitte à lui dire : oui tu as raison, arrache-moi les yeux. Mais il fallait qu’elle respire. Ce fut pour cette raison qu’elle lui dit simplement :
    -Peut-être parce que toi et moi on est pareil ? Ça t’énerve de penser ça, n’est-ce pas ? Que toi et moi dans le fond on est pas si différent. Je suis une peste, tu es Dark. Ton nom seul suffit à annoncer la couleur de ton âme. Et pourtant regarde-toi, regarde-moi. Regarde le couleur de nos yeux. Tu ne peux pas nier l’évidence Ezeckiel : Toi et moi on en a baver de la même manière.


Cette tirade accompagnée de ce sourire hautain eurent un effet qu’elle n’avait pas calculé : le manque d’air. Celui-ci n’arrivant plus à ses poumons, elle se sentit suffoquer. Dans un élan de désespoir elle souffla :
    -Maintenant arrête ça ! T’es le plus fort c’est bon, j’ai compris.


Sentant ses ongles et ses autres membres la lâcher petit à petit, elle crut bon d’ajouter:
    -Dark, je t’en prie, arrête, tu me fais mal.


Phrase qui n’allait rien changer, bien sûr. Alors pour être sûr qu’il la lâche, elle lui donna un coup dans les côtes, de sa jambe gauche, puis, rassemblant ses dernières forces, elle saisit la lame planté dans le bois, tira dessus avec la force du désespoir et lui entailla le poignet. Mais bien entendu ça n’allait pas servir à grand-chose. Après tout elle se trouvait face à Dark. Le cyborg créé par Icarus. Ce n’était pas une peau qu’il avait, c’était une couche de métal camouflée par une imitation de matière humaine. Et elle était tombée sous le charme de « ça » ? Mais qu’est-ce qui lui avait pris… ?!
A partir de ce jour, j'étais foutu, j'étais accro. Dépendre de quelqu'un d'autre que de moi-même, m'affaiblir, me torturer,c'était tout ce que je redoutais.

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Silence [Dark ; Faye]

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